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Dimanche 3 Décembre
par
biketripalicefr
le dim 03 déc 2006 11:56 CET
Apres avoir pris le copieux petit dejeuner de la guest house en compagnie des autres voyageurs, il etait temps pour nous de mettre les voiles. Seance photos, comme d'habitude, le tandem fait un effet boeuf. Clic clac, les japonais nous prennent sous toutes les coutures. Ca rigole et ca blague autour du velo.
Il fait froid, et nous apprecions les gants degottes au basard de Chorsu a Tashkent. On ne sait pas trop s'ils sont neufs ou d'occas, ils ont l'air tout vieillot, mais leur fonction premiere de nous rechauffer les paluches est bien celle qui nous preoccupe, peu importe les couleurs. Nous en n'avions trouvees que deux paires, apres maintes incursions dans les etals, et peu de choix donc pour les tailles. Ceux de Stef sont immenses, mais a l'arriere, sur le velo, ce n'est pas plus mal car elle peut s'en servir de moufle. Les miens me vont a peu pres, et nous gardons nos gants en laine en dessous. Pour sortir de la ville, comme les fois precedentes, nous utilisons la technique des trois avis identiques pour nous decider. Moments caucasses, mais nous y sommes accoutumes : "Boukhara, c'est par la ? - Non, ici c'est Samarcande." Parfois les jours se suivent et se ressemblent ! Apres quatre heures et demi de selle, nous nous arretons dans une ville dont nous avons mange le nom (bouh...), ou nous savons qu'il y a un hotel. Nous voudrions eviter de dormir dans la tente, il fait trop froid, et le lendemain c'est trop dur de sortir du duvet pour mettre des affaires de velo gelees. Et surtout, il est difficile, avec l'effort, de rester dehors 24h/24. Apres 10 km supplementaires de "promenades" dans la ville pour trouver ce fichu hotel, Stef saute pour demander s'il y a une chambre de dispo et les tarifs. La receptionniste, peu gracieuse, les cheveux electriques et les lunettes sur le bout du nez, lui tend une des etiquettes qu'elle a disposees devant elle. Ces etiquettes ressemblent aux petits morceaux de papier cartonne des parfumeries, sur lesquelles elle a inscrit les prix. 24$ ! mauvaise pioche ! Il va falloir faire un effort... Deuxieme tirage : 20$, c'est toujours trop cher madame, allez encore un effort. Stef monte dans les chambres pour voir a quoi ca ressemble. C'est pas terrible, et en plus il n'y a pas d'eau chaude. Entre temps, des Ouzbeks sont arrives, et payent la chambre 2 Euros... Hum... pour nous c'est 20$ (en plus sans eau chaude) et pour eux 2 Euros ?? Allez, au revoir ! Il faut quand meme pas pousser memere dans les orties !! On trouvera bien quelque chose d'autre, au pire on a la tente. En ressortant de la ville, des jeunes essaient de nous viser avec des boules de neige... sympa. Un peu plus loin, d'autres nous montrent le ciel avec le plus grand de leur doigt... ils sont marteau ici ou quoi ?? C'est dingue, et ca nous l'avons remarque deja depuis quelque temps, comme d'une region a l'autre et meme d'une ville a l'autre, le comportement general des gens peut s'inverser... Mais c'est bien la meme chose chez nous, alors nous prenons notre mal en patience et faisons quelques km supplementaires pour quitter cette ville de cingles. Mais il nous faut nous depecher, la nuit tombe. Nous passons devant une chaikhana, au bord de la route. Nous nous arretons et Stef va voir la jeune fille qui vend des babioles et des en-cas dans sa glaciale cahutte. "Bonsoir, connaissez-vous un endroit ou nous pourrions poser notre tente pour la nuit ? un endroit a l'abris de preference ?" Alors, en fait, traduit directement du Russe ca donnerait plutot : "Bonjour, s'il vous plait, excusez-moi, avons tente, ou est pour la nuit ? il fait froid." La jeune fille nous montre instantanement une piece, a cote du restaurant de son beau-pere, et nous propose d'y passer la nuit. Il s'agit tout simplement de l'endroit ou la famille dort, en compagnie de quatre congelateurs remplis de mouton. La piece nous parait bouillante (il n'y fait que 12* en fait, mais quand on vient de dehors, ca parait tres chaud), et nous sommes meme autorises a y mettre le velo. Ca sent un melange de poissons, de mouton set de cigarettes, mais nous nous y faisons tres vite, d'autant qu'avec tous les va-et-vient des curieux qui nous rendent visite, la porte souvent ouverte, permettra d'aerer le tout. Dans le restaurant tenu par la sympathique famille, on ne mange que du poisson. Ce sont des enormes poissons d'eau douce (voir photos), frits a l'huile, accompagnes d'herbe et de plantes aromatiques. Nous en commandons 500 g et nous regalons. The et pain agrementeront notre repas. Vers 19H30, nous allons nous coucher, dans la tiedeur de la piece. Au bord de la route, avec des fenetres qui ne ferment pas vraiment, nous entendons les camions passer, mais pas longtemps, le marchand de sable avec son enorme brouette venant nous rendre visite tres vite... Le lendemain, nous discutons encore un peu avec nos hotes d'un soir, petite seance photo. Il a neige pendant la nuit, et il neige encore. Ils ne veulent pas nous laisser partir. Ils nous disent que ca ne va pas s'arreter, etc. etc., mais nous ne voulons pas perdre une journee de plus, surtout ici, ou il n'y a rien a faire. Nous enfourchons le tandem, et partons en direction de Navoyi. La neige tombe d'abord drue, avant de se calmer. Probleme : la neige qui fond sur la route sous les roues des vehicules nous est projettee en gadoue et vient se coller de partout sur le cadre du velo qui est tres froid. Ca fait une nouvelle deco, bien lourde. Tous les tubes se recouvrent d'une epaisse couche de glace. Les plateaux du pedalier et les pignons subissent le meme sort (cf photos), et du coup, nous ne pouvons plus changer les vitesses : dur dur ! Les garde-boues se remplissent et bientot la glace frotte en continue sur les pneus. Evidemment, tous nos bidons sont geles et nous ne pouvons plus boire. Nous n'avons d'autres choix que de nous arreter, il est a peine 11h30. Nous nous posons dans une chaikhana, pour boire un the (vraiment pas bon, l'eau a le gout de poisson) et manger un morceau de pain avec du sucre candy. L'autre option etait de manger une assiette de mouton, mais, vraiment, nous ne nous en sentions pas le courage. Pain et sucre nous suffiront. Nous demandons une theiere d'eau chaude, et preparons une mixture pour faire fondre la glace qui emprisonne notre transmission. Aussi tot fait nous nous