Afficher article  Complements d'Issyk-Kul a Osh.

Malgre la longueur de l'article precedent, nous avons oublie certains details...

A Karakol, nous avons rencontre une touriste Kazak, parlant tres bien anglais, et originaire de Semei. Semei ne vous dit peut-etre pas grand chose... C'est une ville du Nord ou la temperature varie de 45* l'ete, a -45* l'hiver. Deja, comme ca, ca ne donne pas trop envie ! Mais ce qu'il faut savoir c'est que cette ville de 295 000 habitants se situe a quelques kilometres du polygone. Qu'est-ce donc que ce polygone ? C'est tout simplement l'endroit choisi par les scientifiques sovietiques pour faire leurs essais nucleaires. 467 essais entre 1949 et 1991 ! Soit l'equivalent de 2600 bombes d'Hiroshima. Malgre tout, elle est tres contente d'y avoir passe ses 18 premieres annees, mais difficile en la regardant de ne pas se demander quelle cochonnerie elle attrapera dans les annees qui viennent...

 

Dans un registre plus leger, que mangeons-nous au quotidien ?

Au petit dejeuner, nous avalons de grandes quantites de pain beurre recouvert d'une epaisse couche de miel ; miel achete dans les montagnes du centre, et conditionne dans des anciennes bouteilles de soda. Ce qui est bien pour l'environnement et tres pratique pour nous car elles sont bien hermetiques et faciles d'utilisation. Avec ceci, nous buvons du the et du jus de fruits.

A midi, nous mangeons le plus souvent dans des cafes des specialites locales, comme des Lagnams (soupe de longues pates avec du mouton), des mantis (raviolis), ou toutes sortes de soupes dans lesquelles, le plus souvent, nous trouvons un gros bout de mouton. Il faut savoir qu'ici le gras est autant apprecie que la viande elle-meme. Avis aux amateurs !

Le soir, nous preparons souvent une grosse platree de pates accompagnees de fromage et de saucisses (la plupart du temps il s'agit de saucisses de cheval) coupes en de.

Le tout accompagne de nombreux fruits frais (pasteques, melons, pommes, grenades, kakis, raisins, poires...) et secs, que nous laissons gonfles quelques minutes dans une infusion de the vert avec du miel... Delicieux ! Il faut dire qu'ici, les fruits secs sont une specialite fort bien maitrisee des autochtones, et qu'ils sont bien meilleurs que ce que l'on peut trouver chez nous.

Sinon, dans la journee, nous faisons des pauses regulieres pour bien nous hydrater et manger des barres chocolatees made in Kyrghyzstan ! Bien sur, ca varie chaque jour mais c'est pour donner une idee !

Question sante, tout est ok, et nous dormons vraiment comme des loirs. Environ 10 heures par nuit. Question budget, grace a notre tente, nous depensons peu. Quelques exemples de prix (rappel 1 Euro = 50 Som) : tube de super glue = 5 S, kg de cacahuete decortiquee = 50 S, kg de pistache = 300 S, 6 kg de pasteque = 15 S, dentifrice = 60 S le grand tube, pain = 5 S, 1L de the dans un cafe = 10 S, jus de fruit = 50 S, 1 nuit en bed and breakfast = 300 a 450 S par personne, 1L d'essence = 22 S, un crayon a papier = 1 S, 500 g de lessive = 20 S, 1 heure d'internet = 30 a 60 S/h, prix d'un repas dans un cafe = de 80 a 350 S pour deux personnes...

 

Et pour finir, notre derniere petite mesaventure : la veille de notre arrivee sur Osh, dans un chemin qui rejoignait la route, notre saccoche avant gauche s'est detachee et a rebondi dans les rayons. La roue n'a rien (et c'est bien le principal), mais l'attache a cede. Il nous restait un peu de colle forte (utilisee precedemment pour reparer les lunettes de Stef) qui a l'air de faire l'affaire pour l'instant.

 

Felicitations a Soizic, grande vainquatrice du fabuleux concours de la photo mystere, et qui gagne donc le titre tant convoite de "1ere a avoir trouve la photo mystere !!". C'etait bien notre 1ere lessive apres 2 mois dans une "machine", mais nous avons du enlever la photo, faute de place memoire sur notre blog.

 

Nous quittons Osh demain en direction de la frontiere Ouzbek, et devrions arriver a Andijan, avant de rejoindre Kokand, puis plus tard, Tashkent, la capitale.

 

Afficher article  D'Yssik-Kul a Osh...

(Mise a jour du 22/10)

Ca fait longtemps qu'on n'a pas ecrit, mais en plein Kirghizstan central, les ordis ne courent pas les rues, c'est deja dur d'y trouver du pain... On va donc reprendre et tout raconter "from A to Z". Mais avant toute chose, Whaouhh !! Ourah, Hip hip hip, ma belle soeurette est toute grosse, en cloque comme on dit, ce qui signifie que mon Bruder va etre papa, et nous tatie et tonton... hehe ! Bravo bravo bravissimo !

Apres le break et ce trek a cheval, nous reprenons donc une vraie monture, une qui tient la route, avec des pedales qui clipsent, des freins, et qui de surcroit ne pete pas tous les quarts d'heure... Parce que la dada, lui, ben il se lachait bien...

