Afficher article  Le Pakistan

Plus de 150 millions de personnes, dont une grande majorite a moins de 25 ans, le nombre d’habitants a double ces dernieres decennies. Le taux d’alphabetisation est faible, et celui du chomage eleve. Du temps des britanniques, le Pakistan, l’Inde et le Bangladesh ne formaient qu’un seul et meme pays. Mais juste apres la seconde guerre mondiale, alors que les empires perdaient leur colonies, le sous-continent voulut egalement son independence. Le probleme est que les musulmans avaient peur de ne pas etre reconnus par la grande majorite Hindou. Ils ont donc demande aux grands britons de leur faire un pays rien que pour eux. Apres de nombreuses tractations, la couronne d’Angleterre a trace deux lignes au Nord-Ouest et au Nord-Est de l’Inde actuelle. Le Pakistan serait le pays des musulmans mais scinde en deux parties situees a plusieurs milliers de kilometres l’une de l’autre, et l’Inde celui des hindous. Au moment de mettre en oeuvre les frontieres, des millions de musulmans laisserent maisons et travail pour emigrer au Pakistan et les Hindous firent la meme chose en sens inverse. Lors des passages des frontieres des echaufs fourres eclaterent provoquant des dizaines de milliers de morts. Evidemment de nouveaux problemes sont apparus dans la gestion du Pakistan entre la partie occidentale et la partie orientale, de majorite bengalie qui n’est pas ou mal representee a Islamabad. Cette derniere demanda a son tour son independence et l’obtenue apres quelques bains de sang, ainsi nait un nouveau pays: le Bangladesh. Dans le Pakistan actuel, les populations parlent plusieurs langues differentes et certaines regions reclament egalement leur independence, et il n’est pas impossible que cela se termine comme la yougoslavie. Lorsque l’Inde a construit la bombe nucleaire, le president du moment a dit quelque chose du genre "nous mangerons de l’herbe s’il le faut, mais nous construirons aussi cette bombe". Ce qu’ils firent dans les annees 70. Ils ont le nucleaire militaire mais pas pour autant le nucleaire civil ce qui creer d’enormes coupures d’electricite provoquant le retard que nous avons dans l’ecriture de ce blog.

Enfin, les Pakistannais sont fous de cricket, un des sport (?) probablement les plus ennuyeux que l’homme ait pu creer.

Un petit mot de geographie : c’est bien au Pakistan que se situe le 2eme plus haut sommet du monde : le K2 culminant a plus de 8600m. L’Indus et ses affluents arrosent allegrement les plaines fertiles du Punjab (region le plus riche) tandis que l’immense Balochistan, desertique, est le moins favorise. A noter egalement qu’au NO a la frontiere de l’Afghanistan de nombreuses zones tribales ne sont pas controlees par l’Etat.

Cachemire et Taliban

Les Talibans ont ete longtemps aides des Americains pour bouter les Russes hors de l’Afghanistan. Mission accomplie, mais tout le monde connait la suite… Aujourd’hui, les Ricains fournissent des armes en pagaille au Pakistan ainsi qu’un bon paquet de dollars pour lutter contre ces memes Talibans. L’immense chance du pays reside dans le fait de posseder la bombe car l’occident fera tout pour qu’elle ne tombe pas entre les mains d’extremistes.

Non, le Cachemire n’est pas que pour fabriquer des echarpes et des pulls, mais c’est aussi une region situee au NE du pays frontiere avec l’Inde. D’ou vient le probleme ? Au moment de l’independance, le chef du coin avait le choix entre rejoindre l’Inde ou le Pakistan. Le hic, c’est que lui voulait rejoindre Delhi alors que la population de majorite musulmanes preferait Islamabad, et depuis c’est la guerre. Une guerre dans les montagnes qui coute 500 000 $ par jour a chacun des deux pays. Et surtout comble de la debilite humaine fait des morts des deux cotes alors qu’il n’y a pas de combats. Mais le froid et les conditions extremes s’en chargent. Le Pakistan a tente deux incursions mais s’est pris, a chaque fois, une grosse fessee par l’armee Indienne mieux equipee et plus nombreuse. Les Pakistannais voudraient un refrendum pour la population (ils seraient surs de gagner), mais bien sur l’Inde n’en veut pas. Et pourquoi l’Inde deja sigrande ne demord pas de ce territoire (Y a t il des richesses cachees ? Un enjeu geographique ? Toujours est-il qu’ils ont pourtant deja a faire avec leurs millions de km2 et leur milliard 200 millions d’habitants), ca nous n’avons pas encore compris ?! Reste a l‘ONU de trancher pour ce referendim, pour regler une fois pour toute ce conflit qui n’a que trop dure.

