Afficher article  Gonur et Merv

Gonur

Situe a plus de 60 km de Mary (au Turkmenistan), en plein desert du Karakoum, le site de Gonur etait longe a l'epoque par la riviere Mourgab. C'est evidemment la raison pour laquelle, cette cite a vu le jour a cet endroit. Les migrants de l'epoque ont trouve les conditions necessaires pour s'y etablir. Depuis, le lit de la riviere s'est deplace de plusieurs dizaines de kilometres, et les populations l'ayant suivi, il n'y a plus personne aux alentours.

L'excursion requiert un 4x4, pour passer les pistes sablonneuses qui menent au site. Notre guide nous souligne au passage, qu'il y a 30 ans a peine, il n'y avait strictement rien. Mais certains politiques ont eu la riche idee de developper la culture du coton, en prelevant l'eau de l'Amou  daria, a l'aide du plus grand canal du monde, le canal du Karakoum, quelques 1500 km en plein desert. Il va sans dire que cette irrigation contribue a l'assechement de la Mer d'Aral (cf photos et articles, rubriques Ouzbekistan).

C'est en 1972 que l'archeologue Greco-Russe Viktor Sarianidi commence les escavations de la capitale perdue de l'oasis de Gonur. Ces dernieres constituent le plus vaste chantier de fouilles du Moyen Orient et Gonur serait considere comme la 5eme grande civilisation antique avec celles de l'Egypte, de la Mesopotamie, de la Chine et de l'Inde. Actuellement, tous les scientifiques ne sont pas d'accord pour accepter cette idee, mais comme chaque grande decouverte, il faut du temps a l'establishment pour reconnaitre le travail d'un confrere. A noter, pour les parisiens, que le 15 decembre 2006 au Louvre a 12h30 (a l'auditorium, acces par la pyramide), Viktor Sarianidi en personne, tiendra une conference sur les fouilles et les dernieres decouvertes ! Allez-y, vous ne le regretterez pas !

Ce qui est incroyable dans la decouverte de Sarianidi, c'est que, soit il a eu un bol monstrueux, soit il a un flair a faire palir Hercule Poirot et Colombo reunis. Imaginez-vous un desert. Immense. Un desert brulant et hostile, au milieu d'un pays pas beaucoup plus accueillant. Certes, il savait que de l'eau avait coule dans le coin quelques millenaires plus tot, mais de la a aller chercher les vestiges d'une des plus grandes civilisations de tous les temps, a 3 metres sous terre au milieu de nulle part ! En plus, il fallait avoir le courage, les conditions d'acces dans les annees 70, et de vie a ces latitudes, etaient, pour le moins, excecrables. Il est venu, il a creusu, il a trouvu. Je ne sais pas si nous sommes assez clair pour presenter son exploit, mais il s'agit d'une des plus grandes decouvertes archeologiques de tous les temps.

Quelques elements : Gonur fut le centre d'une des plus anciennes civilisations celebrant le culte du feu (comme a Bactriane en Afghanistan).

Pour Sarianidi c'est a Gonur que serait nee la premiere religion monoteiste : le zoroastrisme. Quatre temples du feu ont ete exhumes. Certains restes sur des ceramiques ont fait apparaitre un rite base sur une potion hallucinatoire composee de pavot, de haschich, de lait et d'ephedra. Un truc que quand t'en bois un peu, tu dois planner beaucoup...

Quelques parties ont ete restaurees comme le palais royal. Il est constitue de grandes salles, decorees de colonnes et de renfoncements dont les angles sont formes "d'autres angles" caracteristiques de cette cite. Dans ces derniers etaient certainement disposes des statues ou autres vases.

Cette civilisation produisait de grandes poteries, mais aussi de petites poteries ou ivoire finement decores. Ils maitrisaient parfaitement l'art de la ceramique, et en produisaient des quantites astromiques, aux formes parfaites (bien plus belles que celles retrouves sur le site medieval de Merv, 3000 ans plus tard) et aux couleurs vives.

La ville comportait un systeme d'irrigation a en rendre ridicule les villes actuelles d'Asie Centrale, ainsi que de bassins de purification d'eau.

Aussi, ils faisaient cuir la viande sans que les flammes viennent toucher le sang de l'animal (rite Zoroastrien). Pour cela (voir photos), ils utilisaient un double four, alimente par le bois d'un arbre a haut pouvoir calorifique (on donnera le nom, que nous avons oublie, quand on aura entre les mains le papier sur lequel on l'a note!)

Les fouilles ont permis de remonter jusqu'a 3 000 av. JC.

Merv

Le site est immense, etendu sur 100km2, il est classe au patrimoine mondial de l'Unesco.

On le nomme egalement Margouch ou Margiane.