Nous faisons le tour du lac Yssik-Kul, par la rive sud. C'est le temps de la "douceur de vivre". Les kilometres s'enchainent plutot facilement, les bivouacs au bord de l'eau sont fabuleux, il fait beau et chaud, c'est le top of the pop. Le ciel est d'un bleu profond, les arbres prennent des teintes etonnantes, des rouges, des jaunes, le tout se detachant sur des sommets enneiges immacules et des paturages reverdissant (voir photo). C'est magnifique. Nous rejoignons Balykchy apres une etape de 111 km et logeons dans une petite "gastinitsa" (hotel en russe). 3 Chambres, un peu d'eau chaude et des lits plus ou moins confortables. Le soir venu, nous demandons aux jeunes filles qui tiennent l'hotel s'il y a un "Kafe" dans les environs. Elles nous disent qu'il ne vaut mieux ne pas sortir, que c'est dangereux. Etonnes, nous nous demandons si nous avons bien compris. Puis elles nous disent : "Hooligans". Bon, ben pas de doutes, ca craint. Mais pourquoi ? En jetant un oeil dehors, nous comprenons bien vite : il n'y a pas de lumieres dans les rues secondaires, et la rue principale compte une loupiotte d'une bonne cinquantaine de watts tous les 500 metres. Ca fait un peu coupe-gorge. De plus, comme partout ici, les trottoirs et les routes regorgent de bouche-d'egouts beantes ou de trous en tout genre, bien mal venus quand on n'y voit rien... On leur fait donc confiance et allons juste acheter de quoi se faire des sandwichs. Pendant la soiree, nous decidons de changer de route et de ne pas passer par Bichkek. Nous prendrons la route qui passe par le centre du pays. Pourquoi ? Parce que c'est le seul endroit ou les Kirghizes sont vraiment majoritaires dans leur pays. De plus, nous voulons de l'authentique, de l'aventure et de la sueur, nous serons plus que bien servis.

Le lendemain, la route commence a s'elever, en direction de Kochkor. Nous faisons quelques courses avant de partir, et la, devant un magasin, une vieille dame vient pres de nous et nous demande quelques Soms. Par principe, nous ne donnons jamais d'argent, et puis ce ne serait pas rendre service aux futurs touristes si nous commencions a distribuer des sous. Mais aussi, nous savons dans quelle situation se trouvent les retraites des pays de l'ex-URSS. Sans ressource ou presque, et des retraites tellement devaluees qu'elles ne valent plus rien. Que faire ? Apres concertation, nous lui donnons un pain. Mais au premier sens du terme ! Avec de la farine quoi ! Elle avait l'air toute contente, nous a remercie et a disparu dans une petite rue.

Nous reprenons notre chemin, qui n'est que le debut d'une serie incroyable de cols en tout genre, a toutes les altitudes. Sur notre carte (Kirghize), la route a l'air bonne. On apprendra en fait que sur les cartes ils ne font pas la difference entre un chemin de terre et une 2x2 voies... Apres Kochkor, les choses ont vraiement commence a se corser. 1er grand col, a plus de 2600 metres d'altitude. Les 10 derniers km avant le sommet se transforment en piste, et, alors que les premieres heures de la journee etaient belles et sans vent, celui-ci se met a souffler d'un coup, et tres violemment. Nous n'avancons plus, ou presque. Le compteur affiche peniblement 6 ou 7 km/h, les pierres sont de plus en plus grosses, m'obligeant a faire des ecarts importants, de gre pour eviter un "rocher" ou de force, lorsque la roue avant vient butter contre l'une d'entre-elles. Les camions vont a peine plus vite que nous, et soulevent une poussiere qui vient se coller sur nos visages en sueur et entre nos dents, pas en sueur, mais pas loin. Hmm, c'est agreable quand ca craque sous la dent... Ce col n'en finit plus. Stef se leve parfois pour relancer l'engin, mais la roue arriere patine ! Comme en VTT, sauf que la, avec nos 200 kgs tout compris, c'est vraiment etonnant ! Ben oui, parce que, que fait un cycliste quand il sait qu'il va avoir une dure journee ?? Il ajuste son equipement pour ne pas avoir trop de poids a tirer. Ben, nous, c'est le contraire. Ce matin avant de partir, on a fait des courses, achete un bidon de 5L d'eau, une brique de jus de fruit et de quoi manger pour le midi et pour le soir... On n'a pas le choix, on ne sait jamais si on va trouver quelque chose en route. Du coup, nous nous sommes alourdis d'une dizaine de kg, juste avant l'ascension... Le vent est toujours aussi violent et on se dit qu'on a vraiment pas de chance d'avoir toujours les pires conditions quand la route devient difficile. Nous atteignons finalement les 2624 metres de ce premier grand col, sous le regard eberlue de chauffeurs routiers qui attendent je ne sais quoi. Nous achetons une tablette qui ressemble a du chocolat, qui a la couleur du chocolat, mais qui n'a pas vraiment le gout du chocolat. Nous continuons sur cette piste et apres une dizaine de kilometres, nous tombons sur une yourte au bord de la route. Chouette. Je demande : "Koumis ? Khleb ? Sir ?".  Un jeune homme nous repond par l'affirmative. Nous garons le velo et penetrons dans la yourte. "Trop bien elle est chauffee" me dit Stef. Un poele, qui fonctionne a la bouse de vache, trone au milieu. On nous indique de prendre la place d'honneur, c'est a dire le plus loin de la porte, derriere la table. Nous quittons nos chaussures et allons nous asseoir sur les epais tapis de feutre colores que l'on appelle Shyrdark. La jeune femme (nommee Nazgoul) nous apporte des nans (pain plat confectionne a partir de farine noire) tout chaud, qu'elle vient juste d'oter du poele. Elle nous pose aussi sur la table, de la smetana (sorte de creme) et du beurre rance. Le tout est delicieux, surtout apres l'effort, sauf peut etre le Koumis qui a un etrange gout de brule. Nous demandons alors combien nous devons et l'on nous repond : "A votre bon coeur !" Nous sortons pour reprendre la route, et Nazgoul nous demande de rester pour la nuit. Il est 17h et elle n'a pas besoin de beaucoup insister pour nous convaincre. Nous avons deja roule 5 h (pour 70km seulement) et nous avons besoin de repos. La nuit tombe et il est temps de traire les juments pour certains, de ramener le betail et les dindes pour d'autres. Stef me dit : "Comment fait-il pour rentrer ses volailles ?". A peine le temps de finir la phrase que Adamarsat produit un drole avec sa bouche qui a un surprenant effet sur les dindes qui rappliquent toutes ensembles en l'espace de quelques secondes. Les dindes seraient-elles douees d'une forme d'intelligence ? La soiree etait bien lancee.