Afficher article  Lahore

Arrivee epique apres 6 heures de selle, dans une ville a la circulation plus que chaotique ! Camions, bus, Rickshaws, attelages d'anes et de chevaux, motos, velos, autos, pas question de faire dodo si on veut eviter les bobos !! Stef joue au chef d'orchestre a l'arriere du tandem, ce qui facilite grandement notre avancee. 1ere constation, l'air est vraiment charge. De nouveau, les yeux et la gorge vont nous piquer. Quelques adorables motards et cyclistes nous montrent le chemin, et l'un d'eux, finalement, nous prendra en charge jusqu'a la guesthouse voulue. Nous sommes HS, mais trouveront la force de partager la soiree avec 1 couple de cyclistes polonais.

La ville possede de magnifiques monuments, et malgre le nombre d'habitants, les gens sont globalement sympas. Le gerant de la guest house, nous propose de nous enmener a une celebration Souffi, mysticisme islamique. Ils nous placent au premier rang, et nous avons vraiment l'impression de tomber comme des cheveux sur la soupe. 2h30 de chants endiables, les groupes se succedent toutes les 10 minutes, et des rituels se mettent en place pour chacun d'eux. Une homme passe dans les rangs ramasser des billets, puis les lance un a un sur la tete d'un autre, designe nous ne savons trop comment. Des colliers de fleurs circulent, ainsi que des chales verts imprimes de versets du coran. La musique est tres agreable, quoique un peu forte (mais non, pas epicee !  ).

Un jour, alors que nous deambulions dans les rues, Stef me dit :

"Qu'est-ce que tu as sur le visage ?

- Ben ch'ai po !"

Quelques gouttes de pluie venaient de tomber, amassant au passage la crasse qui stagne dans l'air. Nos tetes et nos sacs sont tout mouchetes ! Sympa la ville !

Notre halte a Lahore nous a permis egalement de faire une grosse lessive, et de poster un nouveau paquet, emballe dans un linge cousu sur mesure ! Il est d'ailleurs deja arrive, efficaces ces Pakistanais !

Nous quittons quelques jours plus tard Lahore en compagnie de nos nouveaux amis polonais, pour rejoindre Amritsar en Inde.

 

Afficher article  Chef ! oui Chef !

Chose assez rare au Pakistan pour etre soulignee, le chef de district qui nous a invites, est une femme. De plus, elle est d'une timidite derangeante, et parle un anglais hesitant, alors que tous les hommes sous sa responsabilite le parlent couramment. Ce qui nous a egalement surpris ici, c'est que le foulard, contrairement a l'Iran, n'est pas obligatoire. Meme a la tele, les presentatrices le porte au niveau du chignon ! laissant apparaitre cheveux et visages. Ceci dit, les femmes ne courent cependant pas les rues, et les bourqas sont courantes, du moins dans les campagnes.