remettons en route. Le froid nous pique un peu : pour ne pas transpirer une fois chaud, nous nous habillons peu (je ne porte par exemple qu'un t-shirt a manche longue sous mon coupe-vent, meme lorsqu'il fait -10*), mais du coup, les demarrages sont difficiles ! En chemin, une voiture se gare et nous fait signe de nous arreter. Une Mamie, assise sur la banquette arriere, s'excuse de nous "deranger" et nous tend du pain et des abricots secs. Un peu plus loin, un Papy russe, qui roulait dans l'autre sens, fait de meme. Il veut nous inviter a prendre le the et a manger. Nous declinons en expliquant que nous devons rouler pour rejoindre Boukhara le lendemain. Une petite heure plus tard, le meme Papy, cette fois-ci de notre cote de la route, nous oblige a le suivre dans un petit restaurant. On lui dit "ok, mais juste un the, et 5 minutes..." Il acquiesce. Et la, c'est l'orgie. Il nous installe a table avec son fils, son petit fils et un de ses collaborateurs, et nous fait apporter 3 bouteilles de soda, une bouteille de mousseux, du the, du pain, des salades de legumes frais et en conserve, avec du fromage. Nous sommes fortement incites a manger. La, arrivent les mantis (gros raviolis au mouton et au gras). Et puis il nous commande des chachliks... "ah non, please, pas les chachliks !" En fait, bonne surprise, sur ma 1ere brochette, je n'aurai aucun bout de gras ! Ce ne sera pas le cas des suivantes... Bref, nous essayons de nous enfuir, mais impossible. Il nous invite a passer la nuit chez lui. Et puis vient le tour de la vodka. Erreur fatale, il nous demande si nous avons eu froid, ce a quoi nous avons repondu oui... Donc bonne raison pour nous servir de leur alcool. Nous trempons les levres, berk, elle est vraiment pas bonne. Je me demande pourquoi les gens en boivent, surtout pure. Eux-memes n'aiment pas, ils boivent tout de suite derriere un verre de soda ou mangent une rondelle de tomate. J'arrive tant bien que mal a avaler leur tord-boyaux, mais m'en resservent une rasade. L'anti-gel, c'est bon pour ce qu'on a, mais la, s'en est trop. Enfin, nous arrivons a nous extirper de ce sympathique piege. Seance de photos, et ambrassades... Droles de coutumes, ces messieurs essaient de m'embrasser sur la ...bouche ! Mais j'arrive a eviter ce calvair. Quand a Stef, le Papy lui fait un baise-main mais en lui lechant le petit doigt !! Il est vraiemnt temps de partir me dit Stef ecoeuree.... Une vingtaine de kilometres plus loin, juste apres la grande ville de Navoyi, nous partons a la recherche d'un endroit pour poser la tente. Stef apercoit un garage qui pourrait faire l'affaire et descend pour frapper a la porte du suppose proprietaire. Personne ne repond. Au bout de quelques minutes, un monsieur qui etait sur le trottoir vient naturellement nous voir et nous propose de passer la nuit chez lui. Avant cela, il s'assure tout de meme que nous ne comptons rester qu'une seule nuit avant de rejoindre Boukhara. Nous entrons dans sa tres grande maison, et nous sommes invites a nous asseoir dans la salle de reception. Il est 17H, et pendant 4 heures nous serons choyes comme des princes. The, pain, confitures d'abricot, biscuits... Les grenades nous sont ouvertes et les pommes epluchees et coupees, nous n'avons qu'a ouvrir la bouche. Des que nous mangeons une moitie de quelque chose, nous sommes reservis. Malgre le repas gargantuesque du debut d'apres-midi, nous avons encore de la place dans l'estomac. Les grenades sont delicieuses et il est difficile d'y resister. Je me dis qu'il faut que je gere, car je me doute qu'on aura un plof pour diner, et si je ne veux pas les vexer, il me faudra en manger une grande quantite. Les fils, tous chauffeurs de taxi, arrivent les uns apres les autres. Les yeux leur tombent quand ils nous voient dans la piece, ce qui fait rire tout le monde. La mere, la fille, tous sont d'une gentillesse incroyable, et nous profitons de ce moment privilegie. Nous discutons de tout et de rien, c'est vraiment tres agreable. Pas manque, un magnifique plov nous est servis accompagne de salades et autres. Le pere me demande si je veux bien boire avec lui de la vodka... Je refuse, mais me vois oblige de tremper mes levres une fois de plus dans leur anti-gel. La nuit fut bien agreable dans cette chaude piece, couches sur des edredons multi-colors, et nous remercions nos hotes de ne pas nous avoir laisse dehors, sous la tente, par de pareilles temperatures. Au petit matin, il fait -10*, et la capuche sous le casque devient indispensable. Le soleil n'est pas encore leve, mais la lumiere nous indique que nous aurons une belle journee, seche. Nous nous devons de ne pas trainer, il nous reste 110 km pour rejoindre Boukhara, sans compter que les arrivees en ville sont parfois hasardeuses. En debut d'apres-midi, notre pneu avant explose (le pneu chinois, achete 2$ au Kazakhstan) dans un nid de poule, apres 1200 km de loyaux services a defaut d'etre tout le temps bons. Nous venions juste de depasser un papy sur son velo sovietique. Il me donne la main pour changer pneu et chambre a air. Il est tout etonne lorsque je sors la mini-pompe, ou le pneu a tringle souple du sac de la remorque. Nous echangeons quelques mots, c'est un invalide de guerre, d'Afghanistan, comme Anatoli, rencontre en Russie. Nous atteignons enfin Boukhara apres plus de cinq heures de selle. Nous choisissons un peit hotel Bed&Breakfast, mais rien a voir avec l'ambiance de la guest house de Samarcande. Il y a plethor d'etablissements ici, et difficile de trouver un point de ralliement pour backpackers. Boukhara est magnifique, et je vous laisse consulter les photos du blog, nous devons aller preparer notre depart pour le Turkmenistan... Samedi 2 Décembre
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biketripalicefr
le sam 02 déc 2006 14:32 CET
Enfin nous mettons les voiles ! Visas en poche pour la suite du voyage, nous reprenons le Tonic avec envie, mais dans le froid. Qu'importe. Nous sortons de la capitale, et trouvons assez vite des routes plutot calmes et peu circulees. Sur cette premiere journee, nous souhaitons faire un grand bond pour pouvoir rejoindre Samarcande (annoncee a 290 km) en trois jours. 120 km en pres de 5 heures et demi. Il fait froid et trouvons un petit coin pour poser la tente. Des broussailles nous rechauffent (a peine) pendant les quelques dizaines de minutes de notre feu de camp. Nouilles chinoises au menu, il y avait longtemps !