Nous montons notre tente derriere la yourte et une fois le soleil couche nous sommes invites a passer a table. Alors que nous sommes tranquillement assis dans la yourte, tout le monde se leve soudainement pour accueillir le mari de Nazgoul qui arrive sur un ane. Comme on dit, il a le regard frais d'un merlan frit. Il n'a pas du boire que du Koumis. Son entree chancelante dans la yourte nous promet des moments epiques. Il nous assure qu'il parle anglais. On se dit tant mieux mais au bout de 2 minutes nous comprenons que son vocabulaire se limite a "sit down" et a "my name is". Assez vite il nous saoule et nous attendons le repas avec impatience. L'ambiance est tendue car le mari nous pose toujours les memes questions et sa femme en est agacee. Celui-ci se resumera a la meme chose qu'au gouter : pain, beurre, creme, the. Nazgoul, en mettant la cuiller dans la creme l'enfonce trop, et elle s'en retrouve couverte jusqu'en haut du manche. Elle essaie alors de la nettoyer et passe le doigt sur ledit manche. La creme colle a son doigt qu'elle essuie alors sur le rebord de la coupelle. Elle se le leche et recommence l'operation car le manche est encore tout graisseux. Elle fait une boulette avec la creme recuperee. La boulette tombe sur la table avant d'etre remise dans la coupelle. Pas tres appetissant, et j'espere surtout qu'elle ne s'est pas gratte le derriere juste avant. Sur cette image, nous n'avalons que du pain et filons tout droit nous coucher dans notre tente, malgre les invitations a dormir dans la yourte. Il est a noter qu'a la fin du repas, la famille a fait l'amin malgre l'excessive consommation d'alcool du pere. Il fait froid cette nuit, le thermometre, dans la tente n'affiche que 4* C. Vers 3h30 du matin, un reveil se met a sonner dans la yourte, et ce sera le remue menage pendant pres d'une heure, nous ne saurons jamais pourquoi. Au petit matin nous plions tout et partons avec empressement.

La route est une suite de piste et d'asphalte defoncee, et nous roulons jusqu'a Chaek ou nous logeons chez l'habitant. Nous aurons le plaisir d'y prendre une banya, ou la aussi, le foyer est alimente a la bouse. Apres une bonne nuit reparatrice, nous partons en direction de Susamyr. Les paysages sont magnifiques meme si la route est difficile avec quelques cols a plus de 2000m. Sur 80 km, nous ne croiserons que quelques vehicules dont un camion fou roulant a vive allure qui nous frisa les moustaches. Le temps se couvre et nous passons la journee a mettre et a enlever les K-way. Nous decidons de "bivouaquer"juste avant le village de Susamyr. Les quelques magasins sur la route sont plein de vide et il nous faut frapper a la porte d'une maison pour acheter un morceau de pain.

Le jour suivant, apres a peine 8 km nous essuyons une tempete de neige. Nous nous refugions dans un magasin mais nos pieds sont deja mouilles. Apres 1h30 d'attente, nous partons a la recherche du cafe du village. Il est ferme, mais nous tombons sur une dame qui trouvera le moyen de le faire ouvrir et nous pourrons y manger des pates farcies et un bon the chaud. Le velo est contre le mur du cafe, du cote d'une cour d'ecole. Cette unique solution s'avera mauvaise puisque des dizaines d'enfants viennent tour a tour toucher et bousculer le tandem ce qui nous valut quelques bonds. A la premiere accalmie nous partons en direction du col d'Ala-Bel a pres de 3200m. Nous passons l'apres-midi, une fois de plus, a nous vetir et devetir et a nous arreter dans les cafes lorsque la pluie devient trop importante. Nous sommes detrempes mais arrivons malgre tout a faire 75 km de maniere a ne pas etre trop loin du col pour le lendemain.

Nous posons notre tente a une centaine de metres de la route, dans l'herbe grasse et humide. Un chamana nous souhaite la bienvenue et nous echangeons quelques mots. Il fait deja nuit, le barometre descend et nous restons au chaud blottis dans la guitoune, bonnet sur la tete, et gants chinois achetes 0.1 euro dans un bazar a nos petites mimines. Je me decide a sortir pour allumer le rechaud et faire cuire une bonne platree de pates. Au bout d'une minute a peine, celui-ci s'eteint : plus d'essence ! Flute, il faut attendre qu'il refroidisse avant de le remplir (heureusement nous gardons toujours une reserve avec nous) et de le rallumer, le tout sous la neige fondue qui tombe en ce moment. Le diner pris, nous nous endormons emmitouffles dans nos duvets. Dans la nuit, nous sommes reveilles par de droles de "zzzzziiiiiiiipppppp". Qu'est-ce donc ? La neige qui s'accumule sur le haut de la tente, glisse lentement le long de la toile faisant ce bruit de fermeture-eclair. Une autre chose nous inquiete.

"Ecoute !

- Quoi ?

- Ben rien justement, on n'entend plus les voitures !

- Ca veut donc dire que les cols sont fermes ?!? Comment on va faire demain ?"

De la ou nous sommes, nous ne pouvons distinguer la route ce sera donc la surprise. A la premiere lueur du jour, nous sortons pour constater les degats : tente detrempee, vetements non seches, et provisions insuffisantes pour plusieurs jours mais route plutot degagee. Des voitures circulent, nous leur emboitons le pas. L'ascension du col se fait dans le froid, la pluie et le vent (quel dommage pour le panorama) mais nous nous estimons heureux de ne pas rouler dans la neige et de vivre ce moment particulier. Stef garde son K-way, quant a moi je roule roule avec mon T-shirt a manches longues, la montee me met en surchauffe. La route est bonne et les kilometres s'enchainent tranquillement sauf dans les lacets ou nous avons le vent de face. Nous croisons bientot un camion, venant de Turquie, qui a chausse les chaines. Inquiets, nous lui posons des questions et nous croyons comprendre qu'a part quelques passages, ca devrait passer. Effectivement, nous devons descendre du velo pour les cents derniers metres, car la neige, le froid et le vent ont forme des congeres, et il n'est pas question de prendre le moindre risque, une chute endommagerait probablement le tandem.