La chef nous double a une vingtaine d'Okara, ou elle reside. Elle finit par nous demander de passer la nuit chez elle, mais au prix d'un incroyable effort, tant elle n'osait pas le faire. Elle nous accueille, avec ses 3 enfants, dans une immense maison en cours de construction. Elle est adorable, et nous propose en guise de rafraichissement, des morceaux de canne a sucre, fraichement coupes, mais laves probablement a l'eau du robinet. Filtree ou pas, nous n'en savons rien. Delicieux. Un peu plus tard, son mari, avocat, arrive a la maison. C'est le genre d'homme qui rigole quand il se brule. Il a la bouche dans le mauvais sens, c'est a dire comme ca :-(, ou comme ca quoi . D'ailleurs, les enfants, pourtant encore tres jeunes, ont pris le mauvais pli de bouche. Mais heureusement, leur jeune age leur permet de se derider assez vite. Apparemment, le bonhomme n'a pas l'air d'etre enchante de notre presence. Il est vrai que nous ne sommes ni tres propres, ni tres presentables, par rapport a son costume. Nous ne sommes pas tres a l'aise, d'autant que son frere, qui vient d'arriver, commence serieusement a nous saouler les nerfs, avec ses commentaires et les pseudos conseils qu'il nous donne (impose ?).

"Vous ne devriez pas voyager en velo ! Combien vous donne le gouvernement ? Vous n'etes pas des touristes, qui vous a engages ? Et ton pere, il fait quoi ? Et ta mere, elle est ou ? Vous devriez tout prevoir, les etapes, et patati et patata..."

Pouh lala, ca va etre dur. On joue un peu avec les petits, je m'essaye au cricket avec les garcons (qui du haut de leur 10 ans me ridiculisent par leur technique) pendant que stef zieute les cahiers d'anglais de la fillette de 6 ans. Ils vont dans une ecole privee, et ont tous leurs cours en anglais !

Ils nous demandent par politesse ce que nous voulons manger, mais, pour la premiere fois, n'aurons droit qu'a un repas frugal. Ils apportent un pot de pickle (morceaux de fruits maceres dans un jus assez fort) pour m'en faire goutter. J'en prends un morceau, et l'avale. C'est pas tres bon, mais ca passe. A ce moment, le mari se met a eclater de rire, visiblement en se moquant, croyant peut-etre que j'allais detester. Pueril. Il faut savoir aussi, que madame la chef a droit a un gardien de la paix pour elle toute seule toute la journee. Il lui sert a tout, chauffeur, faire les courses (c'est lui qui a prepare le repas !) etc. Ce jeune a passe la soiree avec nous. Et puis assez vite, le propos est arrive a la religion. Grosse morale de nouveau, mais il est surpris de notre connaissance de l'islam. Il faut dire qu'apres plus de 4 mois en pays musulman, et 2 republiques islamiques, nous en avons appris des choses ! Il insiste cependant a ce que nous nous convertissions. Excede, je finis par lui dire qu'en Europe, la religion n'est pas une priorite, que ceux qui croient au bon dieu croient au bon dieu, quel qu'il soit, et que les autres, on les laisse tranquille. Et j'ajoute que je prefere faire du VTT dans les bois plutot que d'aller a la messe. Ca ne lui a pas trop plu... Il me prend evidemment l'exemple de Zidane. Personnellement, je n'ai aucune idee de la religion de notre zizou national. Qu'il soit musulman, chretien, ou qu'il ait du poil au pied, l'important c'est qu'il marque des buts ! En France, on definit un joueur par son poste, sa technique, sa vitesse, sa frappe de balle, mais pas par sa religion !!

A la fin du repas, nouveau coup de flip, le policier se tourne vers moi, d'un air grave et nous dit :

"Je sais que vous n'etes pas musulmans, mais quand viendra mon heure, et que je serais en face de mon Allah, je lui dirai que je lui envoie 2  francais, dont il faudra qu'il prenne soin."

C'est tres gentil ca, mais tu lui diras de ne pas nous appeler tout de suite quand meme !

Nous attendons l'heure du coucher avec hate, et egalement pour la premiere fois depuis tres tres longtemps, on ne nous propose meme pas de prendre de douche ! Nous dormons dans la piece centrale, et la maison est cadenacee telle une forteresse. La flic est hyper stressee, completement parano... Elle a cherche toute la soiree une escorte pour nous, et laisse les lumieres de toute la maison allumees la nuit. Meme dans notre piece ! Des gros neons dans le nez, pas facile de trouver le sommeil... Le lendemain matin, le pere se leve a 5 h, en nous le faisant bien remarquer. Nous prenons nos clics et nos clacs, et nous enfuyons dans la jungle urbaine de Lahore, a 141 km de la, ce qui constitue notre plus grosse etape depuis le debut.

