|
|
Vendredi 23 Février

Sri Lanka
par
biketripalicefr
le ven 23 fév 2007 17:05 CET
Comme vous avez pu le contaster, nous bataillons pas mal avec le blog, qui est souvent suspendu pour cause d'espace disque depasse.
Vu que nous n'avons pas reussi a resoudre ce probleme, nous avons cree un nouveau blog, qui prend la suite de celui-ci. L'adresse, pas tres originale :
http://biketrip2.aliceblogs.fr
Vous pouvez cliquer directement sur ce lien.
Tout ce qui a ete publie sur les precedents pays restera sur ce blog, et a partir du Sri Lanka, il faudra aller voir sur le biketrip2.aliceblogs.fr !
Desole de vous faire cliquer de partout... 
Mercredi 31 Janvier

Le Pakistan
par
biketripalicefr
le mer 31 jan 2007 15:50 CET
Plus de 150 millions de personnes, dont une grande majorite a moins de 25 ans, le nombre d’habitants a double ces dernieres decennies. Le taux d’alphabetisation est faible, et celui du chomage eleve. Du temps des britanniques, le Pakistan, l’Inde et le Bangladesh ne formaient qu’un seul et meme pays. Mais juste apres la seconde guerre mondiale, alors que les empires perdaient leur colonies, le sous-continent voulut egalement son independence. Le probleme est que les musulmans avaient peur de ne pas etre reconnus par la grande majorite Hindou. Ils ont donc demande aux grands britons de leur faire un pays rien que pour eux. Apres de nombreuses tractations, la couronne d’Angleterre a trace deux lignes au Nord-Ouest et au Nord-Est de l’Inde actuelle. Le Pakistan serait le pays des musulmans mais scinde en deux parties situees a plusieurs milliers de kilometres l’une de l’autre, et l’Inde celui des hindous. Au moment de mettre en oeuvre les frontieres, des millions de musulmans laisserent maisons et travail pour emigrer au Pakistan et les Hindous firent la meme chose en sens inverse. Lors des passages des frontieres des echaufs fourres eclaterent provoquant des dizaines de milliers de morts. Evidemment de nouveaux problemes sont apparus dans la gestion du Pakistan entre la partie occidentale et la partie orientale, de majorite bengalie qui n’est pas ou mal representee a Islamabad. Cette derniere demanda a son tour son independence et l’obtenue apres quelques bains de sang, ainsi nait un nouveau pays: le Bangladesh. Dans le Pakistan actuel, les populations parlent plusieurs langues differentes et certaines regions reclament egalement leur independence, et il n’est pas impossible que cela se termine comme la yougoslavie. Lorsque l’Inde a construit la bombe nucleaire, le president du moment a dit quelque chose du genre "nous mangerons de l’herbe s’il le faut, mais nous construirons aussi cette bombe". Ce qu’ils firent dans les annees 70. Ils ont le nucleaire militaire mais pas pour autant le nucleaire civil ce qui creer d’enormes coupures d’electricite provoquant le retard que nous avons dans l’ecriture de ce blog.
Enfin, les Pakistannais sont fous de cricket, un des sport (?) probablement les plus ennuyeux que l’homme ait pu creer.
Un petit mot de geographie : c’est bien au Pakistan que se situe le 2eme plus haut sommet du monde : le K2 culminant a plus de 8600m. L’Indus et ses affluents arrosent allegrement les plaines fertiles du Punjab (region le plus riche) tandis que l’immense Balochistan, desertique, est le moins favorise. A noter egalement qu’au NO a la frontiere de l’Afghanistan de nombreuses zones tribales ne sont pas controlees par l’Etat.
Cachemire et Taliban
Les Talibans ont ete longtemps aides des Americains pour bouter les Russes hors de l’Afghanistan. Mission accomplie, mais tout le monde connait la suite… Aujourd’hui, les Ricains fournissent des armes en pagaille au Pakistan ainsi qu’un bon paquet de dollars pour lutter contre ces memes Talibans. L’immense chance du pays reside dans le fait de posseder la bombe car l’occident fera tout pour qu’elle ne tombe pas entre les mains d’extremistes.
