Ca va faire 1 semaine que cet article est en cours, mais il est tres difficile de trouver des connections ici, au Pakistan. Les ordinateurs sont deseprement lents, et les nombreuses coupures d'electricite n'arrangent rien. Apperemment, la majeure partie du courant est produit par des centrales hydro-electriques, et comme nous sommes en hiver, saison seche, les debits ne sont pas assez importants pour satisfaire la demande. Du coup, il nous est arrive plusieurs fois de perdre tout ce que nous avions ecrit, ce qui explique notre retard... Reprenons, donc pour la suite et fin de l'artcile :

 

De Langeh a Khamir

Apres une grosse journee de pedalage (120 km), nous arrivons enfin a Khamir. A peine sommes nous dans le centre qu'une voiture se met a notre hauteur :

"How are you Mister ?

- Fine thanks, and you ?

- Where are you from ?

- France.

- Where ?

- France.

- WHERE ?

- FRANCE ! FRANCAIS !

- Ah, Francais ! Where are you going ?

- We are looking for a place to put our tent.

- Come to my home !"

Une fois dans leur cossue maison, on nous demande ce que nous voulons pour diner : poulet ou poisson. Ne sachant que choisir nous interrogeons les 4 enfants, qui tous repondent en coeur : Poisson ! Au bout du compte, nous aurons le droit aux deux, et les enfants, eux, ne mangerons que du poulet ! Va comprendre Charles ! Avant le repas, Abdulwahad nous a fait faire une visite guidee de la ville, ainsi qu'un petit tour sur la plage. Il prend pour le plaisir, des cours d'anglais, ce qui nous facilite nos echanges. Il propose a Stef d'enlever son voile et nous glisse en rigolant : "je suis musulman, mais juste un peu. Chez moi, no problem, mais en ville problem". Pendant notre tour en ville, il a tenu absolument a nous acheter des canettes de biere sans alcool (l'alcool est interdit a la vente en Iran), en nous soutenant qu'elles sont fabriquees en Iran. Pourtant, en gros est inscrit sur la boite : made in Holland !

Apres une bonne soiree et une nuit reparatrice, nous prenons place autour de la nappe du petit dej, pour un regal de pain, de confiture a la carotte et de creme fouettee. Au moment du depart, sa femme nous offre une enorme boite de "nougats" a la pistache, alors que la veille, ils avaient refuse tous nos cadeaux.

De khamir a Laft

A une trentaine de kilometres de Khamir, il est possible de gagner l'ile de Qeshm par bateau. Sur l'embarcadaire de Bandar e Pol, nous nous faisons alpaguer par des "capitaines" de coques de noix, qui nous demande 5 dollars pour la traversee d'une quinzaine de minutes.

"5 dollars ?! C'est plus cher que pour le chateau d'If depuis le vieux port !! T'exageres !"

Pendant ce temps, un monsieur s'est approche pour nous dire qu'il peut nous faire passer gratuitement. Il possede des camions, qu'il emmene sur l'ile a l'aide de grandes barges. Ca nous arrange, car ca nous evite de decharger le velo. Pour monter sur les barges, les camions qui se disputent les places, se heurtent, se poussent, manquant d'ecraser le personnel, dans un chaos effrayant. La barge complete, nous nous faufilons entre 2 rangees : en route pour l'ile !

Laft a 7 km de l'embarcadaire d'arrivee, est censee etre le village le plus charmant de l'ile. Nous le traversons, et peu de traces de vie. Nous questionnons les militaires, qui nous repondent qu'il n'y a aucun magasins dans le village et qu'il faut aller a Qeshm, a 80 km. Surement ! Les habitants qui veulent leur pain frais, vont faire 80 km ! Le temps de faire une petite visite, d'admirer les chantiers de boutres (gros bateaux en bois) et d'une seance photo avec une dame a la bourqa imposante, les magasins du centre ont ouvert et nous trouvons 4 epiceries et 1 boulanger pour du bon pain tout chaud.

Pour la nuit, nous plantons notre tente sur le haut d'un colline avec une magnifique vue sur la maree descente dans le golfe persique, ses mangroves, sur les montagnes du continents, et sur les nombreux bagdirs. Nous declinons une invitation (la tente etait deja plantee), et avons la surprise de voir apparaitre deux renards a une quinzaine de metres a peine. Nous nous fixons mutuellement, et ne sommes peut etre finalement pas les plus curieux. L'un deux viendra meme gratter la toile pendant notre sommeil !

De Laft a Qeshm

Sur cette ile, qui ne compte que 5 malheureuses routes, nous trouvons le moyen de nous tromper de chemin pour rejoindre la ville principale. Il faut dire que nous ne sommes pas aide par les habitants qui ne connaissent rien de leur ile pourtant pas tres grande. La route est plutot monotone et, une fois a Qeshm,nous descendons dans un hotel jouissant d'une merveilleuse vue depuis les chambres, sur le golfe et l'ile d'Ormuz. C'est avec un grand etonnement, que nous decouvrirons qu'il est rempli de travailleurs du sous continent, venus renouveller leur visa pour Dubai.