 

Afficher article  Enfin des coups de pedale !

Apres un peu plus de 2000 km de bus en 3 trajets depuis Bander-e-Abbas (Un bilan kilometrique depuis le debut du voyage sera publie aux alentours du 03/02/07, date de fin de notre premier semestre), il est enfin temps de reprendre nos habitudes, notre routine a nous si j'ose dire ! Pour notre plus grand plaisir, nous traversons les plaines de l'Indus dans la region du Punjab. Temperature clemente (20-25 la journee), palmiers dans les champs de ble ou de riz, la pollution est derriere nous, et nous respirons a plein poumon l'air du berceau d'une des plus anciennes civilisations de notre belle planete.

Generation spontannee

Les gens sont curieux, et nous creont des attroupements en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. 50 ou 100 personnes sortent de nulle part, generation spontannee, qui viennent s'agglutiner comme des abeilles autour d'un pot de miel. Certes notre velo est jaune, mais quand meme ! Chose etrange pour nous, ils n'ont rien a faire de notre monture, et ne s'interessent qu'a nous. Nous pouvons laisser le velo contre un arbre, charge, avec les casques et les gants accroches sur les guidons, personne n'y touche, ils n'ont d'yeux que pour nous... Ils nous observent d'abord en silence, avant de nous poser des questions.

"Desole les gars, on parl' pas Urdu, ou Punjabi, ou je ne sais quoi... On parl' anglais et accessoirement francais."

Il faut dire que depuis quelques semaines, nous enchainons les langues differentes, et nous ne savons plus trop qui parle quoi. D'autant qu'ici ce n'est pas simple, chaque region ayant au moins une langue, plus la langue commune (Urdu) plus ou moins acceptee, et l'anglais pour ceux qui sont alles a l'ecole un peu longtemps, c'est a dire pas grand monde. Le taux d'alphabetisation est bas, ce qui ne facilite rien. Mais nous trouvons tout le temps un bonhomme capable de s'exprimer dans la langue de Mr Bean (ouah la reference ! ben oui, mais ca fait moins pompeux que Shakespeare, non ?). Les policiers notamment parlent presque tous un anglais parfait.

Petit boui-boui

Les midis, nous nous arretons dans les villages, enfin c'est toujours pareil, un village pakistanais, c'est pas Saint Julien Molin Molette ni Saint Julien Molhesabate (hop hop hop, si vous ne connaissez pas, il vous faut revoir votre geo ligerienne !), ca grouille dans tous les sens, pour prendre un dejeuner. Nous choisissons toujours un endroit ou les marmittes mijotent depuis des heures, histoire de zigouiller les amibes et autres potentielles bestiolles mechantes pour notre tube digestif. Dans ces grosses marmites donc, bouillonnent des lentilles, des poids-chiches, des patates, toutes sortes de tres bonnes choses, et pas trop trop epicees. Enfin si, c'est tres epice, mais ca reste digerable. Ca pique les levres et la bouche, mais c'est supportable. Ce que nous decouvrirons un peu plus tard a nos depends, ce que ca pique tres tres fort... les fesses ! On se demande d'ailleurs comment c'est possible que ca pique si fort a l'autre bout des tuyaux... En general ca passe au bout de quelques minutes, mais il est tout de meme inevitable de faire les quelques premiers pas en canard ! Toujours est-il que la nourriture est delicieuse, et est servie avec des chapatis a volonte, qui servent a recueillir ce qu'il y a dans les assiettes, car il n'y a pas de couvert. Souvent, dans ces petites echopes, les tenanciers nous font payer le quart ou la moitie de ce que nous mangeons (c'est a dire vraiment pas grand chose) pour nous faire goutter un peu a tout. Le yaourt, en fin de repas, est tres apprecie pour apaiser le feu des epices. Le plus dur a chaque fois est de partir, car ils font des pieds et des mains pour que nous faire rester jusqu'au lendemain.

