Apres un peu plus de 300 km, au travers de magnifiques montagnes, nous gagnons le sud, le soleil, et Busher. Des l'oree de la ville, nous nous faisons enquiquiner par un motard qui ne voulait pas nous lacher la grappe, en plus, il faisait des gestes obscenes en douce a Stef. Heureusement, un barrage de police le fit fuir. Une fois dans le centre, nous passons au poste de police pour recuperer une autorisation de dormir dans les hotels bon marche. C'est etrange, mais ici, c'est ainsi. Nous partons a l'assaut du premier Mosarferkhuneh, d'ou nous nous faisons refouler en quelques mots. J'insiste, lourdement, mais pas moyen ils ne veulent pas de nous. J'arrive quand meme a les convaincre de nous montrer un autre etablissement. 2eme Mosarferkhuneh, meme punition, mais le type est encore plus desagreable. Bon, retour a la case police. Entre temps, un jeune etudiant en maitrise d'anglais (qui faisait son service militaire au commissariat) nous permet de nous faire comprendre. Apres quelques coups de telephone, il nous emmene vers le 3eme et dernier Mosarferkhuneh de la ville, qui apres maintes negociations nous accepte enfin (ils avaient peur qu'on leur salisse leur chambre, faussement propres). Finalement, nous sympathiserons avec les papis qui s'en occupent, et echangerons quelques billets de banque de collection.
Le comportement des gens a Busher tranche avec le reste de l'Iran : nous sommes mal venus et /ou mal recus. Au cafe internet des images pornographiques trainent sur les PC, qui comportent tous des liens directs a ce genre de site. Cette ville est decidement glauque en plus d'etre moche : ca tombe bien, c'est la que nous allons passer Noel... Heureusement, nous avons rencontre un Monsieur extraordinaire : le directeur d'un des plus grands laboratoires de recherche du CNRS (plus de 300 chercheurs). Il s'agit d'un laboratoire de cosmologie (Waouh !), celui-la meme qui inventa internet, il y a une trentaine d'annees. Marc est venu, entre deux savants calculs et un suivi de doctorants, passer deux journees de repos loin de Teheran, la frenetique, et glaciale de surcroit. Nous passons deux agreables soirees a parler etoiles, medias et voyages. Dans l'apres midi, nous nous faisons alpaguer par une radio locale qui nous a interviewes sur des sujets aussi etranges que : Qu'est ce que la chance selon vous ? Et dans votre pays ? Quel message souhaiteriez vous faire passer aux jeunes iraniens ? etc ... Tant de questions difficiles a repondre en quelques secondes, et qui nous embarrassent un peu, d'autant que nous aspirons a un peu de repos, apres tous ces km en velo...
Autre note positive : nous nous sommes faits plaisir avec les patisseries, en particulier les madeleines (toutes chaudes, juste sorties du four) et les choux a la creme (creme fraichement battue SVP) dont nous nous sommes faits des ventrees. C'est ca l'avantage de rouler 4 a 5 heures par jour : on peut se remplir le ventre exagerement plusieurs fois par jour sans crainte !
La sortie de la ville
Au moment de sortir de la ville, nous nous arretons acheter 4 chicken burgers Iraniens en prevision de notre dejeuner, et enfourchons notre "3 roues" pour longer le golfe persique. En chemin, nous nous faisons arreter par la tele qui nous demande de leur consacrer 1 ou 2 heures pour un sujet sur nous. Nous declinons en justifiant par un manque de temps. Ils n'en demordent pas et nous donnent l'adresse de leur antenne a Kangan ou nous devons passer dans quelques jours. Pas meme 5 km plus loin, nous nous faisons de nouveau stopper par des journalistes en quete de scoop. Interview, enregistrement des voix... Les jeunes femmes nous demandent ce que nous avons pense de leur ville, et nous leur repondons sans concession, d'autant que quelques minutes auparavant des ados en moto avaient tente de voler ce qui depassait de la remorque. Surprises, elles se confondent en excuses et nous invitent chez elles. Nous ne savons pas vraiment ce qu'elles veulent faire de cet enregistrement, mais nous n'avons qu'une envie : rouler au bord de l'eau ! C'est parti...