Non, le Cachemire n’est pas que pour fabriquer des echarpes et des pulls, mais c’est aussi une region situee au NE du pays frontiere avec l’Inde. D’ou vient le probleme ? Au moment de l’independance, le chef du coin avait le choix entre rejoindre l’Inde ou le Pakistan. Le hic, c’est que lui voulait rejoindre Delhi alors que la population de majorite musulmanes preferait Islamabad, et depuis c’est la guerre. Une guerre dans les montagnes qui coute 500 000 $ par jour a chacun des deux pays. Et surtout comble de la debilite humaine fait des morts des deux cotes alors qu’il n’y a pas de combats. Mais le froid et les conditions extremes s’en chargent. Le Pakistan a tente deux incursions mais s’est pris, a chaque fois, une grosse fessee par l’armee Indienne mieux equipee et plus nombreuse. Les Pakistannais voudraient un refrendum pour la population (ils seraient surs de gagner), mais bien sur l’Inde n’en veut pas. Et pourquoi l’Inde deja sigrande ne demord pas de ce territoire (Y a t il des richesses cachees ? Un enjeu geographique ? Toujours est-il qu’ils ont pourtant deja a faire avec leurs millions de km2 et leur milliard 200 millions d’habitants), ca nous n’avons pas encore compris ?! Reste a l‘ONU de trancher pour ce referendim, pour regler une fois pour toute ce conflit qui n’a que trop dure.
Samedi 27 Janvier

Lahore
par
biketripalicefr
le sam 27 jan 2007 13:36 CET
Arrivee epique apres 6 heures de selle, dans une ville a la circulation plus que chaotique ! Camions, bus, Rickshaws, attelages d'anes et de chevaux, motos, velos, autos, pas question de faire dodo si on veut eviter les bobos !! Stef joue au chef d'orchestre a l'arriere du tandem, ce qui facilite grandement notre avancee. 1ere constation, l'air est vraiment charge. De nouveau, les yeux et la gorge vont nous piquer. Quelques adorables motards et cyclistes nous montrent le chemin, et l'un d'eux, finalement, nous prendra en charge jusqu'a la guesthouse voulue. Nous sommes HS, mais trouveront la force de partager la soiree avec 1 couple de cyclistes polonais.
La ville possede de magnifiques monuments, et malgre le nombre d'habitants, les gens sont globalement sympas. Le gerant de la guest house, nous propose de nous enmener a une celebration Souffi, mysticisme islamique. Ils nous placent au premier rang, et nous avons vraiment l'impression de tomber comme des cheveux sur la soupe. 2h30 de chants endiables, les groupes se succedent toutes les 10 minutes, et des rituels se mettent en place pour chacun d'eux. Une homme passe dans les rangs ramasser des billets, puis les lance un a un sur la tete d'un autre, designe nous ne savons trop comment. Des colliers de fleurs circulent, ainsi que des chales verts imprimes de versets du coran. La musique est tres agreable, quoique un peu forte (mais non, pas epicee ! ).
Un jour, alors que nous deambulions dans les rues, Stef me dit :
"Qu'est-ce que tu as sur le visage ?
- Ben ch'ai po !"
Quelques gouttes de pluie venaient de tomber, amassant au passage la crasse qui stagne dans l'air. Nos tetes et nos sacs sont tout mouchetes ! Sympa la ville !
Notre halte a Lahore nous a permis egalement de faire une grosse lessive, et de poster un nouveau paquet, emballe dans un linge cousu sur mesure ! Il est d'ailleurs deja arrive, efficaces ces Pakistanais !
Nous quittons quelques jours plus tard Lahore en compagnie de nos nouveaux amis polonais, pour rejoindre Amritsar en Inde.

Chef ! oui Chef !
par
biketripalicefr
le sam 27 jan 2007 12:43 CET
Chose assez rare au Pakistan pour etre soulignee, le chef de district qui nous a invites, est une femme. De plus, elle est d'une timidite derangeante, et parle un anglais hesitant, alors que tous les hommes sous sa responsabilite le parlent couramment. Ce qui nous a egalement surpris ici, c'est que le foulard, contrairement a l'Iran, n'est pas obligatoire. Meme a la tele, les presentatrices le porte au niveau du chignon ! laissant apparaitre cheveux et visages. Ceci dit, les femmes ne courent cependant pas les rues, et les bourqas sont courantes, du moins dans les campagnes.
La chef nous double a une vingtaine d'Okara, ou elle reside. Elle finit par nous demander de passer la nuit chez elle, mais au prix d'un incroyable effort, tant elle n'osait pas le faire. Elle nous accueille, avec ses 3 enfants, dans une immense maison en cours de construction. Elle est adorable, et nous propose en guise de rafraichissement, des morceaux de canne a sucre, fraichement coupes, mais laves probablement a l'eau du robinet. Filtree ou pas, nous n'en savons rien. Delicieux. Un peu plus tard, son mari, avocat, arrive a la maison. C'est le genre d'homme qui rigole quand il se brule. Il a la bouche dans le mauvais sens, c'est a dire comme ca :-(, ou comme ca quoi . D'ailleurs, les enfants, pourtant encore tres jeunes, ont pris le mauvais pli de bouche. Mais heureusement, leur jeune age leur permet de se derider assez vite. Apparemment, le bonhomme n'a pas l'air d'etre enchante de notre presence. Il est vrai que nous ne sommes ni tres propres, ni tres presentables, par rapport a son costume. Nous ne sommes pas tres a l'aise, d'autant que son frere, qui vient d'arriver, commence serieusement a nous saouler les nerfs, avec ses commentaires et les pseudos conseils qu'il nous donne (impose ?).