Dans la tente il fait 0* degre, et nous devons bien nous habiller dans nos duvets, un peu juste pour de telles temperatures. Le lendemain, nous refaisons le paquetage et nous nous rendons compte que nos tetes sont restees couvertes depuis notre depart de Tashkent : Casque avec ou sans capuche en dessous lorsque nous roulons, bonnet des que nous descendons du velo, et capuche du duvet dans la tente ! Et ca va durer ainsi pendant plusieurs jours... Nous avons de grosses courbatures, surtout aux mollets. La reprise a ete un peu brutale, surtout apres plus de trois semaines d'arret ! Nous marchons comme des cow boys, mais une fois chaud, nous ne sentons plus rien. Sur la route, nous reprenons vite l'habitude de recevoir des cadeaux : kakis, grenades, pains, noix, abricots secs, nous n'allons pas mourir de faim. Environ 90 km sur cette journee et, comme par magie, nous tombons sur un hotel sorti de nulle part. Stef va voir a l'interieur : c'est tout neuf, et tout chaud par la meme occasion. Le prix ? 6 Euros la chambre double, nous n'allons pas nous en priver, surtout que dehors il fait tres froid. Etonnament c'est le plus bel hotel que nous ayons vu depuis le debut de notre voyage. Les chambres sont belles, la moquette propre, le carrelage bien pose, et les tenanciers hyper sympas. Le soir, nous y mangerons des Laghmans (soupe de pates avec du mouton) comme lors de notre dejeuner d'ailleurs. En plus, ils nous apportent toutes sortes de salades, de choux, de tomates etc... Le tout etant tres bon, meme leur mouton, ca fait presque plaisir d'en manger, une fois de plus. Le jour suivant, au petit matin, ils nous offrent le petit dejeuner : Laghnams ! La ca commence a faire beaucoup, trois fois de suite, sur trois repas consecutifs et de surcroit au petit dej ! Mais bon, nous l'avalons, les remercions et filons tout droit vers Samarcande la mythique. Sauf que nous nous sommes rendus compte que les cartes nous "auraient mentis". C'est plus de 370 km qui separent les deux villes, et nous aurons bien du mal a les faire en trois jours. Encore une dure journee de pedalage, avec le vent de face qui plus est. En arrivant a Jizzak, plusieurs routes sans indication s'offrent a nous. Nous demandons notre chemin a deux monsieurs : "Bonjour, excusez-moi, Samarcande, c'est par la ? - Oula, non oulala !" Bon, euh, mais encore... "C'est pas ou alors ? - Foulala, non, pas du tout ! - ??? - Ici c'est Jizzak. - Oui, merci, mais Samarcande ? - Mes pauvres Samarcande, c'est loin ! - Bon, laisse tomber on n'y arrivera pas," glisse-je a Stef. Nous trouverons finalement notre chemin, et nous nous arretons a manger, comme d'hab dans une chaikhana (cafe). Il y en a trois ou quatre cote a cote, et nous en choisissons une au hasard, sachant que quelques energumenes s'agitent pour nous faire entrer dans la leur. Des gens sont installes, et biensur, comme d'habitude, nous repondons a leurs questions en Russe, vu que nous ne savons rien dire a part "merci" et "bonjour" en Ouzbek. Le repas se passe plutot bien : en entree nous avons des salades de legumes conserves comme les cornichons chez nous (oups, je sais plus comment ca s'appelle "J'ai pas compris, 2 ? enfin 2000 Sum quoi, ca va, c'est pas cher. (1500 Sum = 1 Euro) - C'est peut-etre 2000 par personne... - Va comprendre !" Je lui donne 2000. Il fait la moue. Bon, je lui donne 2000 de plus. Il dit non. Ben quoi alors ? Ecris le ton chiffre, ce sera plus facile ! Il prend un billet de 100 et ecrit dessus : 20 000. Stef eclate de rire : "Hier nous avons paye 14 000 pour le repas du soir, la nuit d'hotel et le petit dejeuner, et la c'est 20 000, je vais chercher la Militsia ?!?" Apres discussions, nous prenons a parti les gens qui mangent derriere nous, qui s'enervent et qui defendent notre cause aupres du bonhomme. Ils crient et finalement nous donnerons 6000 Sum, ce qui est deja tres bien paye. A peine sorti, un Russe nous donne des noix, des grenades et des pommes, comme pour nous dire "desole, chez nous aussi y a des gros nazes !" Hop ! en selle apres ce drole d'episode, et en route pour quelques heures encore, avant de poser la tente, fatigues, dans le froid de la nuit qui s'annonce. Heureusement ce coup-ci nous trouvons du bois, du vrai, pour nous faire un bon feu de camp, qui nous rechauffe significativement. Il faut bien tout ca, car sous notre toile, il fait deja -4* ! C'est tout emmitoufle dans nos polaires que nous gagnons les bras de Morphee avec nos reves de Samarcande, qui n'est plus qu'a quelques coups de pedales. Nous passons la nuit colles l'un a l'autre. Nous avons place une couverture de survie sous la tente pour isoler en plus de nos tapis de sol, et une autre sur nos jambes a l'interieur. Nous avons aussi deployer tous nos papiers bulles sur les cotes des parois. Au petit matin, croyant etre encore loin, nous partons tot. Nous ne sommes en fait qu' a 60 km du Registan, qui s'offre a nous trois heures plus tard, avec toute sa majeste. Imposant, la, les medersas qui se regardent, les ceramiques, les bleus, le soleil, la neige qui fond sur les domes : parfait tableau, a la hauteur de ce que nous nous en faisions comme idee. Nous posons nos bagages dans une sympathique guest house, dans laquelle d'autres voyageurs nous rejoignent au cours de la journee. Americain, Espagnol et six Japonais. Mais le plus etonnant, c'est que tous voyagent seuls. Alors ca discute, ca raconte autour du the et des petits gateaux. Bonne ambiance de backpackers. C'est toujours sympa de rencontrer des voyageurs, quelque part on se comprend, pas besoin d'expliquer le pourquoi du comment, on le sait. Pas de cris de terreur quand on dit qu'on va en Iran ou au Turkmenistan, eux en viennent, ou y vont egalement, ou encore viennent de traverser l'Azerbaidjan, la Moldavie ou je ne sais quel pays insituable sur une carte. A noter : dans la guest house et dans les restaurants, il y a des cheminees au gaz. Pas de bois, juste des buses de gaz dont les flammes chauffent parfois une ou deux briques refractaires, mais pas toujours. Etonnant ! Chacun prend son baluchon pour l'apres midi, et nous nous recroiserons dans les rues, eux toujours a pied, nous toujours en velo, sur les differents sites. La ville est belle, ponctuee de mosquees et merdersas plus richement decorees les unes que les autres. Les constructions sont par contre souvent lourdes, et ont parfois du mal a traverser les (quelques) siecles sans s'ecrouler sur elles-memes... tout le monde ne s'improvise pas Egyptien, Maya ou Azteque. en cours...