Le temps d'une photo au col, nous nous habillons et nous nous engageons dans la descente. La route trempee est piegeuse, et le vent et le gresil nous cinglent le visage. Alors qu'il fait tres gris, je suis oblige de chausser mes lunettes de soleil, car il m'est impossible de garder les yeux ouverts dans ces conditions. Humides jusqu'a l'os, la descente est un calvaire, nous sommes frigorifies, les orteils recroquevilles et douloureux. Apres une bonne heure, nous trouvons un cafe, tenu par des slaves ou nous mangerons comme des ours. Soupes a l'agneau, pains, assiettes de mouton et un litre de the chacun. La piece est chauffee, c'est un regal ! En plus, elle nous a apporte une bassine d'eau chaude dans laquelle nous trempons nos petons. Son fils, apiculteur, nous fera gouter de son miel, et nous en achetons un litre dans une bouteille de coca reconvertie. La fin de la descente est plus seche et nous doublerons les derniers bergers descendant de leur jailoo (alpage d'ete). Apres une grosse centaine de kilometres, nous arrivons a Toktogul, 2000 m plus bas. Du coup, la temperature est plus clemente. Les jours qui suivent, en plus d'averses regulieres, s'averent difficiles, de par notre fatigue ainsi que par le profil de la route. En effet, a peine visible sur notre carte, de nombreux cols a 1600 m voire moins, mais avec de tres forts pourcentages (superieurs a 8) ont fini de nous casser les jambes. Certains sont vraiment courts, mais vraiment durs. Les paysages degages autour du reservoir de Toktogul sont a nouveau magnifiques.

Dans un des cols, Andreas, Suedois, qui rejoint Tokyo a Copenhague en moto s'est arrete a cote de nous pour tailler le bout de gras. Nous dejeunerons ensemble un peu plus loin. Moment tres sympa, et peut-etre que nous nous croiserons a nouveau a Tashkent.

A Djalal Abad, nous trouvons par hasard, un bed and breakfast equipe d'une vraie machine a laver ! Sur la route, nous avons rencontre un etrange fermier, qui faisait glouglou a ses dindes. Et le plus surprenant, c'est qu'alors toutes ses dindes s'arretaient dans leur activite, et repondaient toutes ensembles un glouglou des plus amusants. Les dindes seraient-elles douees d'une forme d'intelligence ?

Deux jours plus tard, nous arrivons a Och, deuxieme ville du pays, a majorite Ouzbek, dont le bazar est repute pour etre le plus beau d'asie centrale. Nous y louons un appartement en plein centre ville, et toute cette agitation est bien sympathique lorsqu'on n'est plus a velo. Chacun essaie d'y gagner sa vie, par tous les moyens possibles et imaginables. Certains posent  un pese-personne par terre et demandent 2 soms (50 soms = 1euro) pour la pesee ; d'autres cachent une balle a retrouver sous des gobelets ou poussent la chansonnette. On peut aussi mesurer sa force en tapant sur une machine ou faire une partie d'echec. Une vingtaine d'echiquiers etant a la disposition de joueurs plutot excites, qui frappent violemment le plateau a chaque fois qu'ils bougent une piece. Des stands de tir, des diseurs de bonnes aventures et un vieux manege attendent le badeau ca et la. Dans le bazar, nous avons achete de delicieux fruits secs : raisins noirs ou blancs, figues, noix, abricots, pistaches... Nous profitons.

 

Afficher article  Topo sur le kirghizstan

Le pays compte 94% de son territoire au-dessus de 1000m d’altitude. Sa moyenne est de 2750m. Des dizaines de pics culminent a plus de 5000m dont trois a plus de 7000m. Le plus haut etant le Pobeby a 7439m. La debilite apparente du trace des frontieres revient a Staline, qui en fait, avait tout calcule pour que les differents pays d’asie centrale ne puissent se passer de l’autorite centrale Sovietique. En effet, en utilisant la tactique du diviser pour mieux regner, il a etabli des frontieres absurdes pour mettre ensemble des populations, qui historiquement ou ethniquemenet n’avaient rien en commun, de maniere a ce qu’elles passent leur temps a se disputer territoire et autorite. Par exemple, le Kirghizstan comporte 3 enclaves ouzbek dans le sud ouest dont certaines situees sur des routes principales. Les provinces du Nord et du Sud sont separees par un massif montagneux , les isolant surtout en hiver. Le seul moyen de rejoinder Och a Bichkek est d’emprunter une route qui passe par des cols a 3600 et 3200m. En outre, le

Tadjiskistan s’est vu spolier de Samarcande et de Boukara ; la vallee du Fergana est partagee entre trois pays.

 

Les saisons y sont bien marquees, il fait 40* C en ete et -40*c en hiver. Le printemps et l’automne sont vraiment des saisons de transition pendant lesquelles il peut faire doux les journees et geler les nuits.

 

Il y a 80 groupes ethniques. Bichkek compte seulement 30% de Kirghizses et 47% de Russes. Och, deuxieme ville du pays, compte 40%d’Ouzbek.

Seul le Kirghizstan central est compose en majorite de Kirghizses qui se refusent d’ailleurs a parler Russe.

 

L’economie Krghizse est dans un triste etat depuis la chute du bloc sovietique. Le salaire moyen est de 55 USD a Bichkek et la moitie dans les campagnes . Un avocat gagne environ 75 USD. Il y a trois tetes de betail par habitant. La compagnie Canado-Kirghizse Kumtor, qui extrait de l’or, genere 18% du PNB ce qui rend le pays dependant des cours de ce minerai.

Des qu’on sort des grandes villes, les magasins sont vides et il y a peu de choix. On y trouve principalement des pates, des biscuits, des bonbons, quelques conserves mais surtout …de la vodka (1 euro pour 0.5L). On peut tout acheter a l’unite: yaourts, biscuits et meme…chewing gum (emballes comme les Stimaurols). Souvent dans les campagnes, il n’est pas possible d’acheter du pain, car chaque famille le fait elle-meme. Il nous as fallu plusieurs fois aller taper a la porte des villageois pour echanger un petit billet contre un gros morceau de pain.

Le taux de chomage important et la non activite de beaucoup d’hommes depuis l’independance les poussent a boire de grandes quantites d’alcool. Malheureusement, il ne se passe pas une journee sans rencontrer une bonne dizaine d’hommes completement bleus. Ca va de la rigolade a celui qui est un peu trop curieux et un peu trop proche de nous.Ceci est completement transparent pour tous les visiteurs qui restent dans les circuits touristiques et qui vont de bed and breakfast en guesthouse. Il faut dire que le pays s’est tourne, pour generer des devises, vers le tourisme communautaire, qui fait que l’on peut facilement dormir chez l’habitant ou louer les services d’un guide, d’un chauffard local…en etant sur que l’argent donne revienne bien directement a la population . Ceci rend le kirghizstan vraiment agreable et facile a visiter, tout en restant tres abordable d’un point de vue prix.