"Vous ne devriez pas voyager en velo ! Combien vous donne le gouvernement ? Vous n'etes pas des touristes, qui vous a engages ? Et ton pere, il fait quoi ? Et ta mere, elle est ou ? Vous devriez tout prevoir, les etapes, et patati et patata..."
Pouh lala, ca va etre dur. On joue un peu avec les petits, je m'essaye au cricket avec les garcons (qui du haut de leur 10 ans me ridiculisent par leur technique) pendant que stef zieute les cahiers d'anglais de la fillette de 6 ans. Ils vont dans une ecole privee, et ont tous leurs cours en anglais !
Ils nous demandent par politesse ce que nous voulons manger, mais, pour la premiere fois, n'aurons droit qu'a un repas frugal. Ils apportent un pot de pickle (morceaux de fruits maceres dans un jus assez fort) pour m'en faire goutter. J'en prends un morceau, et l'avale. C'est pas tres bon, mais ca passe. A ce moment, le mari se met a eclater de rire, visiblement en se moquant, croyant peut-etre que j'allais detester. Pueril. Il faut savoir aussi, que madame la chef a droit a un gardien de la paix pour elle toute seule toute la journee. Il lui sert a tout, chauffeur, faire les courses (c'est lui qui a prepare le repas !) etc. Ce jeune a passe la soiree avec nous. Et puis assez vite, le propos est arrive a la religion. Grosse morale de nouveau, mais il est surpris de notre connaissance de l'islam. Il faut dire qu'apres plus de 4 mois en pays musulman, et 2 republiques islamiques, nous en avons appris des choses ! Il insiste cependant a ce que nous nous convertissions. Excede, je finis par lui dire qu'en Europe, la religion n'est pas une priorite, que ceux qui croient au bon dieu croient au bon dieu, quel qu'il soit, et que les autres, on les laisse tranquille. Et j'ajoute que je prefere faire du VTT dans les bois plutot que d'aller a la messe. Ca ne lui a pas trop plu... Il me prend evidemment l'exemple de Zidane. Personnellement, je n'ai aucune idee de la religion de notre zizou national. Qu'il soit musulman, chretien, ou qu'il ait du poil au pied, l'important c'est qu'il marque des buts ! En France, on definit un joueur par son poste, sa technique, sa vitesse, sa frappe de balle, mais pas par sa religion !!
A la fin du repas, nouveau coup de flip, le policier se tourne vers moi, d'un air grave et nous dit :
"Je sais que vous n'etes pas musulmans, mais quand viendra mon heure, et que je serais en face de mon Allah, je lui dirai que je lui envoie 2 francais, dont il faudra qu'il prenne soin."
C'est tres gentil ca, mais tu lui diras de ne pas nous appeler tout de suite quand meme !
Nous attendons l'heure du coucher avec hate, et egalement pour la premiere fois depuis tres tres longtemps, on ne nous propose meme pas de prendre de douche ! Nous dormons dans la piece centrale, et la maison est cadenacee telle une forteresse. La flic est hyper stressee, completement parano... Elle a cherche toute la soiree une escorte pour nous, et laisse les lumieres de toute la maison allumees la nuit. Meme dans notre piece ! Des gros neons dans le nez, pas facile de trouver le sommeil... Le lendemain matin, le pere se leve a 5 h, en nous le faisant bien remarquer. Nous prenons nos clics et nos clacs, et nous enfuyons dans la jungle urbaine de Lahore, a 141 km de la, ce qui constitue notre plus grosse etape depuis le debut.
Vendredi 26 Janvier

Enfin des coups de pedale !
par
biketripalicefr
le ven 26 jan 2007 16:00 CET
Apres un peu plus de 2000 km de bus en 3 trajets depuis Bander-e-Abbas (Un bilan kilometrique depuis le debut du voyage sera publie aux alentours du 03/02/07, date de fin de notre premier semestre), il est enfin temps de reprendre nos habitudes, notre routine a nous si j'ose dire ! Pour notre plus grand plaisir, nous traversons les plaines de l'Indus dans la region du Punjab. Temperature clemente (20-25 la journee), palmiers dans les champs de ble ou de riz, la pollution est derriere nous, et nous respirons a plein poumon l'air du berceau d'une des plus anciennes civilisations de notre belle planete.