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biketripalicefr
le sam 02 déc 2006 13:40 CET
Difficile de traverser les divers pays d'Asie centrale sans parler de Gengis Khan, de la famille Polo ou encore de Tamerlan... Voici le quart d'heure historique en quelques lignes, juste pour, je l'espere, vous donner l'envie d'en savoir plus sur le passe de la region.
Commencons par Gengis Khan, le plus grand conquerant de tous les temps. Plus fort qu'Attila, plus grand qu'Alexandre, plus determine qu'Hannibal ou Charlemagne, le chef des Mongols s'est batti un empire plus vaste que celui de Napoleon ou de tout autre stratege sanguinaire depuis la nuit des temps. Evidemment, dans toute la region, les differents chefs de clans et gouverneurs redoutaient la puissance de la cavalerie Mongole. Gengis, lui, pas pieux pour un sou, a toujours soupese le pour et le contre avant de partir en guerre. Il preferait parfois faire du commerce plutot que de partir tete baissee dans des batailles ruineuses. En 1218, il envoya au gouverneur du Kharezm a Otrar (nous y sommes passe en Septembre, au Kazakhstan) quelques emissaires afin de debuter des nouveaux liens commerciaux. Mais le bougre d'ane de gouverneur, n'a rien trouve de mieux que de leur regler leur compte en les assassinant... du coup, Gengis s'est fache tout rouge, a rassemble quelques 200 000 hommes et a mis une tannee a toute l'Asie Centrale. D'abord Khojand, puis Otrar (ou il a fait zigouiller avec sauvagerie ledit gouverneur, sous ses yeux), puis Boukhara (ou nous sommes actuellement). La ville fut mise a sac, viols et pillages par ses soldats, pietinage des livres saints par ses chevaux, mais ce n'est pas tout... Lui qui n'avait que faire de la religion, serait monte dans la plus grande mosquee pour annoncer a la population : "Je suis le chatiment de Dieu pour vos peches." Culotter tout de meme !! Il mit ensuite le cap sur Samarcande, Merv (au Turkmenistan, nous devrions y passer dans quelques jours), Kaboul et beaucoup, beaucoup d'autres... Apres la terreur, la region retrouva le calme et la route de la soie connut un regain d'activite. Tamerlan, appele ici Timour Lang (Timour le boiteux), profita du morcellement de l'empire Mongol, bien apres la mort de Gengis Khan (a cause notamment des differentes successions) pour se monter une armee et entamer une periode de neuf ans de conquetes. Iran, Irak, Syrie, Turquie, Caucase, Inde du Nord, visiblement, les tyrans du coin avaient de l'appetit. Tamerlan aurait ete d'une cruaute sans limite : on estime a plus de un million le nombre de victimes de ses campagnes militaires ; il avait aussi la reputation de construire des tours et des murs avec les cranes cimentes de ses vaincus... Sa capitale etait Samarcande, et la plupart des batiments que nous observons aujourd'hui datent de cette epoque. Enfin, parmi les plus grands noms qu'a reveles la region, outre ceux de grands scientifques (Al-Kharezmi, mathematicien dont le nom est a l'origine du mot "algorithme" ; Al-Biruni, astronome qui savait que la Terre tournait sur elle-meme et autour du soleil, au Xe et XIe siecle, pas mal... ; ou Abu Ali Ibn-Sina, medecin dont on utilisera les ecrits en occident jusqu'au XVIIe) figurent ceux de la famille Polo. Au XIIIe, a Venise, la principale puissance de la mediteranee voulant developper son commerce, vit partir Niccolo et Matteo Polo. Partis de Constantinople, ils remonterent la Volga puis traverserent l'Asie Centrale, descenderent a Boukhara, y resterent trois ans, avant de rejoindre le petit fils de Gengis Khan, Qubilai, en Mongolie. Qubilai, curieux, cultive et avide de connaissances, surout de celles venant des sedentaires d'Occident, ne voulait plus les laisser partir et en fit ses ambassadeurs. Il leur demanda de retrouver le Pape, a Rome, et de lui faire envoyer cent de ses pretres. S'ils se montraient convaincants, lui et tout son empire se convertiraient au Christianisme. Le probleme, c'est qu'au bout des trois difficiles annees de voyage retour, personne ne voulut les croire... Ils ne repartirent qu'avec deux moines qui tournerent les talons en Armenie lorsque la route devint trop dure. Avant de repartir, Niccolo prit son fils Marco avec lui, sa maman ayant disparue. C'est alors que Marco commenca ses merveilleux voyages a travers toute l'Asie, par la mer et par voie terrestre, dans tous les sens, vers tous les horizons. Il fut tres apprecie de Qubilai Khan qui en fit un de ces conseillers privilegies. Quand ils retournerent a Venise pour escorter une princesse mongole promise a un prince perse, une nouvelle fois personne ne voulut les croire. Capture lors d'une guerre contre Genes, Marco dicta ses memoires depuis sa prison, ecrit qui deviendra le plus lu des recits de voyage, bien plus que notre Blog haha ! Toute sa vie il fut accuse d'avoir invente ses recits, et presse de se retracter jusque sur son lit de mort. Sa seule reponse : "Je n'ai pas ecrit la moitie de ce que j'ai vu." A vos claviers et a vos bouquins pour en savoir plus ! Ces quelques lignes ont ete ecrites a partir de : Lonely Planet Asie Centrale, divers sites Internet, et ce que nous voyons et entendons sur place ! On peut quand meme se poser la question : "Et si le Pape avait envoye les 100 pretres, l'Asie serait-elle chretienne ? ou en partie du moins ??" Jeudi 23 Novembre
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biketripalicefr
le jeu 23 nov 2006 17:01 CET
