Afficher article  Les maisons : de l'interieur a l'exterieur

 

BONNE et HEUREUSE annee a TOUS, que vos projets se realisent !

Comme en Ouzbekistan, les maisons sont tres souvent entourees de hauts murs et de lourd portail en acier. Lorsque la famille en a les moyens, la facade la plus visible ainsi que la cour sont carrelees ou pavees. Il faut se dechausser pour rentrer dans les grandes pieces rectangulaires recouvertes de moquette surmontees d'immenses tapis, et d'enormes coussins sont disposes le long des murs pour que chacun puisse prendre son aise.Quand nous dormons chez l'habitant, c'est toujours dans la piece principale et a meme le sol, les lits etant tres rares. Il n'y a pas ou peu de meubles et le poste de television qui capte souvent les satellites du monde entier (bien que ce soit interdit) trone a meme le sol. A noter : qu'une partie des emissions iraniennes sont tournees aux USA ce qui leur permet d'eviter la censure. Les femmes par exemple n'y portent pas le voile.

A l'heure du repas, un bout de toile ciree est posee sur le tapis pour faire office de table, attention de ne pas mettre ses pieds dessus ! Le the est regulierement servi et en quantite, meme si le cafe soluble gagne peu a peu du terrain. Pour plus de commodites, il est prepare dans de grands thermos qui sont utilises a volonte tout au long de la journee. Ils boivent le the tres sucre, et le sucre se presente sous 2 formes differentes : en poudre, que l'on met directement dans son verre, ou, en gros "pain" , en forme de suppositoire de 50 cm de haut pas tres esthetique, qui est brise (on ne sait  pas encore comment) et dont les morceaux servent a faire des canards. Il est tres rare pour nous de pouvoir acceder a la cuisine et donc a la preparation des repas du fait qu'on soit des invites.

Dans le nord et le centre, comme il y fait froid, les maisons sont chauffees a l'aide de poeles a gaz dont l'efficacite est plus que mediocre, ce qui ne leur pose pas de probleme vu le prix du m3. Dans le sud, ils possedent juste des petits chauffages d'appoint qui ont la mauvaise idee de fonctionner au kerosene, l'odeur est particulierement desagreable et l'utilisation pour nous est superflue vu qu'il fait doux dans les maisons dans cette partie du monde meme en hiver. Mais eux, habitues aux tres grosses chaleurs sont vraiment frileux.

 

Afficher article  La police

Des qu'une voiture de police nous croise, elle s'empresse de faire demi tour pour nous "arreter". Ce qu'ils veulent, c'est se faire photographier avec le velo et nous, mais aussi regarder le passeport de Stef ou sur la photo elle ne porte pas de Hidjab. Pour eux, c'est tres existant de voir une etrangere la tete nue.

 Ils ont tres peur pour nous, et nous disent sans arret que les routes sont dangereuses et qu'il faut faire attention. Il nous est arrive qu'ils nous escortent sur plusieurs dizaines de kilometres pour nous eviter d'etre importunes par les motards. Un midi, le jour de l'Eyd (L'Aid), ils nous ont invite pour le dejeuner, platree de riz et mouton au jus de grenade, delicieux ! Que c'est agreable d'avoir une police non corrompue !

Afficher article  Bushehr

Apres un peu plus de 300 km, au travers de magnifiques montagnes, nous gagnons le sud, le soleil, et Busher. Des l'oree de la ville, nous nous faisons enquiquiner par un motard qui ne voulait pas nous lacher la grappe, en plus, il faisait des gestes obscenes en douce a Stef. Heureusement, un barrage de police le fit fuir. Une fois dans le centre, nous passons au poste de police pour recuperer une autorisation de dormir dans les hotels bon marche. C'est etrange, mais ici, c'est ainsi. Nous partons a l'assaut du premier Mosarferkhuneh, d'ou nous nous faisons refouler en quelques mots. J'insiste, lourdement, mais pas moyen ils ne veulent pas de nous. J'arrive quand meme a les convaincre de nous montrer un autre etablissement. 2eme Mosarferkhuneh, meme punition, mais le type est encore plus desagreable. Bon, retour a la case police. Entre temps, un jeune etudiant en maitrise d'anglais (qui faisait son service militaire au commissariat) nous permet de nous faire comprendre. Apres quelques coups de telephone, il nous emmene vers le 3eme et dernier Mosarferkhuneh de la ville, qui apres maintes negociations nous accepte enfin (ils avaient peur qu'on leur salisse leur chambre, faussement propres). Finalement, nous sympathiserons avec les papis qui s'en occupent, et echangerons quelques billets de banque de collection.

Le comportement des gens a Busher tranche avec le reste de l'Iran : nous sommes mal venus et /ou mal recus. Au cafe internet des images pornographiques trainent sur les PC, qui comportent tous des liens directs a ce genre de site. Cette ville est decidement glauque en plus d'etre moche : ca tombe bien, c'est la que nous allons passer Noel... Heureusement, nous avons rencontre un Monsieur extraordinaire : le directeur d'un des plus grands laboratoires de recherche du CNRS (plus de 300 chercheurs). Il s'agit d'un laboratoire de cosmologie (Waouh !), celui-la meme qui inventa internet, il y a une trentaine d'annees. Marc est venu, entre deux savants calculs et un suivi de doctorants, passer deux journees de repos loin de Teheran, la frenetique, et glaciale de surcroit. Nous passons deux agreables soirees a parler etoiles, medias et voyages. Dans l'apres midi, nous nous faisons alpaguer par une radio locale qui nous a interviewes sur des sujets aussi etranges que : Qu'est ce que la chance selon vous ? Et dans votre pays ? Quel message souhaiteriez vous faire passer aux jeunes iraniens ? etc ... Tant de questions difficiles a repondre en quelques secondes, et qui nous embarrassent un peu, d'autant que nous aspirons a un peu de repos, apres tous ces km en velo...