A l'epoque des perses Sassanides, les boudhistes, les chretiens, et les zoroastriens cohabitaient en paix dans cette oasis. C'est d'ailleurs le point le plus occidental de "l'expansion" boudhiste, si on peut employer ce terme.

En 1218, Gengis Khan avait exige de la cite de lui offrir ses plus belles femmes et une dime exhorbitante sur les cereales. Les Seldjoukides refuserent. Erreur fatale ! En effet, un des fils de Gengis Khan, Tolui (repute pour sa brutalite), se presenta 3 ans plus tard avec son armee mongole. Chaque soldat avait comme devoir de decapiter 300 a 400 citoyens, rien que ca. Probablement 1 million de personnes perirent lors de ce massacre. La cite fut mise a sac et seuls quelques uns des plus somptueux monuments furent epargnes, comme le mausolee du Sultan Sanjar.


En conclusion...

Le site qui nous a le plus plu est celui de Gonur, de part sa situation geographique (en plein desert) et de part sa recente decouverte et des avancees des recherches. On s'imagine egalement tres bien, sur ce site charge en emotion, la citadelle, il y a quelque 5000 ans, et ses habitants deambulants dans les ruelles. La un marchand, ici un potier, et les chefs religieux en transe buvant de leur potion a faire rire un parisien dans un embouteillage. Une des dernieres decouvertes est une tombe dans laquelle ont ete retrouves des ossements de cheval. Malheureusement le site est tres peu protege des intemperies et des rares visiteurs (surement par manque de moyens) : nous avons le droit de marche n'importe ou (alors que les murs sont composes de pise), des ossements de chiens de l'epoque restent a l'air libre et du coup se cassent avec le temps...

A noter que le site recoit vraiment peu de visiteurs, vu, deja, le pays dans lequel il se trouve, et vu la difficulte pour l'atteindre.

C'est etonnant ce que l'homme savait deja faire a cette periode ! Et certains devraient venir faire un petit tour et prendre quelques idees.


Afficher article  Le Turkmenistan

Apres les merveilleuses "villes de la soie" de l'Ouzbekistan, nous avons mis cap sur le Turkmenistan. Oui, je sais, le Turkmenistan fait partie des pays dont on ne connait aboslument rien… Alors pour planter le décor, il s'agit d'une des pires dictatures de notre belle planete. Les opposants au regime ont tous (bizarement) disparus, et le president, Niazov, gere d'une main de fer cette ex-republique sovietique. Tous les medias sont bien sur controles et chaque journal doit, lors de chaque edition, mettre 2 ou 3 pages d'articles venerant leur chef, avec, en prime pour le meme prix, une photo pleine page tout sourire... Il en est de meme pour les chaines de television, ennuyeuses au possible.

Il y a quelques annees, il a essuye un attentat a la mitrailleuse, sans degat... pour lui. Il en a profite pour durcir encore un peu plus ses regles. Beaucoup d'observateurs pensent qu'il a commandite lui-meme, comme un grand, cet attentat manque pour justifier sa repression. Des micros sont dissimules dans les hotels et les restaurants pour touristes, nous sommes prevenus, nous utiliserons, pour parler des choses sensibles, notre accent Stephanois, que seuls les inities peuvent dechiffrer !

Apres cette breve desciption, vous en savez autant que nous sur ledit pays. Nous passons notre derniere nuit sur le sol Ouzbek dans un hotel sans eau ni toilettes, mais pas cher, mon frere, 2 Euros la nuit, pour 2 matelas et un tout petit peu de chauffage (12 degres dans la chambre). Reveil a 6H00 et depart a la premiere lueur de l'aube. 30 km nous separent de la frontiere, que nous souhaitons atteindre pour l'ouverture. Il fait bien froid encore ce matin. Nous rejoignons le "bout du pays", et voici comment se deroule un passage de frontiere en Asie Centrale :

Premiere barriere, un militaire nous demande nos passeports. OK. Nous faisons 2 metres, 2eme controle. 10 metres de plus, 3eme controle. Ensuite, je monte dans une cahutte. La, un militaire inspecte tous les enregistrements de nos nuits en guest house, pour s'assurer que... ben je sais pas en fait. Heureusement, il n'est pas bien reveille, et ne se rend meme pas compte de nos nombreux "trous" dans les dates, vu nos nuits en camping ou chez l'habitant. Il me dit de circuler. Nous passons au poste suivant, mais  nous nous faisons rappeler. Il faut repasser a la declaration ! Blablabla, remplir des papiers en russe, se faire enregistrer une fois de plus sur des cahiers ecrits a la main, et ce coup-ci, c'est bon. Nous ressortons, 1, 2 puis 3 controles de passeport en 5 metres, avant d'entrer dans un nouveau batiment, pour avoir le tampon de sortie. La dame devant moi s'est fait vider tous ses sacs, gloups, pourvu que ca ne nous arrive pas. La douaniere me regarde, et me demande ou est Stef (je lui presente les 2 passeports). Il faut qu'elle vienne, et donc laisser le velo dehors. Pour rompre la glace, je lui dit : "il fait froid, hein !" (les bureaux ne sont pas chauffes). Elle me repond froncant les sourcils : "Et en France, il fait pas froid !?!". "Euh, si si, meme beaucoup plus froid qu'ici, et puis il pleut beaucoup, bouh lala". Cette phrase a l'air de mieux lui aller, tant mieux, 2 coups de tampons et nous foncons vers le Turkmenistan.