Droles d'invitations

Sur la route, nous sommes invites par des familles, comme tres souvent. Mais comme souvent egalement, des fois ca ne peut pas coller, a cause d'un eloignement trop important du lieu d'habitation ou parfois le contraire. Ainsi nous nous retrouvons un jour a courir apres la montre, jusqu'a une ville ou une famille nous attend. Plus tot dans l'apres-midi, elle nous avait dit qu'il ne restait plus que 25 km pour l'atteindre. Or c'etait en fait plus du double, et le soleil se couchait tout doucement. Nous sommes alors en rase campagne, avec peu d'eau, et pas encore tout a fait rassurer a camper n'importe ou dans ce pays. Et puis, nous tombons sur un poste de police de la route. Je vais les voir pour leur demander si nous pouvons planter la tente dans leur jardin... La reponse est negative... ils nous proposent la chambre du chef de brigade ! S'en suit une soiree une fois de plus inoubliable. Nous sommes recu comme des pachas, tout le monde se mettant en 4 pour nous. Ils iront meme a faire 60 km aller-retour pour aller nous chercher un exquis et gargantuesque repas, alors qu'ils ont un cuisto a temps complet au poste ! Nous blaguons et discuter une bonne partie de la soiree, avant de tomber de fatigue pour nous, et de partir au boulot pour eux.

Police 2eme

Le lendemain, ils nous escortent (contre notre gre) jusqu'a la fin de leur zone de patrouille, et nous laissent entre les mains de leur collegues. Le chef de ce poste dit a son adjoint en me regardant : "La France est un pays ami, nous pouvons les recevoir". Heureusement que nous ne sommes pas Indiens. 2eme nuit chez les flics, meme reception, meme si l'ambiance est un peu plus serieuse ici. Ce coup-ci c'est 80 km qu'ils feront pour notre diner, toujours aussi bon. Ils nous font aussi visiter la salle d'armes, avec les pistolets, et leurs 2 sortes de fusil.

"Ceux-ci ont une portee de 2 km, c'est ceux qu'on enmene avec nous en patrouille. Les autres ont 4 km de portee, mais nous les enmenons jamais, ou qu'en cas d'urgence."

Un peu plus tard, je vois devant la porte un brigadier avec le gros fusil, je demande au chef :

"Je croyais que vous ne les sortiez jamais ceux-ci ?

- Oui mais la c'est un cas exceptionnel, c'est pour votre securite !"

Ils n'en feraient pas un poil trop la ?? Bref, nouvelle excellente soiree, et encore aujourd'hui (presque 1 mois apres) nous correspondons par sms et par email. Le lendemain, le chef de brigade nous demande de rester, car la chef de district souhaite nous rencontrer. Il nous assure que nous serons partis a 9h00. Finalement nous pourrons mettre les voiles a 11h30. Ce qui est rigolo, c'est que un peu plus tard dans la journee, nous croiserons ladite chef sur la route, et elle nous invitera chez elle, a Okara. La suite au prochain article car j'en peux plus d'ecrire ca me fatigue la tete !

Afficher article  Bahawalpur

Dernier bus

A cause principalement du fichu visa indien que nous avons eu a Tashkent (3 mois au lieu des 6 reglementaires), nous devons nous depecher pour traverser le Pakistan. Et meme si nous n'en pouvons plus des bus, nous nous devons d'en prendre un dernier pour gagner Bahawalpur. Encore une quinzaine d'heures de trajet, de nuit. Le bus est plein, comme d'hab, crado, comme d'hab. Les gens montent et n'hesitent pas a cracher dans le couloir ! Certains memes fument, et nous ouvrons notre fenetre pour ne pas etre asphixies. Tout le monde se caille, mais personne ne nous dit rien. Il faut choisir, froid et clopes ou chaud et sans elles.