Generation spontannee
Les gens sont curieux, et nous creont des attroupements en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. 50 ou 100 personnes sortent de nulle part, generation spontannee, qui viennent s'agglutiner comme des abeilles autour d'un pot de miel. Certes notre velo est jaune, mais quand meme ! Chose etrange pour nous, ils n'ont rien a faire de notre monture, et ne s'interessent qu'a nous. Nous pouvons laisser le velo contre un arbre, charge, avec les casques et les gants accroches sur les guidons, personne n'y touche, ils n'ont d'yeux que pour nous... Ils nous observent d'abord en silence, avant de nous poser des questions.
"Desole les gars, on parl' pas Urdu, ou Punjabi, ou je ne sais quoi... On parl' anglais et accessoirement francais."
Il faut dire que depuis quelques semaines, nous enchainons les langues differentes, et nous ne savons plus trop qui parle quoi. D'autant qu'ici ce n'est pas simple, chaque region ayant au moins une langue, plus la langue commune (Urdu) plus ou moins acceptee, et l'anglais pour ceux qui sont alles a l'ecole un peu longtemps, c'est a dire pas grand monde. Le taux d'alphabetisation est bas, ce qui ne facilite rien. Mais nous trouvons tout le temps un bonhomme capable de s'exprimer dans la langue de Mr Bean (ouah la reference ! ben oui, mais ca fait moins pompeux que Shakespeare, non ?). Les policiers notamment parlent presque tous un anglais parfait.
Petit boui-boui
Les midis, nous nous arretons dans les villages, enfin c'est toujours pareil, un village pakistanais, c'est pas Saint Julien Molin Molette ni Saint Julien Molhesabate (hop hop hop, si vous ne connaissez pas, il vous faut revoir votre geo ligerienne !), ca grouille dans tous les sens, pour prendre un dejeuner. Nous choisissons toujours un endroit ou les marmittes mijotent depuis des heures, histoire de zigouiller les amibes et autres potentielles bestiolles mechantes pour notre tube digestif. Dans ces grosses marmites donc, bouillonnent des lentilles, des poids-chiches, des patates, toutes sortes de tres bonnes choses, et pas trop trop epicees. Enfin si, c'est tres epice, mais ca reste digerable. Ca pique les levres et la bouche, mais c'est supportable. Ce que nous decouvrirons un peu plus tard a nos depends, ce que ca pique tres tres fort... les fesses ! On se demande d'ailleurs comment c'est possible que ca pique si fort a l'autre bout des tuyaux... En general ca passe au bout de quelques minutes, mais il est tout de meme inevitable de faire les quelques premiers pas en canard ! Toujours est-il que la nourriture est delicieuse, et est servie avec des chapatis a volonte, qui servent a recueillir ce qu'il y a dans les assiettes, car il n'y a pas de couvert. Souvent, dans ces petites echopes, les tenanciers nous font payer le quart ou la moitie de ce que nous mangeons (c'est a dire vraiment pas grand chose) pour nous faire goutter un peu a tout. Le yaourt, en fin de repas, est tres apprecie pour apaiser le feu des epices. Le plus dur a chaque fois est de partir, car ils font des pieds et des mains pour que nous faire rester jusqu'au lendemain.
Droles d'invitations
Sur la route, nous sommes invites par des familles, comme tres souvent. Mais comme souvent egalement, des fois ca ne peut pas coller, a cause d'un eloignement trop important du lieu d'habitation ou parfois le contraire. Ainsi nous nous retrouvons un jour a courir apres la montre, jusqu'a une ville ou une famille nous attend. Plus tot dans l'apres-midi, elle nous avait dit qu'il ne restait plus que 25 km pour l'atteindre. Or c'etait en fait plus du double, et le soleil se couchait tout doucement. Nous sommes alors en rase campagne, avec peu d'eau, et pas encore tout a fait rassurer a camper n'importe ou dans ce pays. Et puis, nous tombons sur un poste de police de la route. Je vais les voir pour leur demander si nous pouvons planter la tente dans leur jardin... La reponse est negative... ils nous proposent la chambre du chef de brigade ! S'en suit une soiree une fois de plus inoubliable. Nous sommes recu comme des pachas, tout le monde se mettant en 4 pour nous. Ils iront meme a faire 60 km aller-retour pour aller nous chercher un exquis et gargantuesque repas, alors qu'ils ont un cuisto a temps complet au poste ! Nous blaguons et discuter une bonne partie de la soiree, avant de tomber de fatigue pour nous, et de partir au boulot pour eux.
Police 2eme
Le lendemain, ils nous escortent (contre notre gre) jusqu'a la fin de leur zone de patrouille, et nous laissent entre les mains de leur collegues. Le chef de ce poste dit a son adjoint en me regardant : "La France est un pays ami, nous pouvons les recevoir". Heureusement que nous ne sommes pas Indiens. 2eme nuit chez les flics, meme reception, meme si l'ambiance est un peu plus serieuse ici. Ce coup-ci c'est 80 km qu'ils feront pour notre diner, toujours aussi bon. Ils nous font aussi visiter la salle d'armes, avec les pistolets, et leurs 2 sortes de fusil.