Autre note positive : nous nous sommes faits plaisir avec les patisseries, en particulier les madeleines (toutes chaudes, juste sorties du four) et les choux a la creme (creme fraichement battue SVP) dont nous nous sommes faits des ventrees. C'est ca l'avantage de rouler 4 a 5 heures par jour : on peut se remplir le ventre exagerement plusieurs fois par jour sans crainte !

La sortie de la ville

Au moment de sortir de la ville, nous nous arretons acheter 4 chicken burgers Iraniens en prevision de notre dejeuner, et enfourchons notre "3 roues" pour longer le golfe persique. En chemin, nous nous faisons arreter par la tele qui nous demande de leur consacrer 1 ou 2 heures pour un sujet sur nous. Nous declinons en justifiant par un manque de temps. Ils n'en demordent pas et nous donnent l'adresse de leur antenne a Kangan ou nous devons passer dans quelques jours. Pas meme 5 km plus loin, nous nous faisons de nouveau stopper par des journalistes en quete de scoop. Interview, enregistrement des voix... Les jeunes femmes nous demandent ce que nous avons pense de leur ville, et nous leur repondons sans concession, d'autant que quelques minutes auparavant des ados en moto avaient tente de voler ce qui depassait de la remorque. Surprises, elles se confondent en excuses et nous invitent chez elles. Nous ne savons pas vraiment ce qu'elles veulent faire de cet enregistrement, mais nous n'avons qu'une envie : rouler au bord de l'eau ! C'est parti...

Afficher article  Les petites particularites de l'Iran

Ici, comme partout ailleurs, il y a des petites choses qui different de chez nous. Ces petites choses, si elles n'ont pas de consequences facheuses, font sourire, ou reflechir, ou necessitent une adaptation, jusqu'a l'integration, apres quelque temps, dans le quotidien...

Rial ou Toman ?

Commencons par les pepettes. La monnaie officielle de l'Iran est le Rial. Il en faut 12 000 pour faire un euro. Jusque la, rien de tres complique. La plus grosse coupure etant de 20 000 rials, tout le monde se trimballe avec des grosses liasses encombrantes dans les poches. Bon, la encore, avec l'Ouzbekistan et le Turkmenistan, nous en avons l'habitude. Mais d'ou vient le hic alors ?? En fait, personne ne parle en rial, mais en toman. Qu'est-ce qu'un toman ? C'est 10 rials. Il s'agit "juste" d'enlever un 0 a toutes les sommes en rials. Par exemple, un kg de halva vendu 15 000 rials, sera annonce par le vendeur 1 500 (sous entendu toman). A nous cependant de comprendre qu'il nous parle bien en toman, et de bien regler 15 000 rials. Parce que les tomans n'existent pas. Il n'y a pas de billets qui portent cette inscription, c'est seulement de l'oral... C'est clair ??

Autre schmilblick monetaire, l'Iran est en dehors des systemes bancaires internationnaux (a cause de l'embargot ??). Du coup, impossible de se servir de sa visa ou de sa mastercard, ainsi que des travellers cheques, qui peuvent etre laisses a la maison. Il y a pourtant bien des distributeurs de billets un peu partout, mais seules les cartes iraniennes y sont acceptees. Ironie du sort, les dollars sont roi en terme de monnaie d'echange...

Ni oui ni non

Il nous aura fallu un moment pour comprendre ce que siginifie le geste suivant : un (et un seul) hochement de tete vers le haut, accompagne d'un "ntun" produit par la bouche (le meme que nous faisons 2 ou 3 fois pour signifier "non"). C'est tout bete, ca veut dire "non", mais c'etait pas evident a definir les premieres fois.

Un peu dans le meme genre, les regles de bienseance dans la region imposent de refuser 3 fois tout ce qu'on vous offre, afin de permettre a l'interlocuteur de sauver la face s'il n'a pas les moyens de reellement offrir ce qu'il tend ou ce qu'il avance. Par exemple, il nous arrive regulierement que les restaurateurs, a la fin des repas, refusent notre argent. Si nous insistons (une seconde fois), ils prennent les billets, et c'est tout naturel dans leurs moeurs. Aussi, lorsque l'on nous propose de nous herberger ou lorsque l'on nous tend des cadeaux divers et  varies, nous refusons 3 fois, avant d'accepter...

J'aimerais bien, dans ma salle de bain...

Pour entrer dans une maison, on doit se dechausser. Du coup, pour aller aux toilettes (tout le temps turques), afin de ne pas mettre les pieds nus ou les chaussettes sur la faience, sont disposees a l'entree une paire de claquettes (rarement a la bonne taille). Il en va de meme pour les salles de bain, qui, ne comportant pas de bac a douche mais un trou central pour l'evacuation de l'eau, sont tres souvent humides.

Les toilettes turques, si elles ont l'avantage d'etre hygieniques (surtout dans les lieux publics), ont l'inconviennent d'etre difficilement utlisisables pour les personnes agees ou qui ont du mal a se baisser. Il y a donc parfois, des chaises percees (a la Louis XIV !!) qui se placent au dessus du trou, en prenant appui de part et d'autre de la faience.

Pour en finir avec le petit coin, il n'y a pas de papier, mais un tuyau et un arrosoir, pour se laver, mais avec la main gauche, la droite etant reservee a dire bonjour et a manger !!