 

A part, la belle route entre Och et Bichkek qui essaie de desenclaver les deux moities de pays, le reste du reseau est ou completement defonce ou compose de piste de terre et de cailloux.

 

Afficher article  Clin d'oeil...

Nous avons appris qu'une nouvelle ecole nous suit depuis Ambierle dans le 42, merci a vous, n'hesitez pas a nous poser des questions.

A bientot

Afficher article  Trek a cheval

N'ayant jamais monte de cheval a 27 ans et des poussieres, et stef ayant son galop 6,5, il me fallait tout de meme tenter l'experience.Quoi de plus normal que de le faire en Asie centrale, pays de nomades ou les chevaux sont legion. D'ailleurs, ici, il faut compter 150 USD pour acheter un bon cheval, et un peu plus pour l'avoir en barquette ou congele. Nous avons donc engage un guide et des chevaux, afin de rejoindre le refuge d'Altyn Arashan a 2500 metres d'altitude (2 jours aller-retour).

En plus de sa retribution, notre guide (c'est ainsi que ca se fait au Kirghizstan) nous a demande de lui prendre de la nourriture pour toute la duree du trek. Ne sachant pas vraiment ce qu'il aime manger, il est venu avec nous au magasin. Apres avoir choisi the, gateaux, fromage et pain, il nous dit qu'il veut de la viande. Il prend alors une sorte de grosse saucisse et se penche vers une drole de boite de conserve, sur laquelle est dessinee une vache. Le prix de la boite, meme pas la moitie d'un euro. Il me la tend et me dit :

"The meat, I like the meat that's why i take that" (Il avait tendance a mettre des "the" un peu partout). Ce a quoi j'ai eu tres envie de repondre :

"I like meat that's why i don't take that" !

Notre guide amene trois chevaux, le sien qui a l'air tegneux, et deux autres vraisemblablement plus cools. Je choisis le plus endormi. Stef monte sur le sien en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Ca a l'air facile. Je mets le pied dans cette drole de pedale qu'on appelle l'etrier, Oh hisse, pepere a du mal a lever la jambe. Oula, c'est haut, mais on a une belle vue d'ici. Premiere sensation : c'est confortable. Nous commencons la rando, et ma foi ca se conduit bien ce truc la : il suffit de tirer les renes du cote ou l'on veut aller. Mon cannasson est plutot molasson et nous nous entendons bien. Le chemin commence a s'elever et mon cheval se montre a l'aise dans les cotes. Par contre, il a une peur bleue de l'eau et n'ose mettre ses pieds dans les flaques. Du coup, il n'hesite pas a me mettre dans les branches pour eviter de se les mouiller. Aussi, il semble en difficulte lorsque le sentier descend, ca promet pour le retour de demain. Stef m'explique comment me positionner en fonction du profil rencontre et me repete sans arret de ne pas trop enfoncer mes pieds dans les etriers. Le cheval glisse dans les passages pierreux, ce qui donne de drole d'accoups, et je me dis decidement que le retour sera epique. Les paysages sont magnifiques, le soleil brille et ma monture est definitivement plus confortable que le chameau ou l'elephant. Je me sens bien sur le dada et je tente meme le trot avant d'arriver sur le site. Pics a plus de 4000m et riviere en contre bas, nous en prenons plein les yeux. Pour couronner le tout, il y a deux sources chaudes (tres chaudes : 55 a 60 Degres) legerement souffrees dans lesquelles nous nous relaxons sans bouder notre plaisir.

Dehors il commence a faire frais et l'heure du repas arrive. Nous commencons a cuisiner avec notre guide, au menu : pates, et cette fameuse boite de "viande". Il l'ouvre et en sort un morceau blanc. Je trouve ca bizarre pour de la vache, mais Stef me dit :

"Ca, c'est le gras !"

Oups. Il prend un deuxieme morceau, bien marron celui-ci et me le tend. Je goute tout en me disant que les boites de Pal sont plus cheres chez nous. Mouerf, ca a le gout de ravioli en boite. Nous en prendrons un peu dans nos pates, ca nous fera des proteines.

Nous allons nous coucher, la piece n'est pas chauffee mais les couvertures sont nombreuses. Le guide nous dit qu'il va rentrer les chevaux, car un ours en a deja manges trois depuis le debut de la saison. Au petit matin, un beau tapis de 10 cm de neige recouvre le paysage. La descente va etre plus que sportive. Petit dej, nouveau bain aux sources chaudes et nous repartons vers Karakol.

La neige s'accumule sous les pieds de nos montures mais seule la mienne ne veut pas mettre les pieds dans l'eau pour la faire fondre. Du coup, nous faisons du patin sur les pierres. Je me conditionne et me repete : "Surtout pense a enlever les pieds des etriers en cas de probleme". Le cheval glisse de l'arriere, puis de l'avant, il bascule mais se rattrape, ''ouf c'est pas pour cette fois''.

Pour ne pas avoir a marcher sur les pierres, il me fait prendre les chemins de traverse. Stef et le guide me disent de le ramener sur la bonne route, mais le cheval ce coup-ci glisse des anterieurs et patatra je me retrouve par terre, apres un plongeon qui aurait fait rougir Popov. Plus de peur que de mal, il faut repartir et en descendant la neige se fait plus rare, ce qui rend la route plus facile. Definitivement, je pense que Gengis (le grand) Khan ne m'aurait pas engage pour ses campagnes. Nous regagnons notre guest house, ou Jamilya nous a prepare un bon repas...

Depuis, nous avons repris la route, fais le tour du lac Issyk Kul par la rive sud, ou nous avons eu de merveilleux bivouacs. Le soleil est toujours la, nous roulons en short et en T-shirt, et ce soir nous sommes a Kochkor apres avoir decide en derniere minute de passer les montagnes du centre et de zapper la capitale, Bichkek. Nous vous laissons car la banya  (sauna Russe) nous appelle !