"Ceux-ci ont une portee de 2 km, c'est ceux qu'on enmene avec nous en patrouille. Les autres ont 4 km de portee, mais nous les enmenons jamais, ou qu'en cas d'urgence."
Un peu plus tard, je vois devant la porte un brigadier avec le gros fusil, je demande au chef :
"Je croyais que vous ne les sortiez jamais ceux-ci ?
- Oui mais la c'est un cas exceptionnel, c'est pour votre securite !"
Ils n'en feraient pas un poil trop la ?? Bref, nouvelle excellente soiree, et encore aujourd'hui (presque 1 mois apres) nous correspondons par sms et par email. Le lendemain, le chef de brigade nous demande de rester, car la chef de district souhaite nous rencontrer. Il nous assure que nous serons partis a 9h00. Finalement nous pourrons mettre les voiles a 11h30. Ce qui est rigolo, c'est que un peu plus tard dans la journee, nous croiserons ladite chef sur la route, et elle nous invitera chez elle, a Okara. La suite au prochain article car j'en peux plus d'ecrire ca me fatigue la tete !

Bahawalpur
par
biketripalicefr
le ven 26 jan 2007 15:00 CET
Dernier bus
A cause principalement du fichu visa indien que nous avons eu a Tashkent (3 mois au lieu des 6 reglementaires), nous devons nous depecher pour traverser le Pakistan. Et meme si nous n'en pouvons plus des bus, nous nous devons d'en prendre un dernier pour gagner Bahawalpur. Encore une quinzaine d'heures de trajet, de nuit. Le bus est plein, comme d'hab, crado, comme d'hab. Les gens montent et n'hesitent pas a cracher dans le couloir ! Certains memes fument, et nous ouvrons notre fenetre pour ne pas etre asphixies. Tout le monde se caille, mais personne ne nous dit rien. Il faut choisir, froid et clopes ou chaud et sans elles.
Pour toutes ces heures de voyage, en tant qu'occidentaux prevoyants, nous avons acheter de quoi grignoter et quelques bouteilles d'eau, ce qui n'est pas le cas des locaux. Mais pourtant, il leur faut bien boire ! Pour cela, l'intendant, qui aide le chauffeur pour tout ce qui est des taches autres que la conduite, passe dans les rangs avec une bouteille en plastique datant de la premiere guerre, remplie d'une eau couleur "liquide de refroidissement qui sort du radiateur de ma vieille 205", et 1 verre, qui sert a tout le monde. Quand il arrive a notre niveau, siege 32 et 33, il nous demande si nous en voulons ! Une eau croupie servit dans un verre ou 31 personnes ont deja bave, non merci ! La premiere fois, il a du se dire : "zont pas soifs", mais a la 2eme, il avait vraiment l'air de ne pas comprendre pourquoi nous declinions.
Musique a fond, neons et lampes de couleurs, nous avons l'impression d'etre dans une (tres) mauvaise boite de nuit, filant a toute allure entre les camions. Dur de fermer les yeux, et c'est agards que nous atteignons la ville. Dechargement, puis chargement du velo, il est temps de trouver un petit hotel. Tour de la ville de bon matin, les Pakistanais nous regardent passer les yeux equarquilles. Au premier hotel, de categorie moyenne, ils voulaient qu'on laisse la tandem dans la rue et nous interdisaient de le mettre dans la chambre ! Au revoir ! Nous allons un peu plus loin pour nous installer dans un endroit ou nous sommes acceptes tous les 3 ! Tres bon marche, mais salle de bain quelque peu douteuse.
En bichonant la bicyclette, nous nous apercevons que le porte-bagage est casse. C'est l'autre bouffon d'Afghan de l'autre fois quand il est monte dessus sur le toit du bus... Nous partons illico a la recherche de quelqu'un qui pourrait nous le ressouder. Nous ne sommes pas alles bien loin a vrai dire, et nous avons pu decouvrir par nous memes, l'etonnant rapport a l'argent qu'ont une grande partie des Pakistanais. D'autres voyageurs (hein Maud et Cyril !)nous avaient dit que ce n'etait pas leur priorite, mais a ce point ! Pour la soudure et un petit coup de barbouille noire, le gentil monsieur nous a demande 10 Roupies, soit meme pas 1 de nos anciens francs ! Pour un travail parfait qui plus est. En grand seigneur, nous lui avons triple sa demande, et nous avons du insister lourdement pour qu'il accepte. On lui a dit d'en faire profiter ses 2 jeunes apprentis. Une photo pour immortaliser le tout, et tout le monde est content, eux, le velo, nous...