L'essence

Le prix du litre d'essence a beaucoup augmente ces dernieres annees... Pour 1 $, on n'a plus que 12 litres, au lieu de 50 il y a 4 ans ! Le gouvernement depense 4 milliards de $ par an pour subventionner les carburants. Je n'ai toujours pas bien compris pour quoi d'ailleurs... Cet argent serait certainement mieux dans les caisses de leur education nationale ou pour mener a bien des projets dignes de ce nom. Au lieu de ca, le passe-temps favori des jeunes est de tourner en rond en voiture ou a moto, a cramer du petrole, ce qui a un effet desastreux sur l'environnement et la qualite de l'air. D'autant que les vieilles Paykan (voiture de leur fabrication) consomment 15 L/100 km, en mixte... Les dirigeants auraient promis de ramener les prix au cout de fabrication.

A noter qu'au Turkmenistan, nous avons vu notre guide faire un plein de 30 L pour ... 0,5 $ !!!

Afficher article  De Shiraz a Busher

Apres avoir fait proroge nos visas et envoye par la poste iranienne un tapis pour lequel nous avons craque, nous prenons tranquillement la route en debut d'apres-midi sous un beau soleil. Au fait, pour l'anecdote le colis envoye de Tashkent est bien arrive en evitant les controles douaniers ouzbeks pour les CDs et la tenture (voir article bureaucratie locale dans "ouzbekistan"). 15 km pour sortir de la ville, au  milieu d'une circulation cahotique, puis la route s'eleve. Nous partons de 1500m pour atteindre 2000 m en une quinzaine de kilometres. Vu notre heure tardive de depart, nous decidons de nous arreter apres 45 km. Nous sommes dans les montagnes et tout est recouvert de neige. Nous arrivons dans un premier village, mais nous le jugeons trop glauque pour y passer la nuit. Quelques kilometres plus loin, nous nous arretons devant un haut portail, la batisse ressemble plus ou moins a une ferme. Quelques poules et un gros chien se partagent un grand jardin, lui aussi enneige. Je vais voir, et pendant ce temps la, une voiture s'arrete au niveau de Stef. Un monsieur, qui nous avait double une bonne demi-heure auparavant, est alle jusqu'au village suivant pour nous acheter des gateaux et des boissons, et est revenu a notre niveau pour nous les offrir ! Il nous invite egalement a passer chez lui la nuit suivante, a Kazerun, beaucoup plus loin. La dame de la ferme nous accueille chaleureusement, et nous propose de dormir dans une petite salle. Il s'agit en fait d'une usine de thermoformage de plastique. Apres quelques mots echange autour d'un the, d'une omelette et de quelques chocolats, son mari (le proprietaire de l'usine) et elle insistent pour nous faire dormir chez eux, a Shiraz, a 60 km ! Le boss appelle son gendre a Teheran pour nous servir d'interprete. Nous hesitons du fait de l'heure et de la distance, mais la curiosite l'emporte, bamos a Shiraz, mais en auto !

Nous arrivons dans leur bel appartement, decore avec gout. Le mobilier est moderne et des gravures de cuivre ciselees representant des sujets zoroastriens (qu'un occidental mal reveille prendrait pour des decorations Egyptiennes) ornent les murs, si bien qu'on pourrait se croire en France. Nous qui pensions dormir au froid dans notre tente, nous nous retrouvons au chaud dans un cadre plutot luxieux. Nous parlons mi-farsi mi-anglais et arrivons bien a nous comprendre. Des l'entree dans l'appartement, Stef est invitee a oter son hidjab, comme le fait immediatement la maitresse de maison. L'ambiance est detendue et tout le monde est souriant. La soiree se terminera (tres tard pour nous, vers minuit) autour d'un succulent Khoresht e Bademjum (ragout de viande, d'aubergines et de tomates). Pendant ces quelques heures, nous avons ete completement integres a la famille...le fils de 22 ans n'hesitant pas a se trimballer en slip !

Le reste de la route pour rejoindre Busher merite vraiment le detour avec plusieurs cols a plus de 2200 m, malgre une circulation plutot dense et 4 tunnels plus ou moins angoissants. Les automobilistes rivalisent pour nous gater, nous avons ainsi recu en cadeau une K7 audio, du the (ils se baladent tous avec un thermos) et des arrosoirs en plastique !

 

Afficher article  Yazd, Espahan, Shiraz

Yazd

La ville de Yazd avec sa vieille ville historique, ses remparts en terre et ses tours du vent est d'une beaute surprenante. Les hauts minarets ainsi que l'etonnante architecture de l'ensemble Amir Chakhmaq contribuent a nous en mettre plein les yeux. Le centre de la vieille ville est compose de ruelles tortueuses a profusion, au detour desquelles on decouvre un monument, une batisse, un marchand, une mosquee ou un badgir. Il s'agit aussi d'un des hauts lieux du Zoroastrisme.

Qu'est ce qu'un badgir ?

Ces tours (voir photo) sont l'ancetre de la climatisation. Elles recueillent la brise et l'envoie a travers des conduits au coeur de la maison. En chemin, elle passe dans differents elements, notamment par un bassin rempli d'eau, qui en s'evaporant rafraichit l'air ambiant tandis que l'air chaud est renvoye a l'exterieur. On les appelle egalement tours du vent.

Le Zoroastrisme (voir article Gonur dans "Turkmenistan")

Cette religion est consideree comme la premiere monotheiste. Son fondateur Zoroastre (Zarathoustra) est ne aux alentours de 550 avant JC a Mazar-e-Sharif. Les fideles venerent le feu et entretiennent des flammes eternelles comme a Ateshkedeh dont la flamme sacree brulerait, sans discontinuer, depuis pres de 1600 ans. Parmi les croyances des Zoroastriens, il y a la purete des elements. Par exemple, ils n'enterrent pas leurs morts pour ne pas polluer la terre, mais ne les incinerent pas non plus, pour me pas polluer l'air. Qu'en font-ils alors ? Ils les placent dans des tours du silence (rien a voir avec les tours du vent !) et attendent des vautours qu'ils fassent leur boulot. Un pretre restait a proximite du corps pour voir quel oeil etait attaque en premier. Le droit, plutot bon signe : l'ame filait tout droit au paradis, le gauche promettait un avenir compromis. Depuis quelques annees deja, ces tours ne sont plus en service, et les croyants enterrent leurs morts dans des tombent recouvertes de beton pour ne pas contaminer le sol.