Afficher article  Nouvelles

Vu qu'il a plu une bonne partie de la nuit et qu'on a eu droit a un bel orage ce matin, nous avons reporte notre trek a cheval a demain.

J'en ai profite pour mettre 8 photos en ligne, dans une nouvelle rubrique "photos Kirghyzstan" biensur. Par contre, l'espace memoire alloue au blog doit etre comble et j'ai du retirer un bon paquet de photos de Russie et du Kazakhstan, c'est bete, le blog ne pourra pas etre complet du debut a la fin.

Question donc aux specialistes info (hein Arnu !) : y a moy que qqn s'occupe de creer un site, un vrai, ou bien ??

Sinon, bonne nouvelle, nous pourrons faire facilement le visa indien au Sri Lanka, donc nous n'aurons pas a poirauter a Bichkek et pourront vite rejoindre l'Ouzbekistan.

Ah oui, j'en profite aussi pour dire un petit mot a tous ceux qui se sont mis a internet il y a peu (et qui se debrouillent tres bien il parait !!!), et qui ne maitrisent peu etre pas toutes les fonctionnalites, qu'il est possible de visionner les photos en diaporama, sur fond noir, et qu'il est aussi possible de regler le temps de defilement des photos. Ca donne un resultat sympa, surout quand il y a beaucoup de photos ! Pour cela, quand vous cliquez sur une miniature, dans les photos recentes a gauche de la page principale par exemple, ou dans un album (ex : photos Kirghizstan), la photo s'affiche en plus grand et juste en dessous du commentaire, il y a ecrit "publie dans" et entre parenthese il y a un lien : "Afficher en tant que diaporama". Le temps d'affichage par defaut est de 5 secondes. Magique l'internet !

Afficher article  D'almaty au Kirghyzstan

Apres avoir profite de la ville, il nous a fallu reprendre la route pour gagner le Kirghistan. Avant cela, nous avons quitte l’hotel un peu comme des voleurs…

Lorsque nous sommes arrives a l’hotel, le meme qu’une semaine auparavant lors de notre premier sejour a Almaty, il y avait la patronne. La premiere fois, quand nous avions demande ou nous pouvions entreposer le velo pour les 2 jours, une gentille dame  nous avait propose de la mettre dans une salle qui faisait office de vestiaire et de salle de repos aux femmes de ménage. Mais la, la patronne nous demandait 1000 tengues pour le mettre dans la meme piece ( 1000t c’est le prix pour une nuit pour une personne). Nous protestons. L’autre fois c’etait gratuit et la il faut donner 1000T. Pas question. Nous discutons ( un homme, un client, nous servait d’interprete). Et puis d’un coup, c’etait meme plus possible de le laisser dans cette piece. Il fallait qu’on le monte dans la chambre. Ok, ca n’arrange pas de monter le velo et la remorque au 4eme, mais si c’est ce qu’il faut…Mais elle nous demande toujours les 1000T.

 Alors je commence a m’enerver, et demande au monsieur de lui traduire:

<<C’est un velo, pas un etre humain. Il ne va pas faire pipi, ni prendre de douche. Si je dois payer 1000T pour le velo, alors je veux qu’il ait des draps et une serviette!>>

Se rendant peut-etre compte de son non-sens, la dame, aux villains petits yeux de crevette ( vous savez ces petites boules noires que l’on trouve dans la paella, et on se dit alors:<<Chouette, un grain de poivre>> et en fait, beurk, beurk, c’est un oeil de crevette!) , la dame, donc, dit Ok pour 500 T. Pour nous ce n’etait pas Ok, mais voyant qu’elle n’en demorderait pas, tant pis pour les 3 euros! (evidemment, c’est plus pour le principe et la maniere dont ca ete demande que pour le montant)

Avant de monter, je suis repasse a la caisse, non pas pour payer les 500T, mais pour recuperer notre caution. Dans cet hotel bon marche, a chaque fois qu’on prend la clef, il faut laisser son passeport. Bien sur, pour nous , il aurait fallu nous passer sur le corps pour laisser nos passeports dans un tiroir ( En plus, nous en avions besoin pour les visas), et nous avions negocie de laisser 2000T. Je vais donc voir la dame de la caisse et lui propose ma carte d’identite a la place de la dite caution. ( la carte d’identite, si elle est perdue, c’est pas bien grave, de toute maniere elle ne me sert a rien ici , et j’ai juste oublie de l’enlever de mon porte feuille avant de partir). Elle rake, mais je lui fais un beau sourire et lui dit un <<Spassiba Balchoye>> ( grand merci) qui l’apaise quelque peu. Nous n’avons donc pas donner les 500T. Au moment de partir je vais pour recuperer ma C.I. et dessus il y avait un postite attaché avec un trombone qui disait que je devais les 500T.

La receptionniste etait nouvelle, surement pas au courant de l’histoire, elle tend la C.I.  en me demandant si je revenais. J’ai dit qui Oui et nous avons mis les voiles. La patronne pourra s’asseoir sur ses 500 T…

Ensuite, et c’est pour cela que nous etions revenus a Almaty, nous sommes alles a l’ambassade d’Ouzbekistan pour tenter de recuperer nos visas. Il etait 12h, et l’ambassade n’ouvre ses portes qu’a  14h30. Apres 4 kms dans la ville, nous nous arretons dans un <<magasine>>. Nous prenons de quoi pique niquer et nous allons nous installer devant la porte de l’ambassade. Nous inscrivons notre nom sur la liste de passage, nous serons 4eme. Nous mangeons. 14h10, un garde m’appelle et prend note de nos passeports.14h30, nous rentrons, Stef demande a garde de surveiller notre velo. Il dit Oui. 2 minutes après nous le voyons dans la cour interieure…. 14h45, nous sortons visas en poche! Nous sommes contents!

