Dernier bus
A cause principalement du fichu visa indien que nous avons eu a Tashkent (3 mois au lieu des 6 reglementaires), nous devons nous depecher pour traverser le Pakistan. Et meme si nous n'en pouvons plus des bus, nous nous devons d'en prendre un dernier pour gagner Bahawalpur. Encore une quinzaine d'heures de trajet, de nuit. Le bus est plein, comme d'hab, crado, comme d'hab. Les gens montent et n'hesitent pas a cracher dans le couloir ! Certains memes fument, et nous ouvrons notre fenetre pour ne pas etre asphixies. Tout le monde se caille, mais personne ne nous dit rien. Il faut choisir, froid et clopes ou chaud et sans elles.
Pour toutes ces heures de voyage, en tant qu'occidentaux prevoyants, nous avons acheter de quoi grignoter et quelques bouteilles d'eau, ce qui n'est pas le cas des locaux. Mais pourtant, il leur faut bien boire ! Pour cela, l'intendant, qui aide le chauffeur pour tout ce qui est des taches autres que la conduite, passe dans les rangs avec une bouteille en plastique datant de la premiere guerre, remplie d'une eau couleur "liquide de refroidissement qui sort du radiateur de ma vieille 205", et 1 verre, qui sert a tout le monde. Quand il arrive a notre niveau, siege 32 et 33, il nous demande si nous en voulons ! Une eau croupie servit dans un verre ou 31 personnes ont deja bave, non merci ! La premiere fois, il a du se dire : "zont pas soifs", mais a la 2eme, il avait vraiment l'air de ne pas comprendre pourquoi nous declinions.
Musique a fond, neons et lampes de couleurs, nous avons l'impression d'etre dans une (tres) mauvaise boite de nuit, filant a toute allure entre les camions. Dur de fermer les yeux, et c'est agards que nous atteignons la ville. Dechargement, puis chargement du velo, il est temps de trouver un petit hotel. Tour de la ville de bon matin, les Pakistanais nous regardent passer les yeux equarquilles. Au premier hotel, de categorie moyenne, ils voulaient qu'on laisse la tandem dans la rue et nous interdisaient de le mettre dans la chambre ! Au revoir ! Nous allons un peu plus loin pour nous installer dans un endroit ou nous sommes acceptes tous les 3 ! Tres bon marche, mais salle de bain quelque peu douteuse.
En bichonant la bicyclette, nous nous apercevons que le porte-bagage est casse. C'est l'autre bouffon d'Afghan de l'autre fois quand il est monte dessus sur le toit du bus... Nous partons illico a la recherche de quelqu'un qui pourrait nous le ressouder. Nous ne sommes pas alles bien loin a vrai dire, et nous avons pu decouvrir par nous memes, l'etonnant rapport a l'argent qu'ont une grande partie des Pakistanais. D'autres voyageurs (hein Maud et Cyril !)nous avaient dit que ce n'etait pas leur priorite, mais a ce point ! Pour la soudure et un petit coup de barbouille noire, le gentil monsieur nous a demande 10 Roupies, soit meme pas 1 de nos anciens francs ! Pour un travail parfait qui plus est. En grand seigneur, nous lui avons triple sa demande, et nous avons du insister lourdement pour qu'il accepte. On lui a dit d'en faire profiter ses 2 jeunes apprentis. Une photo pour immortaliser le tout, et tout le monde est content, eux, le velo, nous...
Bahawalpur, comme toute grande ville (allais-je dire, mais pour eux une ville de 500 000 habitants est a peine une grosse bourgade) du sous-continent qui se respecte, est etonnamment poussiereuse et polluee, quoique les habitants y font des efforts, et balayent tous les matins devant leur porte, mettant les detritus pas vraiment plus loin, mais au moins en tas. L'air prend a la gorge, qui gratte de plus en plus, et c'est vraiment une sensation desagreable. Nous prenons un mini-van bonde pour gagner Uch Sharif et ses magnifiques mausolees (http://biketrip.aliceblogs.fr/blog/DernieresPhotos/_archives/2007/1/19/2664461.html).
Sur place, nous rencontrons un couple de voyageurs belges, qui avaient embauche un guide a la journee, et nous invitent a se joindre a eux. Nombreuses visites, et retour dans leur voiture. Je m'approche pour remercier le guide et lui laisser un pour-boire, et encore une fois, nous avons affaire a un refus : "bah ! l'argent, c'est pas un probleme. T'en a plus besoin que moi, tu voyages a velo !". Ah bon... ben merci alors !