Parmi les autres croyances, il y a la dualite du bien et du mal, du bon du mauvais, qui se trouvent en nous a chaque instant. C'est une lutte permanente qui habitent tous les Hommes, qui ne sont jamais tout bon ou tout mauvais. Ceci se traduit par la representation du Favrashi aile (Sorte de pretre en contact avec Dieu), souvent grave en bas-relief (A Persepolis notamment), qui comporte trois niveaux sur ses ailes (bonne pensee, bonne parole, bon acte) et trois niveaux sur sa queue (Mauvaise pensee, mauvaise parole, mauvais acte). A noter, et c'est tres important, que les ailes sont plus longues que la queue, ce qui signifie qu'au bout du compte, le bien l'emportera sur le mal. Pas d'apocalypse, de fin du monde, ou autre terrible issue, enfin une religion qui donne une note d'obtimisme ! Il ne reste que peu d'ecrits de Zoroastre, l'Avesta etant l'ecrit sacre. Gonur a abrite une importante population Zoroastrienne.

Il n'y aurait plus que  150 000 Zoroastriens dans le monde et seuls 5 500 vivraient a Yazd.

NB : Les rois mages, mais vous le saviez j’en suis sur, etaient bien des zoroastriens !!!

Ispahan

Ville de 1 600 000 habitants, comptent de nombreuses et belles mosquees ainsi quelques jolis ponts. Ce qui caracterise le plus la cite est la place de l'Imam, dont les dimensions sont : 512 m de long par 163 m de large. Il s'agit tout simplement de la 2 eme plus grande place du monde apres...Tienanmen (Beijing). Elle se compose de 3 mosquees et un palais, le tout relie par des arcades sur deux niveaux.

On ne va pas vous decrire tous ces monuments grandioses, on mettra quelques photos en ligne. Par contre, nous avons retrouve Maud et Cyril, couple de voyageurs rencontre a Tashkent il y a 5 semaines. Apres une soiree et un petit dejeuner riches en anecdotes, nous les avons accompagne jusqu'a leur taxi, ou, pour leur dire au revoir nous leur avons fait la bise, en pleine rue ! Ce qui parait naturel pour nous, ne l'est pas pour les locaux... Et c'est les yeux ecarquilles qu'ils ont regarde ces embrassades entre occidentaux. Imaginez vous un homme qui fait une bise a une femme qui n'est pas de sa famille !!!

Il est difficile pour des novices comme nous de tout le temps respecter le code vestimentaire (Hidjab). Sans le faire expres, il est arrive une fois a Stef de le retirer en entrant dans la chambre de l'hotel et d'oublier de le remettre en sortant pour aller chercher la theiere... Ou encore, en montant dans un bus, alors qu'il pleuvait, Stef a enlever la capuche de son K-way emportant le foulard en meme temps. Je ne m'etais pas non plus rendu compte. Un homme, la voyant ainsi l'a demande quasi instantanement en mariage ! Et ses deux acolites etaient survoltes jusqu'a ce qu'on soit conscient de l'omission.

Shiraz

La profusion de monuments plus magnifiques les uns que les autres depuis un bon mois ainsi que les avis peu enthousiastes des personnes rencontrees, nous ont menes a Shiraz qu'avec peu d'entrain. C'est peut-etre honteux et on le regrettera dans quelques mois, mais nous sommes au bord de l'overdose de mosquees, de faiences et de minarets... Or, Shiraz, apres quelques deambulations, nous a seduits par son architecture differente, ses habitants detendus et agreables, et par ses 5 ou 6 degres de plus. Les palmiers, les mandariniers et un grand et beau soleil nous ont accueillis, mais c'est surtout la decouverte de 2 mausolees vraiment particuliers qui nous a charmes. Ces 2 mausolees, ou les non-musulmans doivent solliciter une autorisation speciale pour y penetrer, sont coiffes de coupoles en forme de bulbe. Les femmes doivent imperativement porter le tchador. Ainsi accoutres, nous avons pu entrer, mais chacun de notre cote, hommes et femmes etant separes. Et la, stupeur a l'interieur, le dome et les murs sont integralement recouverts d'une mosaique de miroirs. L'effet est a couper le souffle. C'est un des moments les plus forts depuis le debut du voyage, ce mausolee rempli de pelerins venus prier et pleurer sur la tombe de Sayyed Mir Ahmad.

 

 

Afficher article  Iraniens / Iraniennes

Voila ce que nous pouvons dire apres nos 10 premiers jours passes en Iran.

Les Iraniens

Idees recues : Ils detestent les occidentaux. Ils ont une grosse barbe, des tetes de tueurs. Ils sont intolerants. Ils meprisent les femmes et ne s'adressent jamais directement a elles. Ils sont fanatiques.

Ce que nous voyons : Ils adorent discuter et aider les occidentaux. Ils nous posent des questions sur notre style de vie, notre voyage etc... Ils s'assurent regulierement que nous n'avons besoin de rien et sont tres chaleureux, aussi bien avec les hommes que les femmes. Par contre, nous sommes souvent "scannes" de haut en bas, et on ne sait pas si ce n'est que de la curiosite... Tres peu portent la barbe, et meme s'ils sont tres pieux, ils tolerent les autres religions. Ils parlent parfois directement a Stef, surtout (evidemment) quand elle leur pose des questions. Ils ont l'air d'assez bien connaitre les moeurs de notre societe occidentale, bien plus que nous les leurs. La France, Chirac et Zidane sont particulierement bien vus, meme si certains insistent sur le fait qu'ils ont besoin de l'arme nucleaire, et meme si d'autres trouvent l'attitude de notre gouvernement trop tendre avec leurs dirigeants. Du coup, ceux-ci preferent la politique americaine, plus tranchante et opposee a leur regime. Ceux qui sont en accord avec le fonctionnement actuel de leur pays, aiment tout de meme bien les dollars, quelle ironie !