Pour toutes ces heures de voyage, en tant qu'occidentaux prevoyants, nous avons acheter de quoi grignoter et quelques bouteilles d'eau, ce qui n'est pas le cas des locaux. Mais pourtant, il leur faut bien boire ! Pour cela, l'intendant, qui aide le chauffeur pour tout ce qui est des taches autres que la conduite, passe dans les rangs avec une bouteille en plastique datant de la premiere guerre, remplie d'une eau couleur "liquide de refroidissement qui sort du radiateur de ma vieille 205", et 1 verre, qui sert a tout le monde. Quand il arrive a notre niveau, siege 32 et 33, il nous demande si nous en voulons ! Une eau croupie servit dans un verre ou 31 personnes ont deja bave, non merci ! La premiere fois, il a du se dire : "zont pas soifs", mais a la 2eme, il avait vraiment l'air de ne pas comprendre pourquoi nous declinions.

Musique a fond, neons et lampes de couleurs, nous avons l'impression d'etre dans une (tres) mauvaise boite de nuit, filant a toute allure entre les camions. Dur de fermer les yeux, et c'est agards que nous atteignons la ville. Dechargement, puis chargement du velo, il est temps de trouver un petit hotel. Tour de la ville de bon matin, les Pakistanais nous regardent passer les yeux equarquilles. Au premier hotel, de categorie moyenne, ils voulaient qu'on laisse la tandem dans la rue et nous interdisaient de le mettre dans la chambre ! Au revoir ! Nous allons un peu plus loin pour nous installer dans un endroit ou nous sommes acceptes tous les 3 ! Tres bon marche, mais salle de bain quelque peu douteuse.

En bichonant la bicyclette, nous nous apercevons que le porte-bagage est casse. C'est l'autre bouffon d'Afghan de l'autre fois quand il est monte dessus sur le toit du bus... Nous partons illico a la recherche de quelqu'un qui pourrait nous le ressouder. Nous ne sommes pas alles bien loin a vrai dire, et nous avons pu decouvrir par nous memes, l'etonnant rapport a l'argent qu'ont une grande partie des Pakistanais. D'autres voyageurs (hein Maud et Cyril !)nous avaient dit que ce n'etait pas leur priorite, mais a ce point ! Pour la soudure et un petit coup de barbouille noire, le gentil monsieur nous a demande 10 Roupies, soit meme pas 1 de nos anciens francs ! Pour un travail parfait qui plus est. En grand seigneur, nous lui avons triple sa demande, et nous avons du insister lourdement pour qu'il accepte. On lui a dit d'en faire profiter ses 2 jeunes apprentis. Une photo pour immortaliser le tout, et tout le monde est content, eux, le velo, nous...

Bahawalpur, comme toute grande ville (allais-je dire, mais pour eux une ville de 500 000 habitants est a peine une grosse bourgade) du sous-continent qui se respecte, est etonnamment poussiereuse et polluee, quoique les habitants y font des efforts, et balayent tous les matins devant leur porte, mettant les detritus pas vraiment plus loin, mais au moins en tas. L'air prend a la gorge, qui gratte de plus en plus, et c'est vraiment une sensation desagreable. Nous prenons un mini-van bonde pour gagner Uch Sharif et ses magnifiques mausolees (http://biketrip.aliceblogs.fr/blog/DernieresPhotos/_archives/2007/1/19/2664461.html).

Sur place, nous rencontrons un couple de voyageurs belges, qui avaient embauche un guide a la journee, et nous invitent a se joindre a eux. Nombreuses visites, et retour dans leur voiture. Je m'approche pour remercier le guide et lui laisser un pour-boire, et encore une fois, nous avons affaire a un refus : "bah ! l'argent, c'est pas un probleme. T'en a plus besoin que moi, tu voyages a velo !". Ah bon... ben merci alors !

Afficher article  L'entree au Pakistan et Quetta

Nouvelle Frontiere (haha !)