Bahawalpur, comme toute grande ville (allais-je dire, mais pour eux une ville de 500 000 habitants est a peine une grosse bourgade) du sous-continent qui se respecte, est etonnamment poussiereuse et polluee, quoique les habitants y font des efforts, et balayent tous les matins devant leur porte, mettant les detritus pas vraiment plus loin, mais au moins en tas. L'air prend a la gorge, qui gratte de plus en plus, et c'est vraiment une sensation desagreable. Nous prenons un mini-van bonde pour gagner Uch Sharif et ses magnifiques mausolees (http://biketrip.aliceblogs.fr/blog/DernieresPhotos/_archives/2007/1/19/2664461.html).
Sur place, nous rencontrons un couple de voyageurs belges, qui avaient embauche un guide a la journee, et nous invitent a se joindre a eux. Nombreuses visites, et retour dans leur voiture. Je m'approche pour remercier le guide et lui laisser un pour-boire, et encore une fois, nous avons affaire a un refus : "bah ! l'argent, c'est pas un probleme. T'en a plus besoin que moi, tu voyages a velo !". Ah bon... ben merci alors !
Mercredi 17 Janvier

L'entree au Pakistan et Quetta
par
biketripalicefr
le mer 17 jan 2007 15:33 CET
Nouvelle Frontiere (haha !)
Le passage de la frontiere se fait sans encombre, d'un cote comme de l'autre. En 1 heure a peine les formalites seront accomplies ; nous serons meme pris en photo par la douane pakistinaise, qui enregistre nos bouilles dans leur systeme. Il y a pas mal d'Afghans, dont 2 papys avec qui nous avons partage le pick-up de Zahedan a Mirjaveh pour reduire les frais. Mal traites en Iran, nous verrons ce qu'il en est de l'autre cote de la barriere.
Une fois encore, la frontiere nous fait passer d'un monde a un autre, sans transition, et c'est toujours tres etrange. Fini le routes goudronnees, les rayons des magasins remplis, les poubelles dans le villes, on a le sentiment de faire un saut dans le passe. Le physique des gens aussi change du tout au tout, il n'y a pas de doutes, nous venons bien d'entrer dans le "sous-continent". Tres vilain mot en francais d'ailleurs, qui donne un connotation plutot pejorative : on a l'impression que ca fait "sous-homme" ; en anglais, on dit "sub-continent", ce qui nous parait plus adequat.
La ville frontiere pakistanaise, Taftan, a, elle aussi, une reputation deplorable.
Nous trouvons en fait un petit bazar sympa, et y rencontrons des gens acceuillants qui nous proposent regulierement de venir boire une tasse de the. C'est ainsi que nous passons les 8 heures qui nous separent de notre nouveau trajet en bus, jusqu'a Quetta. Siroter du the en papotant avec des locaux sous un doux soleil... il n'y a pas de quoi s'alarmer. A noter, qu'a partir de maintenant, le the est noir, sucre, et servi avec du lait. Je ne cours pas apres, mais bon, ai-je vraiment le choix ??
Depart a 16h00, pour une nouvelle nuit dans le bus (ca fera 2 de suite), pour une arrivee prevue a Quetta vers 4h ou 5h du matin Inch Allah. Et ce coup ci, c'est pourquoi le "Inch Allah" ? "Ben de temps en temps, il y a des Talibans qui font des descentes (la route passe a quelques kilometres a peine de la frontiere), et arretent les bus. Ils cherchent principalement de l'argent, mais bon, ca n'arrive pas tous les jours" me glisse le patron de la compagnie... Nous voila rassures. Initialement, nous voulions prendre un train, que nous jugions plus sur, mais apres quelques recherches sur internet, nous nous sommes rendus compte qu'il avait ete arrete a plusieurs reprises pour causes d'attaques, un peu comme a Eldorado City (desole pour ceux qui ne connaissent pas Ensues!). Vu qu'il n'y en a que 2 par mois, des petits rigolos s'amusent a le faire derailler, ou a y envoyer des roquettes !
Dans le bus, toujours beaucoup d'Afghans, et une journaliste turque qui prepare un article sur nous, pour une revue pour jeunes adultes. Les routes sont particulierement mauvaises dans cette partie du Pakistan, appelee Balouchistan, et notre chauffeur nous fait quelques frayeurs. Un camion arrive en face, la route n'est pas assez large, mais nous roulons trop vite pour en sortir, nous risquerions de partir en vrille... Les klaxons hurlent, un coup dans le zig, un coup dans le zag, les 2 gros vehicules se frolent, mais ca passe, ouf ! "Aaaaaah !!" Y en a un autre derriere. Manoeuvre osee du chauffeur, personne ne sait vraiment comment s'est passe une nouvelle fois, mais tout le monde se regarde dans le bus, les yeux ecarquilles, et l'estomac dans les talons...