Les Iraniennes

Idees recues : Elles n'ont aucun droit. Elles baissent tout le temps les yeux et ne portent que le tchador. Elles ne parlent jamais aux hommes, et ne sont jamais en leur compagnie. Elles ne sourient jamais et sont dependantes de leur mari. La tenue reglementaire ne leur permet pas de montrer la moindre meche de cheveux, sinon coups de fouet. Le maquillage est proscrit. Elles ne travaillent pas et ont des postes a responsabilite limitee. Elles refusent d'etre prises en photo.

Ce que nous voyons : Elles cherchent a se rebeller (les jeunes bien sur) : les hidjabs sont portes a mi-tete, laissant apparaitre leur chevelure ainsi qu'un maquillage prononce. Elles me regardent souvent dans les yeux et n'hesitent pas a m'apostropher. Beaucoup se debrouillent en anglais, et font de hautes etudes. Elles (toujours les jeunes) sont extremement curieuses et n'hesitent pas a nous parler ouvertement de leur tenue imposee. Ici a Ispahan, les (jeunes, encore !) couples se donnent la main dans la rue. Elles sont tres souriantes, meme si les plus "anciennes" sont plus discretes et viennent moins spontanement a notre contact. On sent que l'effet de groupe les aide a s'affranchir de leur retenue. Elles aiment se faire photographier, ce qui n'est pas le cas des autres generations.

En revanche, elles ont toujours du mal a trouver des postes repondant a leur qualification, et il existe une grande discrimination au travail. De grandes inegalites subsistent et leur combat est loin d'etre termine.

 

Afficher article  Jusqu'a Mashhad, puis Yazd

Pour en revenir a notre arrivee en Iran, apres une premiere nuit a l'hotel, a Sarraks, pres de la frontiere, nous passons la seconde dans le caravenserail de Rubat Sharaf, une merveille, que nous avons gagne a velo. La route, plutot calme, nous a fait traverser un chouette desert (enfin, ca va qu'on est en hiver...), avec des falaises aux couleurs chatoyantes, de toute beaute. Le gardien a eu pitie de nous, et plutot que de nous laisser installer la tente, il nous a ouvert une piece du camp des archeologues. Il nous a egalement apporte un petit chauffage electrique, pour une nuit plus douce. Nous echangeons quelques mots autour d'un the, grace a notre phrase book, tres pratique.

Premiere veste

80 km plus loin, dans un petit village, le jour suivant, nous cherchons un endroit pour poser la tente. Il n'y en a que tres peu le long de cette route, et le suivant est trop loin pour pouvoir l'atteindre avant la nuit. Etant en confiance, vu ce que nous avons connu des pays precedents, ainsi du debut de l'Iran, nous decidons, cette fois, de frapper a la porte de la mosquee, plutot que chez l'habitant. Les mosquees sont censes trouver un petit bout de terrain pour accueillir le voyageur... Je m'avance doucement dans la cour deserte, Stef restant en retrait, ici, c'est "les hommes d'abord". Un jeune, tout de blanc vetu, se trouve pres des robinets des ablutions. Je m'approche, arme de mon guide de conversation en Farsi. J'essaie de lui expliquer ce que je veux : planter ma tente quelque part ou ca ne derange pas. Ce n'est pas de son ressort, et il appelle quelqu'un. En l'espace de quelques secondes, c'est l'invasion : des jeunes, des barbus, tous en blanc, curieux et plutot souriants. Je reitere ma demande, et ca discutte, ca blague, et je n'y comprends pas grand chose. Personne ne sait quoi dire. On sent bien qu'ils ont envie cependant, mais la barriere de la langue ne rend pas les choses aisees. Un jeune est parti chercher l'imam, mais pendant ce temps, un homme parlant un peu anglais (ouf) s'approche. Il me dit :
"Ici, c'est un lieu islamique, on ne peut vous laisser dormir"
Bon, ben ca a le merite d'etre clair... Pour la premiere fois depuis le debut de notre voyage, nous nous faisons refouler, ca fait bizarre. On ne sait pas ce qu'aurait dit l'imam, mais a partir du moment ou ca genait une personne, nous ne voulions plus rester. Tant pis, nous re-enfourchons le velo, et posons la tente quelques kilometres plus loin, entre des monticules de terre, bien caches et a l'ecart de la route. Il ne fait pas trop froid, et la nuit sera bonne, meme si des cris d'animaux sauvages nous ont reveille alors que nous nous etions a peine assoupis.

Mashhad et ses 12 000 000 de pelerins
Le lendemain, nous atteignons Mashhad, plus grande ville sainte d'Iran, comportant un immense sanctuaire. La ville de 3 000 000 d'habitants recoit la bagatelle de 12 000 000 de pelerins chaque annee !!
Des notre arrivee nous sommes pris en charge par des motards, qui nous indique la route jusqu'au centre, puis par 2 differents monsieurs, qui nous guideront (gracieusement) durant 2 jours. Le premier repetait sans cesse : "Ne vous inquietez pas, je suis marchand de tapis !" C'est marrant, c'est pas vraiment ce qu'on dirait en France pour mettre en confiance... C'est lui qui nous a conduit dans la petite maison de the, deguster un dizi. Le second, guide officiel l'ete, nous a conduit en voiture, dans sa vieille Paykan, au travers de la ville a la rencontre des sites les plus interessants. Vraiment accueillants ces Iraniens... Par contre, etant dans une ville sainte, et Stef ne portant pas le tchador, mais juste le hidjab (foulard), nous essuyons quelques regards reprobateurs, mais surtout de la curiosite. Nous entendons regulierement : "wellcome to Iran".