Le passage de la frontiere se fait sans encombre, d'un cote comme de l'autre. En 1 heure a peine les formalites seront accomplies ; nous serons meme pris en photo par la douane pakistinaise, qui enregistre nos bouilles dans leur systeme. Il y a pas mal d'Afghans, dont 2 papys avec qui nous avons partage le pick-up de Zahedan a Mirjaveh pour reduire les frais. Mal traites en Iran, nous verrons ce qu'il en est de l'autre cote de la barriere.

Une fois encore, la frontiere nous fait passer d'un monde a un autre, sans transition, et c'est toujours tres etrange. Fini le routes goudronnees, les rayons des magasins remplis, les poubelles dans le villes, on a le sentiment de faire un saut dans le passe. Le physique des gens aussi change du tout au tout, il n'y a pas de doutes, nous venons bien d'entrer dans le "sous-continent". Tres vilain mot en francais d'ailleurs, qui donne un connotation plutot pejorative : on a l'impression que ca fait "sous-homme" ; en anglais, on dit "sub-continent", ce qui nous parait plus adequat.

La ville frontiere pakistanaise, Taftan, a, elle aussi, une reputation deplorable.

Nous trouvons en fait un petit bazar sympa, et y rencontrons des gens acceuillants qui nous proposent regulierement de venir boire une tasse de the. C'est ainsi que nous passons les 8 heures qui nous separent de notre nouveau trajet en bus, jusqu'a Quetta. Siroter du the en papotant avec des locaux sous un doux soleil... il n'y a pas de quoi s'alarmer. A noter, qu'a partir de maintenant, le the est noir, sucre, et servi avec du lait. Je ne cours pas apres, mais bon, ai-je vraiment le choix ??

Depart a 16h00, pour une nouvelle nuit dans le bus (ca fera 2 de suite), pour une arrivee prevue a Quetta vers 4h ou 5h du matin Inch Allah. Et ce coup ci, c'est pourquoi le "Inch Allah" ? "Ben de temps en temps, il y a des Talibans qui font des descentes (la route passe a quelques kilometres a peine de la frontiere), et arretent les bus. Ils cherchent principalement de l'argent, mais bon, ca n'arrive pas tous les jours" me glisse le patron de la compagnie... Nous voila rassures. Initialement, nous voulions prendre un train, que nous jugions plus sur, mais apres quelques recherches sur internet, nous nous sommes rendus compte qu'il avait ete arrete a plusieurs reprises pour causes d'attaques, un peu comme a Eldorado City (desole pour ceux qui ne connaissent pas Ensues!). Vu qu'il n'y en a que 2 par mois, des petits rigolos s'amusent a le faire derailler, ou a y envoyer des roquettes !

Dans le bus, toujours beaucoup d'Afghans, et une journaliste turque qui prepare un article sur nous, pour une revue pour jeunes adultes. Les routes sont particulierement mauvaises dans cette partie du Pakistan, appelee Balouchistan, et notre chauffeur nous fait quelques frayeurs. Un camion arrive en face, la route n'est pas assez large, mais nous roulons trop vite pour en sortir, nous risquerions de partir en vrille... Les klaxons hurlent, un coup dans le zig, un coup dans le zag, les 2 gros vehicules se frolent, mais ca passe, ouf ! "Aaaaaah !!" Y en a un autre derriere. Manoeuvre osee du chauffeur, personne ne sait vraiment comment s'est passe une nouvelle fois, mais tout le monde se regarde dans le bus, les yeux ecarquilles, et l'estomac dans les talons...

Il est vrai que nous aimons beaucoup l'asie : les gens, la culture, la cuisine, les fruits exotiques, les paysages, la nature, etc., mais il y a quelque chose que nous avons du mal a supporter : la musique. S'il y a vraiment un point commun a toute l'Asie, c'est cette maniere de chanter la haut, tout la haut dans les aigus, et ca casse la tete ! Et le gros probleme, c'est que dans les bus, ils la mettent a fond. C'est un vrai supplice (chinois pourrait-on dire), qui dure des heures, et qui empeche evidemment de dormir. S'en est douloureux. En plus, les melodies sont toutes identiques, et la recherche musicale, meme si je n'y connais pas grand chose, est bien loin du raffinement de leurs cultures.