Au debut, nous ne voulions pas trop ecrire a propos de la bureaucratie locale, de peur d'etre trop saignant, de trop trancher et d’etre carrement mechant… Mais s’en est trop ! Il faut parler ! Ces derniers jours ont ete les citernes qui font deborder la piscine. On va prendre comme exemple nos deux derniers jours. Mercredi 22/11/06 : Le matin, nous partons a la gare de Du coup, nous enlevons la tenture, et les CDs, sources de problemes, et les billets interdits. Nous remettons le tout dans le paquet, mais ne le fermons pas, car la douane doit l’ouvrir… On laisse donc toutes nos affaires a des gars qu’on ne connait ni d’Eve ni d’Adam, avec juste une liste recapitulant nos effets… Et puis le bonhomme me dit : “Ecoute, pour ta tenture et tes CDs, quand la douane viendra verifier, je les enleverai, et une fois le tampon appose, je les remettrai dans le carton”. - Euh, ah bon ? C’est possible ca ? Ca se passe comme ca chez McDonald ? - On fait quoi Stef ? - Bah… euh… pfff… c’est casse pied de se trainer la tenture encore pendant - Ouai, je pense pareil, allez, zou, dans le carton et Inch Allah !” Nous payons et partons, avec leur parole que tout arrivera. De toute facon, nous avons notre ami Alisher (qui parle un francais rigolo), le gerant de la guesthouse, qui “pique” tous ceux qui embetent ses touristes. Nous passons a l’hotel pour prendre le velo. Alisher nous tend un papier, disant : “Ces cons la demandent un certificate pharmaceutique pour recuperer le colis avec les micaments”. Pour avoir ce certificat, il faut aller a l’autre bout de la ville, vers le bazar Chorsu. Le probleme, c’est que le colis est a mon nom, que l’ordonance est au nom de Stef, et que les passeports sont a l’ambassade d’Iran. C’est le chantier, nous ne savons par ou commencer : ambassade-colis-ambassade ? Sachant que pour le certificat, il nous faut le passeport. Nous prenons alors la direction de l’ambassade d’Iran, (ou notre visa est cense nous attendre, avec deja 6 jours de retard, a cause d’un probleme de reception de la lettre d’invitation du ministere des affaires etrangeres iranien). Ce n’est que la 7eme fois que nous y allons, et nous connaissons la route et ses nids de poule par coeur. Nous arrivons a 16H00. On nous demande de patienter. Un quart d’heure plus tard, on nous fait signe de nous approcher. “Le visa n’est pas prêt, nous avons un probleme informatique. Il faut revenir demain”. Precisons que ca fait trois jours qu’ils ont nos passeports ! “Ah non ! demain, pas possible !” Nous expliquons la situation, colis, velo, ambassade turkmene etc.. “OK, attendez 17H00” Nous patientons donc, et a 17H00 : “Ben non, c’est pas faisable, revenez demain a 9H00…” Sans commentaire. Les bras nous en tombent. Nous montons vite sur le velo, la nuit tombe, il fait froid, les lampadaires eux aussi nous laissent tomber et ne fonctionnent pas, et nous n’avons bien sur pas pris nos lampes frontales. Enerves, nous foncons vers Chorsu, insultant au passage les automobilists intrepides et inconscients. Nous ne savons pas exactement ou nous devons nous rendre et demandons plusieurs fois notre route. Personne n’a l’air de connaitre… C’est la fete. Nous finissons par trouver. Nous rentrons et sommes accostes par les gardes a l’entrée. Ils ne comprennent rien a notre papier et a notre demande. Ils delirent sur le velo. Je les bouscule, en leur disant que le temps presse. Voyant qu’ils ne pannent rien, je sors la carte de notre sauveur Ali, pour qu’ils l’appellent. Le ton monte, et ces “cons la” comme dirait Ali, pensent que nous cherchons un hotel ! Nous crisons. Mais que fait la police ?? Bref, je reussis a m’infiltrer et monte les 2 etages du vieux batiement. Je trouve 2 monsieurs parlant anglais qui me dissent : “C’est trop tard, il faut revenir demain”. Je les supplie, leur explique tout, et leur dis que demain je n’aurai pas de passeport. Il me donne RDV a 9h00, rien a faire. Super journee. Jeudi 23/11/2006 : Debout 7h00 pour un depart matinal, chacun de notre cote afin d’essayer de regler nos differents problemes. J’arrive au centre pharmaceutique. Le garde me reconnait et m’enregistre. Je monte les deux etages et retrouve les monsieurs de la veille. “Un instant” me glissent-ils. Un quart d’heure plus tard, on m’amene dans un bureau, dans lequel une des quatre femmes parle anglais. Soulagement. Je reexplique mon cas. Premier probleme : sur le bordereau de chronopost figure mon nom et celui d’Ali, vu que nous n’avons pas d’adresse en Ouzbekistan. Et ca, ca les trouble. Qui est ce Ali ? Blablabla je tente de leur expliquer. “Et vous, vous etes qui ? Vous etes quoi ? Etudiant ? Touriste ? Seul ? “ Mille questions et autant de papiers a remplir. La fille me dit : “On va pouvoir faire quelque chose, mais il faut me donner le nom de medicaments (facile), la quantite (facile on y avait pense la veille), et le nom du fabricant (nouveau probleme).” Je leur explique que je n’ai aucune idée du nom du fabricant et qu’il me faut le papier au plus vite pour pouvoir dedouaner le colis. Elle se debrouille alors pour trouver le nom du fabricant. “Cette lettre va vous couter quelque chose. Connaissez vous bien Je ne vois pas bien le rapport mais me doute de quelque chose, et reponds “non”. Elle me dit que pour payer les 15 USD je dois me rendre, une nouvelle fois, a l’autre bout de la ville. Il en est hors de question et je les harcele pour qu’ils trouvent une solution. Un quart d’heure plus tard on m’emmene dans un bureau pour regler mon du. Surprise les 15 USD se transforment en 19 USD après l’ajout de taxes diverses et variees. Une heure plus tard je signe une lettre (leur exemplaire) et une heure encore après je repars avec mon sesame. Le tout m’a pris 4 heures. Je retrouve Stef qui n’a mis que 3h30 pour recuperer les visas Turkmenes et Iraniens (en des lieux eloignes) et 2h supplementaires seulement pour recevoir le colis. Entre temps, Ali a recu un coup de telephone, me proposant de donner des pots de vin pour eviter la douane… Nous vous epargnerons notre trentaine d’heures passé a l’ambassade d’Inde, et autres admnistrations, comme l’OVIR, ou les banques.
Nous reprenons la route demain pour Samarcande.
Nous remercions nos parents pour la parfaite logistique depuis la France. Nous avons egalement notre nouveau portable, avec le meme numero : A vos SMS ! Dimanche 19 Novembre
par
biketripalicefr
le dim 19 nov 2006 14:16 CET
En attendant de reprendre la route (visas toujours en cours), voici d'autres petites anecdotes :
-
Les marchands de chaussures de couleur ont du tous faire faillite, on
ne trouve ici que des chaussures noires ! Et souvent elles ont une
drole de forme, avec le bout qui remonte, comme les chevaliers du
moyen-age... Elles sont en cuir, et ils s'en occupent plutot bien. Elles sont reguliereemnt cirees.