Mesquins chauffeurs
Ne pouvant pas, par manque de temps et aussi d'interet, traverser le desert separant Mashhad et Yazd, nous prenons un bus, pour ces 850 km. 18 heures de trajet. Une anecdote ? Le responsable de la societe de bus est un fan de velo. Il est trop content de nous voir arriver et de nous transporter. Il regarde le velo sous toutes ses coutures, les pedales auto, les selles, la suspension de la remorque... Il fait une presentation a ses collegues et en oublie ses clients. Il nous invite a reporter notre depart d'une journee et a passer la nuit chez lui. Nous declinons, par manque de temps. Nous chargeons le velo dans la soute et il me demande des sous pour le velo. On m'avait prevenu, donc ca ne me surprend pas. Cet argent n'est pas pour lui, mais pour les 3 chauffeurs. Il me dit : "combien tu peux donner ?".
Sachant que nous avons payer les places 70 000 (7 dolars) rials chacun, je propose de donner 30 000. Ca me parait correct. Probleme, les chauffeurs en veulent 100 000. Apres negociations, nous tombons d'accord pour 70 000, mais je vois bien que ca ne leur plait pas. Je m'assure aupres de notre nouvel ami que nous n'aurons pas de soucis et que tout est bien regle. "On s'est serre la main, et je les connais, il n'y aura pas de probleme. Par contre, si la police dit quelque chose, tu descends detendu du bus et tu montres les passeports". Je note quand meme son numero de telephone, au cas ou.
Ca n'a pas rate, apres une heure de route, controle de police. Je descends, le policier me regarde, me sourit et me fait signe de remonter, sans meme jeter un oeil aux passeports. Quelques minutes plus tard, un des chauffeurs m'appelle et sans me regarder me parle en farsi, je crois comprendre :
"Pour ton velo on a eu une amende de 110 000 rials, il faut donc que tu nous rembourses."

Oulala. J'en ai entendu des excuses bidons les lundis matin lorsque mes eleves n'avaient pas fait leurs devoirs, mais la, c'est pas mal non plus. Une amende pour le transport d'un velo en soute... Le fait qu'on ne parle pas la meme langue ne facilite rien. Il me tend un papier, toujours en farsi, sur lequel serait ecrit l'amende et le montant. Une jeune fille toute timide se propose pour me servir d'interprete. Elle me confirme que c'est bien une amende, de 110 000 rials, pour le velo. Je lui explique qu'il est hors de question que je paye quoi que ce soit, que j'ai deja donne 70 000 pour le velo, que c'est bien assez, et qu'on ne donne pas des amendes pour des motifs pareils. En plus, si j'ai une amende, je la paye comme un grand garcon au policier, pas au chauffeur de bus. Bref, je ne veux pas la mettre en porte a faux, d'autant que c'est une fille et que ce n'est pas facile pour elle de tenir tete aux chauffeurs. Nous remettons le probleme au lendemain matin. Arrives a Yazd, les loustics n'ont pas oublie, et me reclament les 110 000 rials. Nous souhaitons sortir le velo, le charger et appeler notre ami de la veille. Je sors les sacs, et quand Stef se saisit du velo, un des bonhommes l'arrete. Il veut garder le velo. Malheureusement pour lui, il a a faire a une occidentale qui ne compte pas se laisser marcher sur les pieds. Stef commence simplement a lui enlever sa montre :
"Tu prends mon velo, je prends ta montre !"
Eberlue, il nous laisse l'extirper de la soute et l'equiper, malgre quelques  reticences. Par contre, ils ne veulent pas que l'on appelle notre copain, a Mashhad. Un attroupement commence a se former, et nous leur demandons d'appeler la police. Ils font semblant de le faire. Sur ce, un homme parlant anglais arrive et me conseille de donner l'argent. Je refuse. Il propose de donner 60 000 et de partager l'amende... Bizarre, s'il y a vraiment faute, pourquoi partager. Il m'assure que si la police vient, nous devrons leur donner les 110 000 rials. Toujours pas de police, et je pars a la recherche de telephone dans la gare routiere, en leur disant que je vais joindre mon ambassade. Pendant ce temps, ils ont du prendre peur, et ont vraiment appeler les bleus, enfin ici, c'est les verts. La voiture arrive, et nous ne savons pas a quelle sauce nous allons etre manges. Ils descendent et se mettent au parfum de l'histoire avec la version des chauffeurs, car ils ne parlent pas anglais. Ca se corse. Ils reclament le PV. Voila maintenant que les 3 bonhommes nous accusent de l'avoir sur nous ?!? Ben, nan, desole... Apres 10 minutes, ils le retrouvent et le tendent a un des 2 agents, qui, apres 2 secondes de lecture nous dit :
"Allez, circulez, c'est bon".
Au final, ca devait surement etre une veritable amende, mais pas du tout en lien avec le velo. Si nous n'avons pas voulu lacher le morceau, c'etait pour le principe, pour la somme, mais aussi pour que ces gens comprennent qu'ils n'ont aucun interet a gruger les touristes. Ils ne feront que perdre leur temps. Plus les voyageurs tiendront tete, moins nous serons importunes. Merci la police !