Nous arrivons avec un bon mal de crane a Quetta a 4H30 du matin. Les gens, un peu agards, ne se pressent pas trop pour recuperer leurs bagages, sauf un des papys Afghans qui montent sur le toit du bus, et qui marche allegrement sur le velo couche sur le flanc. Je le choppe tres enerve par le col et lui fait comprendre qu'on n'est pas aux pieces, et que c'est un velo qui est sous ses pieds ! Mais c'est deja trop tard, le mal est fait, nous nous rendrons compte plus tard que le porte-bagage est tordu, mais surtout casse. Nous dechargeons le tout et devons suivre un taxi qui enmene des voyageurs dans un hotel du centre. Nous partons les premiers, et le taxi commence a klaxoner. "C'est bon mec, on sait que t'es derriere !". Il continue et amplifie meme ses coups de trompe. Oups, ici on roule a gauche ! Ben oui, mais a 5h00 du mat apres 2 nuits dans le bus, on n'a plus toute sa lucidite ! A peine a l'hotel, apres avoir aprement negocie le prix de la chambre, nous nous couchons pour une "sieste".

Quetta

Quetta est une ville a l'atmosphere etrange. Capitale du Baloutchistan, une des regions les plus pauvres du pays, elle comporte aussi beaucoup de Pashtuns. Dans la rue, on voit pas mal de bourqas Afghanes, les fameuses bleues avec le grillage. Ca tranche avec celles du Sud de l'Iran, meme si (et nous avions oublies de les mentionner avant) il y en avaient aussi la-bas de tres impressionnantes, en tissu brode de couleurs vives, qui recouvraient l'integralite du visage, avec juste de petites fentes horizontales pour les yeux. Precisons qu'elles n'etaient pas portees par les Perses, mais par les Arabes. Dans les rues, les Pahstuns, a la tres longue barbe, parfois orange car teintee au henne, se deplacent enturbannes et emmitouffles dans des sortes de couvertures qui servent a tout. Tapis de priere, tapis tout court pour se coucher dans le rue ou dans l'allee centrale du bus, mouchoir... multi-fonction quoi. Les visages sont fermes, mais nous allons vite comprendre pourquoi. Cependant, quand on leur sourit, tout se detend, et durant la journee, nous nous faisons souvent accostes par des quidams qui veulent simplement discuter. La nourriture est bonne, et dans les petites echopes, on trouve des mixtures de lentilles et de poids chiches, servis avec des delicieux chapatis (cuits au four tandoori) pour des sommes derisoires.

Les rues sont tres sales, et tout le monde y jete ces detritus. Il faut enjamber les amoncellement de dechet, dans lesquels vaches, chevres et moutons viennent "paturer". Ainsi, nous decouvrons que les vaches raffolent du carton mouille ! Quetta possede par contre un musee de geologie etonnant et passionnant. Gratuit (il n'a pas l'air d'etre pour autant pris d'assaut par la population), il renferme des collections impressionnantes de fossiles (certains ont plus de 500 millions d'annees !), de squelettes de dinosaures (dont une surprenante baleine a pattes et un herbivore d'une vingainte de metres), de pierres fluorescentes et phosphorescentes, et de mineraux provenant de toute la planete, avec en prime, leur utilisation dans l'industrie : lessives, detergents, crayons, processeurs, verre et beaucoup, beaucoup d'autres.

La nuit venue, pas besoin de compter les moutons pour rejoindre Morphee. Quelques heures plus tard cependant, nous sommes reveilles par une douzaine de coup de feu. Mais c'est le "quotidien de la nuit" ici, et le lendemain, nous apprendrons par le Balochistan Times que deux roquettes ont ete tirees, et qu'une descente des forces speciales pakistanaises a fait une quinzaine de morts du cote des Talibans. Ca avance, ca avance...