- Dans le metro, il n'y a pas de tourniquet
pour arreter les fraudeurs. C'est bien plus vissieux : a premiere
vue, on peut passer sans probleme entre les deux montants, sauf que si
on ne met pas le jeton, des barrieres en acier se referment sur vous a
la vitesse de l'eclair, en vous broyant au passage une cuisse ou une
hanche... Non pas que nous ayons essaye, mais il se passe la meme chose
si on va plus vite que le jeton dans la machine, ou si on a un gros sac
a dos. Aie aie aie !
- Chaque region a un pain different
(un peu comme nous chez avec les fromages), et autant certains sont
delicieux, comme ici a Tashkent, autant certains sont mauvais, durs
comme de la pierre, comme a Khiva. Pourquoi ? Dans les regions
desertiques, le pain doit pouvoir se conserver plusieurs jours, ce qui n'est
possible qu'en faisait du pain dur et sec...
-
Comme nous n'avons qu'une seule paire de chaussure (avec les cales en
dessous pour les pedales automatiques), des que le soleil pointe son
nez, nous mettons nos claquettes. Et ca, ca les choque ! Voir des
petits petons, nus qui plus est, les interpelle...
- En ville, tous les magasins d'un meme type sont regroupes dans un quartier donne. Ca peut parraitre pratique a premiere vue, mais pas du tout. Par exemple, il nous fallait une clef allen de 10 ; pour la trouver, nous avons du aller a l'autre bout de la ville, au bazar de la mecanique, ou l'on trouve des pieces neuves (peu), qui viennent de Chine, ou des vieilleries usees sovietiques (des tas et des tas). Et impossible d'en trouver ailleurs ! C'est d'autant plus incomprehensible qu'au bazar, ils sont des floppees a vendre la meme chose tous les deux metres. Sur que si un ou deux s'installaient en ville, ils auraient des clients, tous ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas traverser la ville pour trouver une clef ! - Nous vous avions deja fait part qu'il est possible ici de tout achete a l'unite : chewing gum, cigarette etc... Mais aujourd'hui, nous avons encore vu autre chose, a la pharmacie. Nous avons demande le prix de la boite de Smecta (pour faire des reserves, on ne sait jamais), mais la pharmacienne n' a pas compris ; elle nous a donne le prix unitaire du sachet. Il ne viendrait a l'idee de personne d'acheter la boite entiere ! Pendant le temps ou nous discutions avec elle, un monsieur est entre, a achete un cacheton, qu'une employee lui a apporte, avec un verre d'eau. Hop, il l'avale, et repart... Ce qui est etonnant, c'est que les gens pensent ici qu'un cachet suffit pour guerir, et instantanement qui plus est ! Plusieurs fois nous en avons fait l'experience : "t'as pris un medicament, alors t'es plus malade, si ??". - Au restaurant, meme en ville, ils ont la facheuse habitude de tout servir en meme temps. Entree, plat de resistance. Du coup, nous commencons par manger ce qui est chaud. Un jour, un monsieur assis a une table voisine nous dit : " Vous etes bizarre, vous, les francais, vous finissez toujours par la salade ?!?" Nous lui avons explique, et apparemment l'avons convaincu... Parfois aussi, ils peuvent servir integralement une personne, sans rien apporter a son compagnon. - A Noukous, chez nos hotes, nous sommes passes pour des extras-terrestres lorsque nous avons dit que nous vivions seuls, pas chez nos parents. Nous avons eu droit a la reflexion suivante : " Mais qui s'occupe de vos parents ? ". Chez eux, la femme du fils aine vient vivre chez ces beaux-parents, avec son mari et ses enfants. Si une famille a plusieurs fils, il se peut qu'il y ait plusieurs belles-filles vivant sous le meme toit. A partir du moment ou une belle-fille vit a la maison, la mere ne fait plus rien ou presque, toutes les taches menageres etant prises en charge cette premiere. Pour finir, un petit mot a propos du blog :
Nous
avons plus eu plus de 9500 pages lues depuis le debut du mois de
novembre et plus de 20 000 depuis le debut du voyage ! Environ 200
ordinateurs differents se connectent par jour... mais est-ce que je
dois dire quels sont les articles et les photos les plus regardes ?? Ah
! les toillettes et tout ce qui tourne autour, il n'y a que ca qui fait
recette !
Mardi 14 Novembre
par
biketripalicefr
le mar 14 nov 2006 18:11 CET
Etant donne que nous sommes limites en espace memoire sur ce blog, nous en avons creer un 2eme, sur lequel nous ne mettrons que des photos, rien que des photos.
Le blog Alice comportera tous les articles et les photos recentes, l'autre, toutes les photos. http://www.flickr.com/photos/13093900@N08/sets/ If you cannot read french, you can still click to this link to see more pics from our trip !
par
biketripalicefr
le mar 14 nov 2006 17:44 CET
En Ouzbekistan, les policiers qui font la circulation n'ont pas de voiture pour se deplacer. Du coup, ils font du stop pour se poser au carrefour ou ils sont censes travailler Quand nous parlons russe, il y a des moments ou l'on ne peut s'empecher de sourire. Par exemple, a la fin du repas, pour demander l'addition, il faut dire : "chiotte, pajalsta", et la serveuse repond en general : "Chiasse pajalsta", qui signifie "un moment svp" Dans la rue, nous avons rencontre plusieurs personnes, qui, pour se soulager la vessie, ouvrent la porte arriere de leur voiture, et se soulagent a l'angle forme de la portiere et du cote de la voiture Les hommes ont une facheuse tendance a cracher, un peu n'importe ou... Deja, dans la rue, c'est pas forcement top. mais ils le font aussi a l'interieur ! L'autre jour, dans le cyber cafe ou nous etions, le bonhomme crachait regulierement sur le carrelage, pourtant propre, de l'etablissement A force de repeter des dizaines de fois par jour que nous sommes francais, notamment en roulant quand les gens nous helent, nous avons juger bon de nous procurer un petit drapeau tricolore. Decevant resultat, personne ne le connait ! Une fois, un homme a demande a son collegue : "c'est quoi ce drapeau ?" l'autre, sur de lui, lui repondit : "ben c'est le drapeau Americaim pardi !". Ou encore, certains le prennent pour le drapeau Russe, ou meme Allemand... Apres le chachlik, on a decouvert pourquoi leurs fritures sont si mauvaises et nous rendent parfois malades. L'huile de tournesol coutant trop cher, ils cuisinent a l'huile de ... coton ! Pas top Les gens sont tous au courant de l'actualite francaise lorsque celle-ci derape. Par exemple, tout le momde nous a demande pourquoi la dame avait ete agressee dans le bus a Marseille, et pourquoi on brule des voitures dans notre beau pays ?!? Ils n'ont acces a aucune info critique de leur propre pays (tous leurs medias etant controles et censures), se font monter la tete sur les divers problemes, notamment ecologiques, mais on leur montre ce qui ne va pas chez nous... Lundi 13 Novembre
par
biketripalicefr
le lun 13 nov 2006 15:29 CET
Nous aurions pu au Kazakstan aller voir la mer d'Aral et constater les degats, mais nous n'etions pas prets : nous avions l'impression de faire du voyeurisme, de faire les occidentaux qui viennent voir des horreurs pour dire : "En lala, c'est affreux" et repartir comme si de rien etait. Et puis, le choix s'est a nouveau presente ici en Ouzbekistan. Et la ca nous paraissait normal d'y aller car nous savions pour quoi : constater par nous-memes les degats - et pas seulement lire des articles pas forcement neutres -, rencontrer la population de Moynak et les questionner, voir comment ils subsistent. C'est toutefois avec apprehension que nous attendions cette rencontre...