Afficher article  Iran - Moyen Orient

Alors une des premieres choses qui nous est venue a l'esprit en passant la frontiere, c'est : sur quel continent sommes-nous ? Evidemment, nous ne sommes pas en Europe, quoique pas bien loin finalement, si on considere que la Turquie va rentrer dans l'UE, l'Iran, tout comme l'Irak sera a la frontiere. Pas en Afrique non plus, mais peut-on vraiment dire que les Iraniens sont des asiatiques ? Ils n'ont pas les yeux brides, ecrivent avec des symboles qui ne nous parlent pas beaucoup plus que les synogrammes certes, mais de la a dire que ca y ressemble... Non, l'Iran, c'est bien le Moyen Orient, et dans Moyen Orient, il y a Orient, donc nous sommes bien en Asie. D'ailleurs, les Jeux Asiatiques ont lieu en ce moment a Dubai je crois, et il s'agit de la plus grande manifestation sportive de la planete, avec 12000 athletes pendant 15 jours, plus que lors des Jeux Olympiques !

Apres quelques tours de pedale, on se rend compte que finalement, il y a des resseamblances physiques avec les voisins Pakistanais. Dans la nourriture egalement, avec de grandes consommation de riz. En fait, si j'ose dire, l'Iran a premiere vue a l'air d'etre un Maghreb Pakistanais  ... a confirmer cependant. (c'est juste un premier ressenti, que les linguistes et ethnologues ne me jetent pas la pierre...)

C'est marrant comme le fait de passer une ligne tracee par l'homme, les fait changer, ainsi que leur habitat et leurs habitudes, du tout au tout. C'est vraiment eberluant ! Des exemples ? Alors qu'il ny a aucune voiture francaise en Asie Centrale, ici Renault, mais surtout Peugeot sont tres presents, avec des modeles anciens (404), mais aussi recents (206). Les radiateurs sont identiques a ceux de chez nous, et ne sont plus des tuyaux aux rendements catastrophiques des sovietiques. Les toilettes sont toutes "a la turque". Sans oublier les gens eux-memes ! Comme si il n'y avait aucun melange entre l'Asie Centrale et l'Iran ! Et aussi le code vestimentaire, evidemment, l'immense majorite des femmes portant de Tchador (litteralement : tente) ample voile noir dans lequel elles s'enroulent, et qu'elles maintiennent avec les mains ou les dents.

Sur la route egalement, nous notons, sur ces premiers kilometres des differences notoires. Tout comme en Asie Centrale, nous sommes mitrailles de photos et de films (au fait vous avait-on dit que la tele Ouzbek a fait un petit reportage sur nous ??) avec toutes sortes d'appareils, allant du portable au camescope en passant par les appareils photos numeriques et de vieux argentiques datant de Champolion et de sa pierre de rosette ; mais le changement vient du fait que l'on nous demande notre autoristation 1 fois sur 2, alors que, auparavant, c'etait plutot dans les 1 fois sur 1000. En gros, on nous avait demande 2 fois en 4 mois...

On a l'impression qu'il y a, d'une maniere generale, plus de respect, de nous, mais surtout du materiel. Ils touchent moins, tout en etant aussi curieux, mais ont le meme concept de propriete des biens et aussi de l'intimite : ils ne vont pas nous suivre jusqu'aux toilettes pour voir ce qu'on va y faire. Enfin, ca reste l'Asie tout de meme, n'exagerons rien. Chose agreable egalement, nous avons ete escorte dans toutes les villes dans lesquelles nous sommes arrives. Toujours une voiture ou une moto pour nous indique la route a suivre. Nous recevons egalement toujours autant de petites attentions, fruits, bonbons, biscuits... D'ailleurs, les clementines et les oranges prennent peu a peu la place des kakis et des grenades, et sont exquises, ainsi que les grosses dates noires de Bam.

En ce qui concerne la nourriture, nous avons deja pu experimenter quelques delicieuses specialites, comme le fesenjun (de la viande cuite dans une sauce a la grenade, accompagne de riz safrane), ou encore l'abghust, qu'un monsieur retraite, qui nous a pris sous son aile a Mashhad, nous a fait decouvrir dans une maison de the dans laquelle nous ne serions jamais rentres. D'abord, il fallait la trouver, dans un dedalle de petites ruelles. Ensuite, ca avait l'air un peu crado, en plus d'etre minuscule, et enfin, a l'interieur, ne siegeaient que des hommes. Il nous indique le chemin, et nous garantie la nourriture. Nous recevons chacun 1 grand pain plat, tout chaud, avec dans des gamelles hors-d'age, un ragout d'agneau. Dans un premier temps, on sort le morceau de graisse qui a bouilli de heures durant, et on l'ecrase a l'aide d'un pilon a base circulaire, mais plane. On emiette alors une grande partie du pain, que l'on melange au bouillon du ragout. On obtient des delicieux morceaux de pain gorges du jus des legumes et de la viande. Une fois termine, on vide le restant du pot, c'est a dire les morceaux d'agneau, les pommes de terre et les poids chiches, et on ecrase le tout a nouveau. Un regal. Ceci est servi avec du fromage blanc et du the, bien sur.

Il nous reste tant a decouvrir dans ce pays... que nous vous laissons, les mosquees, coupoles et badgirs de Yazd nous attendent.


Afficher article  Gonur et Merv

Gonur

Situe a plus de 60 km de Mary (au Turkmenistan), en plein desert du Karakoum, le site de Gonur etait longe a l'epoque par la riviere Mourgab. C'est evidemment la raison pour laquelle, cette cite a vu le jour a cet endroit. Les migrants de l'epoque ont trouve les conditions necessaires pour s'y etablir. Depuis, le lit de la riviere s'est deplace de plusieurs dizaines de kilometres, et les populations l'ayant suivi, il n'y a plus personne aux alentours.

L'excursion requiert un 4x4, pour passer les pistes sablonneuses qui menent au site. Notre guide nous souligne au passage, qu'il y a 30 ans a peine, il n'y avait strictement rien. Mais certains politiques ont eu la riche idee de developper la culture du coton, en prelevant l'eau de l'Amou  daria, a l'aide du plus grand canal du monde, le canal du Karakoum, quelques 1500 km en plein desert. Il va sans dire que cette irrigation contribue a l'assechement de la Mer d'Aral (cf photos et articles, rubriques Ouzbekistan).