Alors le probleme ici, c'est que l'Iran importe pas mal de choses de l'Ouzbekistan, qu'entre les deux pays, ben il y a le Turkmenistan, qui ne se laisse pas traverser comme ca. Les routiers doivent se munir de nombreux papiers et autorisations, et la queue a la frontiere est consequente. Je me mets dedans, et deja, apres quelques mots, nous sommes invites par l'un d'eux a Mashhad. Ca n'a pas traine ! Voyant que la file ne diminuait pas tres vite, je m'avance vers un jeune militaire, et lui explique que nous sommes en velo, et que nous ne pouvons pas rouler de nuit... Les routiers me proposent aussi de leur passer devant, et en 1/4 d'heure, nous sommes devant les douaniers pour nous enregistrer. Alors premier guichet, on donne les passeports, pour etre rentre sur les ordis. Ensuite, guichet numero 3 pour la declaration, puis guichet numero 2, pour payer une taxe quelconque de dix dollars, puis re-guichet numero 1 pour montrer nos papiers des precedents, et recuperer passeports et coups de tampons. Ouf, c'est fait. Sauf que le jeune qui m'a fait entrer me dit :

"Vous pouvez y aller, mais vous n'avez le droit de sortir que par ce couloir".

Or le velo est dehors, lui.

"Vous devez faire passer le velo par la.

- C'est une blague ?

- Non non. Les regles sont les regles et ce n'est pas moi qui les ai faites", dit-il en se marrant.

Allez, c'est parti, et que je te monte les escaliers avec le velo, esquinte 2 ou 3 pekins dans l'etroit couloir a grand coup de guidon et de poignees de freins, mais le tout dans la bonne humeur et les rires des uns et des autres. A noter que les douaniers Turkmenes parlaient tous un bon anglais, suffisamment rare pour etre souligne !

 

Nous voila donc cheveux au vent dans le desert turkmene. Nous gagnons Turkmenabat, ou nous voulons prendre dans la foulee, un taxi pour Mary, a 250 km. Nous n'avons en effet qu'un visa de transit, et impossible de parcourir les 600 km en 4 jours, d'autant que nous souhaitons egalement visiter. Les tarifs commencent a 100 dollars la course. Nous eclatons de rire. Pof, ca tombe a 50. C'est encore beaucoup trop monsieur. Nous tombons finalement d'accord pour 15 dollars US, ce qui est bien paye pour lui, et ok pour nous, d'autant que nous occupons le mini-bus tout entier avec le velo, la remorque, les bagages et nos 2 carcasses.

 

Nous sommes dans notre taxi, et prenons le temps de nous rememorer tout ce qui s'est passe ce matin. Il y a une autre chose vraiment etonnante ici, c'est la monnaie, appelee Manat. Le cours officiel est de 5750 Manats pour un dollar, environ. Ca, c'est le cours que l'on a si on va dans une banque. Sauf que, au marche noir, pour 1 dollar, on recupere jusqu'a 24 000 Manats !!! Incroyable. Lors de notre entree sur le territoire, par exemple, la taxe de 10 dollars, correspondait a 57 500 Manats, mais bien sur, nous n'avions pas le droit de payer en Manats... Au marche noir, les "changeurs" essaient toujours a des taux tres bas au debut, environ 15 000 Manats, et il faut negocier ferme pour obtenir le bon taux.

Nous arrivons a Mary en plein coeur du pays et nous prenons peur en voyant la tete de Niazov placardee sur tous les murs. Il fait nuit et les lumieres qui eclairent son visage rendent la scene encore plus glauque. La ville est composee de places immenses et pleines de vide, au milieu desquelles tronent souvent des statues de... Niazov. Il est deja tard mais nous avons ete efficace sur cette journee : 70 km de velo, un passage de frontiere et 250 km de voiture. Il nous faut trouver un hotel a la hate, et le choix est plus que limite : hotels de luxe a plus de 50 $ la nuit, ou un vieil hotel de l'Intourist sovietique sans chauffage et avec de l'eau chaude de 21h30 a minuit.Ce charmand etablissement decrepi ne propose cependant rien a moins de 30 $. Enervant. Nous partons a la recherche de quelque nourriture pour nous remplir l'estomac, mais n'avons pas la force d'aller trop loin. Nous trouvons une petite table, sur laquelle nous partageons une mauvaise soupe avec quelques cafards.