Nous rejoignons Moynak, situee a 215 km de Noukous, a l'aide d'une Tico (marque Daewoo), accompagnes de notre hote, qui nous servira de guide. Le trajet dure 2 h 45 et le paysage de steppe sablonneuse defile sous nos yeux. La terre est par moment completement recouverte de sel, et les locaux parlent deja de desert d'Akkoum ("sables blancs"), qui complete une affligeante triplette avec le Kyzylkoum ("sables rouges") et le Karakoum ("sables rouges").
Le village est annonce par un panneau sur lequel est dessine un poisson...
On dirait un village fantome...Les villageois nous devisagent et semblent se dire : "encore une equipe de scientifiques". (En effet des dizaines d'enquetes, de recherches ont agite la question de la mer d'Aral. Les habitants disent d'ailleurs que si chaque scientifique avait apporte avec lui un seau d'eau, le probleme serait deja resolu).
Posons le decor...
La mer est a cheval sur deux pays : le Kazakstan (sud ouest ) et l'Ouzbekistan (nord-ouest). Elle est alimentee par deux fleuves le Syr Daria et l'Amou Daria (il ne la fournit plus qu'a 10%). Ces derniers prennent respectivement leur source au Kirghyzstan et au Tadjiskistan. Ces fleuves deversaient, a l'epoque, 55 km3 d'eau par an, dans une mer qui mesurait alors 400 km de long et couvrait 66 900km2. Les deux principaux ports etaient Aralsk et Moynak ou l'industrie de la peche battait son plein. Il existait meme une liaison de ferries entre ces deux villes !
Les principaux pays consommateurs d'eau sont l'Ouzbekistan (50%), le Kazakstan (20%), et Le Kirghizstan, leTadjikistan (30%).
Une petite explication s'impose...
A l'epoque les dirigeants sovietiques (campagne des terres vierges), pour developper l'economie de L'URSS, decident d'augmenter par 4 les surfaces cultivees. Pour cela, il a fallu irriguer de nouveaux champs de coton (Ouzbekistan) ou de riz (Kazakstan). D'apres eux, ceci allait permettre de faire "un grand bon en avant" a l'industrie du textile. Sauf que cultiver du coton au milieu du desert, c'etait pas l'idee du siecle. Pour augmenter la production de 20%, ils ont augmenter la consommation d'eau de ... 50 %. Bravo !
Quelques chiffres...
Les debits cumules en annee normale des deux fleuves sont passes, de 60 km³/an dans les annees 1950, à 38,5 km³/an en 1970, 10 km³/an en 1975 et 1,3 km³/an en 1986.
Actuellement, le niveau de la mer d'Aral a baisse de 22 m depuis1960, elle a perdu 60 % de sa surface. Son volume est passe de 1 100 km³ à 650 km³ de 1960 à 1990. Les cotes ont recule de plus de 100 km. L'augmentation de la salinite (passee de 9 a 49 g par litre en moyenne, avec des pointes à 85 g, contre 30 à 35 pour les autres mers) de l'eau tue les poissons, ce qui a supprime toute peche ; seule une sole mutante a survecu. 60 000 pecheurs sont au chomage. Consequences... La diminution de l'evaporation rend le climat de la region plus sec, en diminuant la quantite de precipitations. Initialement, les temperatures oscillaient entre – 25°C en hiver a plus de 35°C en ete.Aujourd’hui, il fait – 50°C à +50°C. Et l'hiver dure un mois de plus. Le betail se desaltere dans les mares toxiques et mange du fourrage passe au defoliant. Les vastes fonds marins laisses a nu sont balayes par les vents qui emportent le sel au loin et sterilisent de vastes etendues de terres cultivables ; ces tempetes de sable, qui vont jusqu'au Pamir, provoquent des anemies (80 % des femmes enceintes), des cancers de l'estomac et des tuberculoses (20 fois les taux de l'ex-URSS). La mortalite infantile est de 118 pour 1 000. Un taux comparable acelui du Bangladesh. Y a t-il un espoir alors ?! "Oui " vous repondrons certains habitants de Moynak, "la mer reviendra dans 20-25 ans, il faut lui laisser le temps". Ils croient, de plus, que cet assechement est du aux pays qui possedent la mer Caspienne et qui bloqueraient l'alimentation de leur mer. On leur bourre le crane de fausses idees... Vous l'avez compris, il en est tout autre chose! La seule solution realiste serait de stopper l’agriculture intensive, ou au moins d'opter pour des cultures moins gourmandes en eau. Mais, c’est bien sur la seule solution que les pouvoirs publics n’ont pas examine. A Moynak, une digue a ete creee pour essayer de preserver une etendue d'eau, qui permet aux quelques pecheurs restants de continuer leur activite...a une autre echelle ( a la place de leur gros bateau, ils ont une barque !). Mais ce "lac" va t-il resister aux contraintes de cette region ?