Nous reprenons donc la route pour quelques heures seulement car le soleil se couche de plus en plus tot, et nous aimons poser la tente avant qu'il fasse nuit. C'est plus pratique pour manger et tout preparer !
Nous faisons 57 kms a presque 25 km/h de moyenne, en empruntant une petite route secondaire, pleine de trous, facilement evitable a velo mais pas en voitur, ce qui la rend tres tres calme. Nous nous couchons ravis.
Le lendemain, nous reprenons cette meme route, ou des agriculteurs font secher des graines de tournesol sur le bitume. Ils ont une petite machine dans laquelle ils mettent manuellement les fleurs de tournesol et d'ou il ressort les graines et les restes melanges. Ils sont sympas comme tout, et evidemment nous repartons avec notre sac plastique plein de graines.
Il a fallu se battre pour ne pas en avoir 15 kg, comme d'hab !
Nous nous arretons ensuite dans le village de Malovodnoe, ou une quiryelle de marchands de fruits s'entassent le long de la route. Kiwis d'Iran, grenades d'Ouzbekistan, pommes, raisins, pasteques, melons kazaks, enfin toutes sortes de fruits, plus delicieux les uns que les autres, mais j'arrete de le dire, vous pensez deja que je me repete... Bref, on en fait le plein, meme si les 3/4 nous sont offerts, avec en prime un the et des gateaux par 2 marchandes bien rigolotes. Nous faisons 108 km, et posons le camp quelques km avant une ascension, que nous nous reservons pour le lendemain.
La nuit commence bien, elle est douce - il faut dire que la journee a ete particulierement chaude pour une fin septembre avec 28 degres a l'ombre et 40 au soleil. Vers 21H cependant, le vent se leve et bouscule la tente, de plus en plus violemment.
La pluie s'en mele. Il vente tellement que j'ai la toile qui me vient sur le visage, et je me crois dans un kway en train de m'ettouffer... Impossible de dormir, ca fait trop de bruit. Les arceaux plient. Nous les avions choisi (il y a plusieurs annees deja) en aluminium et non en fibre pour ne pas qu'ils cassent. Ils plient donc, mais tiennent le choc. Stef se leve plusieurs fois dans la nuit pour verifier l'interieur et l'exterieur de la tente (sardines bien plantees, ...). C'est bien, on a l'impression d'etre au milieu de l'Atlantique Nord, ca change... Ceci va durer un bon moment, mais au moment de partir le lendemain, la toile aura presque totalement sechee.
Nous nous levons tot, car nous savons que la journee va etre longue -nous ne doutions pas a quel point. Le temps est gris et le ciel est meme bien noir a l'Ouest. Commence alors entre le ciel et nous une course contre la montre, une course poursuite contre la pluie. Nous nous depechons. Les 4 premiers km sont descendants, puis nous attaquons la 1ere difficulte du jour. 12km et 600 m de denivele. C'est pas enorme, mais la repetition des efforts fera tres mal. Nous montons a un bon rythme, et la pluie semble rester a distance. Arrives sur le plateau, le vent de la depression se fait sentir. Il est tres violent, mais dans notre dos. Il nous pousse et nous parcourons les 30 km de plat suivants en moins d'une heure. La pluie est sur notre droite et semble se rapprocher derriere aussi.
Arrive maintenant la 2eme difficulte du jour. 8 km et 600m de denivele. Le probleme, c'est que comme la route tournicotte, le vent ne nous pousse plus... Dur ! S'en suit une bonne descente, bosselee malheureusement, mais le compteur affiche tout de meme
65 km/h.
3eme difficulte, une petite bosse, de qqes km seulement, mais a tres fort pourcentage. Nous avons deja fait presque 60 km, et il est midi. La pluie approche, c'est sur, mais la frigale aussi. Il faut choisir. Les estomacs prennent le dessus. Nous nous arretons
1/4 d'heure pour avaler pain, tomate, fromage et s'hydrater. Nous sommes de nouveau sur un plateau. Ca y est quelques gouttes arrivent sur nos epaules. On appuie encore un peu plus, il y a un village a 12 km. Nous nous posons dans un cafe, et 10 minutes
plus tard, le deluge commence. Pendant 1h30. Nous en profitons pour siroter du the et avaler quelques celebres barres chocolatees.
Au moment de repartir, nous avions le choix entre 2 routes. Nous demandons alors notre chemin. Comme d'habitude, la 1ere personne nous en indique un, et la 2nde un autre. De toute facon, nous avons adopte une technique simple : nous demandons plusieurs avis,
et la direction qui obtient la 1ere 3 suffrages est la notre. Un 2eme avis, un 3eme, c'est parti. Aie, les cuisses font mal.
Deja plusieurs de selle, 75 km et beaucoup de montees...
Les 10 km suivants se font tranquillement. Il fait frais et le temps est bien gris. Et puis nous attaquons la derniere difficulte de la journee, mais quelle difficulte ! Ca commence par un enchainement incroyable de cotes de petites descentes bien cassantes, dans de magnifiques gorges, puis fini les descentes, jsute des cotes, a pourcentage variable. Les bornes sur le cote defilent tout doucement, nous roulons a peine a 9 km/h. 8 puis 7 km encore. Nous commencons vraiment a etre claque, mais on sent le bout arriver.
Allez, plus que 4 km de montee. Nous continuons. Tiens bizarre, nous apercevons la borne "0" et il y a encore une longue cote apres. Pas grave, le col ne doit pas etre si loin. Erreur. Arrives a ladite borne "0", une nouvelle serie de bornes recommence,
indiquant 6 km. 6 km encore plus dur. Mon altimetre indique deja plus de 1800m d'altitude ! Les cuisses sont dures, les mollets aussi. J'en peux plus. Stef pousse derriere, elle a encore du jus. Nous nous posons la question : "on se pose ici ?". Au bord de la route, apres une grosse pluie, dans le froid... bof, allez on continue. Nous essayons de tirer au maximum, de lever, de pousser, d'utiliser tous les muscles possibles pour repartir au mieux l'effort. Stef se leve et se met en danseuse, ca me soulage.