Il est vrai que nous aimons beaucoup l'asie : les gens, la culture, la cuisine, les fruits exotiques, les paysages, la nature, etc., mais il y a quelque chose que nous avons du mal a supporter : la musique. S'il y a vraiment un point commun a toute l'Asie, c'est cette maniere de chanter la haut, tout la haut dans les aigus, et ca casse la tete ! Et le gros probleme, c'est que dans les bus, ils la mettent a fond. C'est un vrai supplice (chinois pourrait-on dire), qui dure des heures, et qui empeche evidemment de dormir. S'en est douloureux. En plus, les melodies sont toutes identiques, et la recherche musicale, meme si je n'y connais pas grand chose, est bien loin du raffinement de leurs cultures.
Nous arrivons avec un bon mal de crane a Quetta a 4H30 du matin. Les gens, un peu agards, ne se pressent pas trop pour recuperer leurs bagages, sauf un des papys Afghans qui montent sur le toit du bus, et qui marche allegrement sur le velo couche sur le flanc. Je le choppe tres enerve par le col et lui fait comprendre qu'on n'est pas aux pieces, et que c'est un velo qui est sous ses pieds ! Mais c'est deja trop tard, le mal est fait, nous nous rendrons compte plus tard que le porte-bagage est tordu, mais surtout casse. Nous dechargeons le tout et devons suivre un taxi qui enmene des voyageurs dans un hotel du centre. Nous partons les premiers, et le taxi commence a klaxoner. "C'est bon mec, on sait que t'es derriere !". Il continue et amplifie meme ses coups de trompe. Oups, ici on roule a gauche ! Ben oui, mais a 5h00 du mat apres 2 nuits dans le bus, on n'a plus toute sa lucidite ! A peine a l'hotel, apres avoir aprement negocie le prix de la chambre, nous nous couchons pour une "sieste".
Quetta
Quetta est une ville a l'atmosphere etrange. Capitale du Baloutchistan, une des regions les plus pauvres du pays, elle comporte aussi beaucoup de Pashtuns. Dans la rue, on voit pas mal de bourqas Afghanes, les fameuses bleues avec le grillage. Ca tranche avec celles du Sud de l'Iran, meme si (et nous avions oublies de les mentionner avant) il y en avaient aussi la-bas de tres impressionnantes, en tissu brode de couleurs vives, qui recouvraient l'integralite du visage, avec juste de petites fentes horizontales pour les yeux. Precisons qu'elles n'etaient pas portees par les Perses, mais par les Arabes. Dans les rues, les Pahstuns, a la tres longue barbe, parfois orange car teintee au henne, se deplacent enturbannes et emmitouffles dans des sortes de couvertures qui servent a tout. Tapis de priere, tapis tout court pour se coucher dans le rue ou dans l'allee centrale du bus, mouchoir... multi-fonction quoi. Les visages sont fermes, mais nous allons vite comprendre pourquoi. Cependant, quand on leur sourit, tout se detend, et durant la journee, nous nous faisons souvent accostes par des quidams qui veulent simplement discuter. La nourriture est bonne, et dans les petites echopes, on trouve des mixtures de lentilles et de poids chiches, servis avec des delicieux chapatis (cuits au four tandoori) pour des sommes derisoires.
Les rues sont tres sales, et tout le monde y jete ces detritus. Il faut enjamber les amoncellement de dechet, dans lesquels vaches, chevres et moutons viennent "paturer". Ainsi, nous decouvrons que les vaches raffolent du carton mouille ! Quetta possede par contre un musee de geologie etonnant et passionnant. Gratuit (il n'a pas l'air d'etre pour autant pris d'assaut par la population), il renferme des collections impressionnantes de fossiles (certains ont plus de 500 millions d'annees !), de squelettes de dinosaures (dont une surprenante baleine a pattes et un herbivore d'une vingainte de metres), de pierres fluorescentes et phosphorescentes, et de mineraux provenant de toute la planete, avec en prime, leur utilisation dans l'industrie : lessives, detergents, crayons, processeurs, verre et beaucoup, beaucoup d'autres.
La nuit venue, pas besoin de compter les moutons pour rejoindre Morphee. Quelques heures plus tard cependant, nous sommes reveilles par une douzaine de coup de feu. Mais c'est le "quotidien de la nuit" ici, et le lendemain, nous apprendrons par le Balochistan Times que deux roquettes ont ete tirees, et qu'une descente des forces speciales pakistanaises a fait une quinzaine de morts du cote des Talibans. Ca avance, ca avance...