C'est en 1972 que l'archeologue Greco-Russe Viktor Sarianidi commence les escavations de la capitale perdue de l'oasis de Gonur. Ces dernieres constituent le plus vaste chantier de fouilles du Moyen Orient et Gonur serait considere comme la 5eme grande civilisation antique avec celles de l'Egypte, de la Mesopotamie, de la Chine et de l'Inde. Actuellement, tous les scientifiques ne sont pas d'accord pour accepter cette idee, mais comme chaque grande decouverte, il faut du temps a l'establishment pour reconnaitre le travail d'un confrere. A noter, pour les parisiens, que le 15 decembre 2006 au Louvre a 12h30 (a l'auditorium, acces par la pyramide), Viktor Sarianidi en personne, tiendra une conference sur les fouilles et les dernieres decouvertes ! Allez-y, vous ne le regretterez pas !

Ce qui est incroyable dans la decouverte de Sarianidi, c'est que, soit il a eu un bol monstrueux, soit il a un flair a faire palir Hercule Poirot et Colombo reunis. Imaginez-vous un desert. Immense. Un desert brulant et hostile, au milieu d'un pays pas beaucoup plus accueillant. Certes, il savait que de l'eau avait coule dans le coin quelques millenaires plus tot, mais de la a aller chercher les vestiges d'une des plus grandes civilisations de tous les temps, a 3 metres sous terre au milieu de nulle part ! En plus, il fallait avoir le courage, les conditions d'acces dans les annees 70, et de vie a ces latitudes, etaient, pour le moins, excecrables. Il est venu, il a creusu, il a trouvu. Je ne sais pas si nous sommes assez clair pour presenter son exploit, mais il s'agit d'une des plus grandes decouvertes archeologiques de tous les temps.

Quelques elements : Gonur fut le centre d'une des plus anciennes civilisations celebrant le culte du feu (comme a Bactriane en Afghanistan).

Pour Sarianidi c'est a Gonur que serait nee la premiere religion monoteiste : le zoroastrisme. Quatre temples du feu ont ete exhumes. Certains restes sur des ceramiques ont fait apparaitre un rite base sur une potion hallucinatoire composee de pavot, de haschich, de lait et d'ephedra. Un truc que quand t'en bois un peu, tu dois planner beaucoup...

Quelques parties ont ete restaurees comme le palais royal. Il est constitue de grandes salles, decorees de colonnes et de renfoncements dont les angles sont formes "d'autres angles" caracteristiques de cette cite. Dans ces derniers etaient certainement disposes des statues ou autres vases.

Cette civilisation produisait de grandes poteries, mais aussi de petites poteries ou ivoire finement decores. Ils maitrisaient parfaitement l'art de la ceramique, et en produisaient des quantites astromiques, aux formes parfaites (bien plus belles que celles retrouves sur le site medieval de Merv, 3000 ans plus tard) et aux couleurs vives.

La ville comportait un systeme d'irrigation a en rendre ridicule les villes actuelles d'Asie Centrale, ainsi que de bassins de purification d'eau.

Aussi, ils faisaient cuir la viande sans que les flammes viennent toucher le sang de l'animal (rite Zoroastrien). Pour cela (voir photos), ils utilisaient un double four, alimente par le bois d'un arbre a haut pouvoir calorifique (on donnera le nom, que nous avons oublie, quand on aura entre les mains le papier sur lequel on l'a note!)

Les fouilles ont permis de remonter jusqu'a 3 000 av. JC.

Merv

Le site est immense, etendu sur 100km2, il est classe au patrimoine mondial de l'Unesco.

On le nomme egalement Margouch ou Margiane.

A l'epoque des perses Sassanides, les boudhistes, les chretiens, et les zoroastriens cohabitaient en paix dans cette oasis. C'est d'ailleurs le point le plus occidental de "l'expansion" boudhiste, si on peut employer ce terme.

En 1218, Gengis Khan avait exige de la cite de lui offrir ses plus belles femmes et une dime exhorbitante sur les cereales. Les Seldjoukides refuserent. Erreur fatale ! En effet, un des fils de Gengis Khan, Tolui (repute pour sa brutalite), se presenta 3 ans plus tard avec son armee mongole. Chaque soldat avait comme devoir de decapiter 300 a 400 citoyens, rien que ca. Probablement 1 million de personnes perirent lors de ce massacre. La cite fut mise a sac et seuls quelques uns des plus somptueux monuments furent epargnes, comme le mausolee du Sultan Sanjar.


En conclusion...

Le site qui nous a le plus plu est celui de Gonur, de part sa situation geographique (en plein desert) et de part sa recente decouverte et des avancees des recherches. On s'imagine egalement tres bien, sur ce site charge en emotion, la citadelle, il y a quelque 5000 ans, et ses habitants deambulants dans les ruelles. La un marchand, ici un potier, et les chefs religieux en transe buvant de leur potion a faire rire un parisien dans un embouteillage. Une des dernieres decouvertes est une tombe dans laquelle ont ete retrouves des ossements de cheval. Malheureusement le site est tres peu protege des intemperies et des rares visiteurs (surement par manque de moyens) : nous avons le droit de marche n'importe ou (alors que les murs sont composes de pise), des ossements de chiens de l'epoque restent a l'air libre et du coup se cassent avec le temps...

A noter que le site recoit vraiment peu de visiteurs, vu, deja, le pays dans lequel il se trouve, et vu la difficulte pour l'atteindre.

C'est etonnant ce que l'homme savait deja faire a cette periode ! Et certains devraient venir faire un petit tour et prendre quelques idees.