Je me sens pas bien depuis quelques km deja. J'ai froid. J'ai chaud. J'ai des vertiges (un peu). Les camions nous doublent, mais vont a peine plus vite que nous. Le compteur indique 8, puis 7,5 km/h, c'est l'horreur. La remorque les saccochent nous tirent vers l'arriere, on a envie de lacher le tout. Finalement, nous atteignons le col. Nous mettons les vestes pour la descente,nous voyons, a une quinzaine de km, Kegen, notre point de chute. Apres encore une bonne dizaine de petites cotes qui finissent totalement de nous achever, nous atteignons la ville. Par chance, il y a un petit hotel, de 2 chambres de 4m2. Il n'y a pas de douche et les toilettes communes sont seches. Pas beaucoup d'interet dans ces conditions d'aller a l'hotel... Si, un : la chauffage dans la chambre et des lits - meme si nous aurons l'honneur de dormir dans les memes draps que nos predecesseurs. Nous utiliserons nos draps de soie.
Il recommence a pleuvoir. Il est 18h, nous avons roule 6h pour 108 km et je ne sais combien en denivele cumulee, mais beaucoup trop. Nous avons froid, je suis meme gele. Il est temps pour nous de manger. Malheureuseument, les cafes proches de notre hotel sont tous reserves pour la soiree. Ce sera pates tant pis. Nous nous couchons habilles a 19h. A 20h, nous nous levons pour nous mettre dans nos duvets, j'ai toujours froid. Stef s'endort. Pas moi, je sens mon coeur battre dans tous mes membres. Allonge, je dois etre a 80 de pluse, c'est pas bon signe tout ca. Je prends le thermometre, verdict : 41,5 degre. Houla, doit y avoir un bug. Ah oui, je l'ai pas secoue. Rebelotte. 39,5. Pfff, j'ai la flemme, ou plutot je n'ai pas la force d'aller chercher les medocs, et je ne veux pas reveiller Stef. Si dans 1 heure ca ne va pas mieux, je fais qqch. 1 Heure, kif kif, 39,5.
"Stef, tu dors ?"
"hmmm, hein, ch'ai po, koi, kess kya ??"
"j'ai 39,5 de fievre..."
D'un bond, elle se leve et fait de l'archeologie dans les saccoches pour me trouver 1g de paracetamol, et un gant d'eau froide.
"Envoie un sms, pour savoir ce qu'il faut que je prenne d'autre..."
"Y a pas de reseau !"
Bon, ben on va se debrouiller, mais en tout cas, on n'appellera pas de medecin du coin, ca c'est sur, je prefere m'arracher une dent avec du fil peche et un cure-dent. Anti-bio ou pas ? Allez, non, on va faire confiance aux anti-corps. Stef lit la notice des cachetons : "si votre enfant a plus de 38,5 - passons pour l'enfant - pour faire baisser la temperature ne le couvrez pas trop".
Ils sont marteau eux ! Je me caille des pieds et ils veulent que je me debraille !
Stef met le reveille pour 4 heures plus tard, afin d'avaler 1g de plus. A ce moment la, la fievre aura baisser a 38,2 et le lendemain matin, plus rien !
Nous dormons jusqu'a 10H, et partons a midi pour la frontiere Kirghize. Nous roulons tout doux, pas vraiment frais, d'autant que la route se tranforme vite en piste. Une fois de plus nous nous trouvons devant 2 routes, sans panneaux et avec 2 avis contraires.
Le probleme, c'est que dans cette vallee (a 2000 m), il n'y a pas grand monde, et attendre 3 avis indentiques sera difficile.
Une voiture arrive, ouf. Nous faisons signe, et le grand-pere a l'interieur ne veut pas s'arreter. Finalement il le fait, et nous lui
demandons :
"Le Kirghyzstan, c'est bien a gauche ?"
Il nous repond : "non, non, moi je vais a droite !"
"Tres bien tres bien, mais sinon, le Kirghyzstan, c'est bien a gauche ?
- ah... euh oui oui..."
2eme avis, nous continuons la route, mais pas encore totalement rassures.
1/2 heure plus tard, un camion arrive, et lui non plus ne veut pas s'arreter. Nous comprendrons par la suite que des qu'il s'arrete, il cale, et qu'il faut le redemarrer a la manivelle...
Nous discutons 3 minutes et posons la question :
"Le Kirghyzstan, c'est bien tout droit ?"
Et ils nous repondent :
"non, non, nous allons a droite !"
Decidement...
Enfin nous arrivons a la frontiere. La encore, moments comiques. D'abord du cote kazak, tout est ecrit a la main sur des registres.
Ils recopient les passeports. Tout se passe bien, ils sont cools. Tout est en regle... jusqu'au moment ou le gars me demande les papiers du velo ! Il voulait voir sa carte grise ! Je manque d'eclater de rire, et lui fait comprendre qu'il est presque ridicule.
Ensuite, du cote Kirghize, idem, tous les registres sont a la main, mais attention, ils sont a la pointe du tampon. Eh oui, un tampon bicolor, avec la date en bleu et le contour en rouge, ou l'inverse, me rapelle plus. Tout se deroule normalement, et lui aussi me
demande la carte grise du velo, mais la je ne peux me retenir et pouffe de rire. Finalement, nous aurons a passer dans une derniere cahute, ou, stupeur, ils nous ont photographier avec une webcam, comme dans les aeroports occidentaux...
Contents, nous reprenons la route pour 6 km dans la magnifique vallee de Karkara. Nous trouverons une petit gargotte au milieu de nulle part qui nous preparera du the, du pain tout juste sorti du four, et du beurre tout juste barrate. Un peu fort le beurre, mais ca fait du bien par ou ca passe. Le soir nous y prendrons notre diner, avec au menu mouton et petits legumes et grosse dose de sel.
Derniere chose. Quand vous plantez la tente au milieu d'un pre, de jour, et qu'apres diner il fait "black night", comment vous la retrouvez la tente ??? Meme avec la lampe de poche, le faisceau n'allait pas assez loin... Nous avons donc pu mettre en pratique nos lessons de ... navigation sous-marine de nuit, et sans compas s'il vous plait (pas malin, on l'avait laisse dans la tente).
Du coup, ca nous a fait notre petit jeu du soir avant de nous endormir du sommeil de l'enclume, comme dirait Renaud.

Voila, depuis nous avons rejoint Karakol et demain nous partons pour un trek de 2 jours a cheval dans la montagne et les sources chaudes. Stef est aux anges, quant a ma premiere fois sur un cheval pas en bois, ben on verra bien !!