 

Pas vraiment repus, nous rentrons a l'hotel pour devorer nos kakis et grenades restants. La receptionniste, sympa et ouverte, nous prete son telephone, afin que nous joignions Yevgenia, ancienne conservatrce du musee de Mary et guide reconnue, specialisee sur les sites medieval de Merv et antique de Gonur. Un article sera publie pour les decrire un peu plus en detail. Par la meme occasion, Yvevgenia nous degota un super hotel bon marche un peu a l'ecart du centre.

Le lendemain de l'excursion, il est temps pour nous de gagner l'Iran. Encore un peu de taxi (nous avons engage le meme chauffeur que la veille a Merv et Gonur) et quelques kilometres a velo pour atteindre la frontiere. Cote Turkmene, les choses se sont vite compliquees. Des la premiere cahutte, les 2 jeunes soldats et leur chef nous harcelent de questions, pas toutes en lien avec des formalites douanieres. Au bout d'une demi heure, nous commencons a monter en pression. Il nous faut passer les barrages au plus vite, pour pouvoir gagner Sarraks en Iran avant la nuit. Nous finissons par etre autorises a avancer vers des bureaux. 2 ou 3 routiers Russes nous aident a remplir un formulaire, et une fois de plus, nous nous inserrons dans une queue. Un subalterne nous demande nos passeports. Il prend celui de Stef, et tourne les pages sans trouver le visa Turkmene ni la page avec les civilites. Pour ne pas paraitre ridicule, il reste bloque sur un vieux visa du Laos. Pendant ce temps la, un Iranien lambda, s'est saisi du mien et commence a le feuilleter, a l'aise. Stef lui dit :

"T'es de la police ?"

Le bonhomme hoche les epaules, sourit et continue. D'un geste decide, Stef lui prend le passeport et le pose devant le douanier. Nous sommes en train de froler l'incident diplomatique : une femme qui tient tete et donne des ordres a un homme Iranien ! Il se mord le coin droit de levre inferieur, les yeux exorbites, et nous pouvons meme voir de la fumee sortir de ses oreilles. Que va -t-il se passer ?? Heureusement, nous sommes encore du cote Turkmene et l'atmosphere s'apaisera d'elle-meme. Un quart d'heure plus tard, nous passons devant un officier, qui nous demande de faire une declaration de sortie. On frole le ridicule, vu que nous n'en avions pas fait pour rentrer. Il nous demande ainsi a voir nos appareils photos, bagages et a declarer nos dollars. Il doit nous manquer une bonne poignee de neurones pour en comprendre l'utilite. Bref, on vous passe encore d'autres peripeties, avant de passer au guichet pour obtenir le tampon de sortie. Le gars met encore un quart d'heure pour l'appliquer, et nous bouillonnons, d'autant qu'un sous-fifre demande a Stef de ranger le velo toute seule et devoir, pour cela, passer un trottoir. Je l'entends appeler au secours et cours la rejoindre. Les douaniers ne veulent pas me laisser sortir, mais je ne leur en laisse pas le choix. Le velo gare, je retourne au guichet tampon, et on me demande qu'est ce qui arrive. Tres enerve, je m'emporte et crie dans cette petite enceinte qui resonne beaucoup. Du coup, le tampon sur le passeport de Stef prendra bien en tout une bonne dizaine de secondes ! Et zou, c'est parti, direction l'Iran.

.Tout se passe bien plus vite, dans une atmosphere tres detendue

La premiere chose qui nous surprend, c'est la couleur de leurs yeux. Vert jaune et profonds, impressionnant ! Et aussi bien chez les filles que chez les garcons ! La seconde, c'est la langue. Betement nous leur parlons en Russe et

ca fait bizarre de me plus rien comprendre a ce que nous

baragouinent nos interlocuteurs

 

 

NB : un petit mot sur la presentation de cet article... Il manque certains signent de ponctuation, et les debuts de phrases ne sont pas alignes, a cause de notre clavier en ... Farsi ! Comme ils ecrivent de la droite vers la gauche, il est assez difficile de dire au PC ou est-ce que l'on veut mettre les points, les espaces etc... Aussi, quand on appuie sur la fleche de droite le curseur va a gauche, et quand on appuie sur "home", le curseur va a la fin de la phrase... vraiment troublant, bien pire que le cyrillique. Et desole aussi pour la taille de la police, mais je suis en tain de devenir fou avec ces ordis en Farsi   ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

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