Dimanche 12 Novembre
par
biketripalicefr
le dim 12 nov 2006 14:14 CET
Le train nous amene de Tashkent, dans cet etrange endroit qui repond au non moins etrange nom de Karakalpakie, que les locaux nomment Karakalpakstan, a 1200 km environ de la capitale. Nous ne comprenons pas bien quel est le statut de cette "republique", qui est sous la tutelle de Tashkent. Les gens y ont un passeport Ouzbek, mais parlent le Karakalpak et semblent tres attache a leur nationalite que l'on peut definir comme regionale... (Ca y est, tout le monde est paume, mais c'est aussi notre cas). Le pire c'est qu'ils ne sont meme pas majoritaires dans leur republique qui compte 300 000 Karakalpaks pour 1,2 millions d'habitants. Ils parlent une langue du groupe turc, qui s'ecrivait sous l'ere sovietique avec un alphabet cyrillique modifie, et aujourd'hui avec un alphabet romain, ce qui ne facilite rien... Ca ferait 4000 ans tout de meme qu'ils habitent la region. Pourquoi aller dans ce coin perdu, ou il n'y a pas grand chose a voir ? Il est vrai que nous faisons ce voyage, pas forcement pour voir de belles choses, mais pour sortir des sentiers battus, pour voir de "vraies'' choses, la vraie vie des gens... Durant le trajet, qui a dure un peu moins de 24 heures, nous avons ete invites par un jeune papa de 26 ans. Il est passe devant notre compartiment, et quand il a vu nos tetes d'europeens, il s'est naturellement assis en face de nous pour discuter. Apres quelques minutes, il nous a dit : "les hotels a Noukous sont chers et peu aguichants, venez chez moi, je vous invite". Bon, ben d'accord ! Nous partageons notre compartiment de 4 couchettes avec 2 dames. La encore, nous sommes etonnes quand elles nous disent qu'elles sont coreennes. Elles sont en fait bien Ouzbek, mais les gens se definissent toujours par leur origine, meme lointaine. Comme si en rencontrant un Portugais en France je lui disais que je suis Polonais ou Italien. Bizarre, ca ne me viendrait pas vraiment a l'idee ! Comme a l'accoutumee dans les trains russes et d'asie centrale, nous croulons sous la nourriture. Tout le monde veut nous faire gouter ses specialites, et c'est tres sympa, a defaut d'etre toujours tres bon ! Mais globalement, nous pouvons dire que nous nous regalons. C'etait rigolo, car nous avons echange sur nos nourritures respectives. Elles ont pousse des cris quand on leur a dit que nous mangions du canard, des escargots et des grenouilles, et nous quand elles ont dit qu'elles mangeaient du chien et accessoirement du cheval. Le lendemain matin, notre hote nous bondi dessus, de peur qu'on ait oublie son invitation. Arrives a la gare de Noukous, la capitale, nous filons tout droit dans l'appartement de ces parents. Les immeubles sont des parfaits exemples des constructions a la Brejnev... Ca devait deja etre limite il y a 40 ans, mais alors maintenant, sans aucun entretien, c'est crados et surtout dangereux ! On ne va pas refaire de description, c'est un classique, comme on en a trouve tout du long depuis la Russie. Mais tout meme, le fait de voir qu'un interupteur sur deux a fondu, ca fout les jetons !! (precisons qu'ils ne les remplacent pas) Certes j'etais pas une star de l'elec a l'ecole
par
biketripalicefr
le dim 12 nov 2006 13:35 CET
Apres notre escapade a Noukous et au bien triste village de Moynaq, notre gentil hote nous a degotte un taxi collectif a un prix defiant toute concurrence. En Asie Centrale, il ne reste que peu de bus d'etat. Ils sont dans un etat proche de l'Ohio, tout deglingues, et exasperement lents et bondes. Certes, ils sont bons marches, mais ca tient du mazochisme que d'essayer d'y voyager dedans. Du coup, on a plusieurs autres choix. Prendre un taxi prive, qui forcement coute cher, prendre un taxi collectif, c'est a dire une voiture particuliere ou un mini-van, et on attend qu'ils soient plein pour partir, ou faire du stop au bord de la route, toute voiture pouvant s'arreter pour prendre le quidam. A noter qu'il faut de toute maniere etre habile negociateur, mais que quand on a un grand pif et des yeux ronds, on peut s'attendre a payer 2 ou 3 fois le prix. Notre pote m'a alors dit : "laisse-moi faire, si je lui parle en karakalpak, t'auras un bon prix". Au final, il s'averera qu'on paiera moins cher que les autres passagers, des locaux pourtant ! Nous arrivons a Ourgentch apres 2h30 de route, et filons tout droit a la gare pour reserver nos billets de train pour notre retour sur Tashkent. Ici, il vaut toujours mieux s’y prendre a l’avance, les imprevus sont beacoup trop courants ! Nouveau taxi, et depart pour Khiva la mythique, a 35 km. Comment ca vous ne connaissez pas Khiva ?? Bon, c’est vrai, nous non plus avant de debarquer nous ignorions son existence... Alors Khiva, c’est aujourd’hui une ville-musee, entouree par des magnifiques remparts en pizet. Khiva se situe dans le Kharezm (donc plus dans la republique de Karakalpakie) et aurait ete fondee par Sem, rien que ca ! Ah oui, Sem, c’est le fils de Noe, mais vous le saviez, n’est-ce pas ? Ensuite, elle fut un des pricincipaux postes commerciaux de la route de la soie. Au XVIe siecle, a l’heure du khanat, elle etait le centre d’un important trafique d’esclaves, “apportes” par les turkmenes et les Kazakhs. Ce qu’il faut savoir, c’est que les Khans, en plus d’etre capricieux, etaient d’affreux tortionnaires sanguinaires sans foi ni loi, et qu’il valait mieux eviter de croiser leur chemin. Des exemples ? Au XVIIIe, le Khana a offert a Pierre le Grand de Russie de devenir son vassal en echange de sa protection. 4000 hommes ont donc ete envoyes de Russie enmenes par Alexandre Bekovitch, mais ce brave Khan avait change d’avis entre-temps. Il a propose aux soldats de se disperser dans les villages alentours. C’est alors que les habitants en profiterent pour les eliminer et le khan en profita pour envoyer la tete du pauvre Bekovitch a son rival de Boukhara, exposant le reste du corps sur la place publique... Mais ce n’est pas tout ! En 1863, le baroudeur hongrois Arminius Vambery, rapporta qu’il vit 8 hommes etre allonges par terre, a qui l’on creuvait les yeux, essuyant au passage le sang sur leur barbe, ou que la methode preferee des khans pour les executions etait l’empalement, les victimes agonisant pendant 2 jours avant de passer l’arme a gauche... A l’epoque, on jetait aussi les femmes infideles du haut des minarets, ou on ecartelait, c’etait selon l’envie du moment ! Bref, c’etait pas triste, et il fallait avoir un petit velo, mais dans la tete, pour s’aventurer en tant que voyageur dans ces contrees, qui en dehors du delta, etaient desertiques. Voila qui plante le decor avant d’aller consulter les photos dans la rubrique “photo ouzbekistan”. La Khiva touristique est tres calme, le centre (Ichon-Qala) n’etant pas accessible aux voitures. Mais il suffit de passer les remparts pour retrouver l’activite debordante et etonnante des bazars. Poissons decoupes sur le trottoir, cormorans a deplumer en pleine rue, chachliks bien sur a toutes heures de la journee, etals de fruits et legumes... l’Asie Centrale dans toute sa splendeur !
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