De Qeshm a Bandar e Abbas

Pour regagner la metropole, nous achetons un ticket un peu au hasard, vu que le vendeur ne pipe mot d'anglais. Sur la jetee, un hommes arrive et nous demande : "Gros ou petit bateau." Nous n'en savons rien. Il s'avere que nous possedons un billet pour les fameuses coques de noix. Pas tres rassures, nous chargeons quand meme le tout. Nous lui demandons combien de temps prend la traversee. Il nous repond : "30 a 40 minutes inch Allah". Comment ca ? Et si Allah inch pas, qu'est ce qu'on fait ? On coule ? Parce que nous savons nager certes, mais le velo lui, pas si sur ! La barquasse saute sur les vaguellettes et l'emaillage du cadre et de la remorque souffrent...

Nous accostons a Bandar e Abbas la sulfureuse. Lieu des trafics en tout genre (voiture, hi-fi, drogue...), ou il ne fait pas bon trainer la nuit. En outre, la ville possede une gigantesque mosquee (dans le style de l'Amir Chakhmaq a Yazd) dont la construction est stoppee, depuis plusieurs annees, pour cause de non respect des normes sismiques. Apres une visite de quelques heures, nous achetons des tickets de bus pour Zahedan. Depart a 16h et arrivee prevue a 8h le lendemain matin.

Nous arrivons a 4h30 du matin, au lieu des 8h00 annoncees par le vendeur, ce qui nous agace quelque peu, vu que nous aurions pu quitter Bandar e Abbas 2 heures plus tard, et nous eviter d'attendre dans le froid de Zahedan. Nous sommes deja loin du golfe, et les temperatures ont degringole. De plus, la gare routiere n'est pas le lieu ideal, vu la reputation de la ville. Nous apprenons assez vite qu'il n'y a plus de bus pour la frontiere, ce qui va nous obliger a prendre un taxi qui accepte notre monture... Un vieux monsieur, parlant anglais, parmi une foule d'autres presonnes, nous accostent, et nous propose son pick-up, pour un prix raisonnable. Hop, le velo charge, nous partons en diretion du Pakistan.

Space Caravane

Il ne s'agit absolument pas de caravanes de l'espace, mais bien de dromadaires qui transportent de la drogue dans le desert entre Zahedan et Kerman ... Pour ne pas se faire attraper, les trafficants habituent ces betes a bosse a un trajet donne, en ne les nourrissant qu'en certains points. Charge de d'heroine ou autre en provenance d'Afghanistan, ils traversent le desert jusqu'a Kerman ou autres villes d'ou leurs chargements sont expedies ailleurs. La lutte est alors tres complique pour les autorites iraniennes, qui ne peuvent arreter tous les chameaux qui dambulent dans ces immensites de sable et de cailloux.

Zahedan

Plaque tournante du trafic de drogue depuis l'Afghanistan vers l'Europe, Zahedan n'est pas un lieu plaisant pour le voyageur. Une drole d'atmosphere y regne et on sent les gens tendus. Citez le nom de cette ville n'importe ou en Iran et tout le monde vous repondra qu'il ne faut pa y aller, ou du moins qu'il faut y faire tres attention. C'est dans cette zone qu'en 99 et en 2003 deux couples de cyclistes ont ete pris en otage. Les ravisseurs demandaient une rancon equivalente aux 2 saisies que les policiers Iraniens avaient faites quelques jours auparavant. Cependant, les conditions de detention des otages ont toujours ete, selon eux, excellentes et agreables !

Nous arrivons a 4h30 du matin, au lieu des 8h00 annoncees par le vendeur, ce qui nous agace quelque peu, vu que nous aurions pu quitter Bandar e Abbas 2 heures plus tard, et nous eviter d'attendre dans le froid de Zahedan. Nous sommes deja loin du golfe, et les temperatures ont degringole. De plus, la gare routiere n'est pas le lieu ideal, vu la reputation de la ville. Nous apprenons assez vite qu'il n'y a plus de bus pour la frontiere, ce qui va nous obliger a prendre un taxi qui accepte notre monture... Un vieux monsieur, parlant anglais, parmi une foule d'autres chauffeurs, nous accostent, et nous propose son pick-up, pour un prix raisonnable. Hop, le velo charge, nous partons en diretion du Pakistan ! Adieu l'Iran et ses habitants si hospitaliers, ses incroyables mosquees et mausolees, sa bonne cuisine et les belles routes asphaltees, et bonjour le Pakistan, dont nous ne connaissons pas grand chose a vrai dire...