Jeudi 11 Janvier

Fin du sejour en Iran
par
biketripalicefr
le jeu 11 jan 2007 12:21 CET
Ca va faire 1 semaine que cet article est en cours, mais il est tres difficile de trouver des connections ici, au Pakistan. Les ordinateurs sont deseprement lents, et les nombreuses coupures d'electricite n'arrangent rien. Apperemment, la majeure partie du courant est produit par des centrales hydro-electriques, et comme nous sommes en hiver, saison seche, les debits ne sont pas assez importants pour satisfaire la demande. Du coup, il nous est arrive plusieurs fois de perdre tout ce que nous avions ecrit, ce qui explique notre retard... Reprenons, donc pour la suite et fin de l'artcile :
De Langeh a Khamir
Apres une grosse journee de pedalage (120 km), nous arrivons enfin a Khamir. A peine sommes nous dans le centre qu'une voiture se met a notre hauteur :
"How are you Mister ?
- Fine thanks, and you ?
- Where are you from ?
- France.
- Where ?
- France.
- WHERE ?
- FRANCE ! FRANCAIS !
- Ah, Francais ! Where are you going ?
- We are looking for a place to put our tent.
- Come to my home !"
Une fois dans leur cossue maison, on nous demande ce que nous voulons pour diner : poulet ou poisson. Ne sachant que choisir nous interrogeons les 4 enfants, qui tous repondent en coeur : Poisson ! Au bout du compte, nous aurons le droit aux deux, et les enfants, eux, ne mangerons que du poulet ! Va comprendre Charles ! Avant le repas, Abdulwahad nous a fait faire une visite guidee de la ville, ainsi qu'un petit tour sur la plage. Il prend pour le plaisir, des cours d'anglais, ce qui nous facilite nos echanges. Il propose a Stef d'enlever son voile et nous glisse en rigolant : "je suis musulman, mais juste un peu. Chez moi, no problem, mais en ville problem". Pendant notre tour en ville, il a tenu absolument a nous acheter des canettes de biere sans alcool (l'alcool est interdit a la vente en Iran), en nous soutenant qu'elles sont fabriquees en Iran. Pourtant, en gros est inscrit sur la boite : made in Holland !
Apres une bonne soiree et une nuit reparatrice, nous prenons place autour de la nappe du petit dej, pour un regal de pain, de confiture a la carotte et de creme fouettee. Au moment du depart, sa femme nous offre une enorme boite de "nougats" a la pistache, alors que la veille, ils avaient refuse tous nos cadeaux.
De khamir a Laft
A une trentaine de kilometres de Khamir, il est possible de gagner l'ile de Qeshm par bateau. Sur l'embarcadaire de Bandar e Pol, nous nous faisons alpaguer par des "capitaines" de coques de noix, qui nous demande 5 dollars pour la traversee d'une quinzaine de minutes.
"5 dollars ?! C'est plus cher que pour le chateau d'If depuis le vieux port !! T'exageres !"
Pendant ce temps, un monsieur s'est approche pour nous dire qu'il peut nous faire passer gratuitement. Il possede des camions, qu'il emmene sur l'ile a l'aide de grandes barges. Ca nous arrange, car ca nous evite de decharger le velo. Pour monter sur les barges, les camions qui se disputent les places, se heurtent, se poussent, manquant d'ecraser le personnel, dans un chaos effrayant. La barge complete, nous nous faufilons entre 2 rangees : en route pour l'ile !
Laft a 7 km de l'embarcadaire d'arrivee, est censee etre le village le plus charmant de l'ile. Nous le traversons, et peu de traces de vie. Nous questionnons les militaires, qui nous repondent qu'il n'y a aucun magasins dans le village et qu'il faut aller a Qeshm, a 80 km. Surement ! Les habitants qui veulent leur pain frais, vont faire 80 km ! Le temps de faire une petite visite, d'admirer les chantiers de boutres (gros bateaux en bois) et d'une seance photo avec une dame a la bourqa imposante, les magasins du centre ont ouvert et nous trouvons 4 epiceries et 1 boulanger pour du bon pain tout chaud.
Pour la nuit, nous plantons notre tente sur le haut d'un colline avec une magnifique vue sur la maree descente dans le golfe persique, ses mangroves, sur les montagnes du continents, et sur les nombreux bagdirs. Nous declinons une invitation (la tente etait deja plantee), et avons la surprise de voir apparaitre deux renards a une quinzaine de metres a peine. Nous nous fixons mutuellement, et ne sommes peut etre finalement pas les plus curieux. L'un deux viendra meme gratter la toile pendant notre sommeil !
De Laft a Qeshm
Sur cette ile, qui ne compte que 5 malheureuses routes, nous trouvons le moyen de nous tromper de chemin pour rejoindre la ville principale. Il faut dire que nous ne sommes pas aide par les habitants qui ne connaissent rien de leur ile pourtant pas tres grande. La route est plutot monotone et, une fois a Qeshm,nous descendons dans un hotel jouissant d'une merveilleuse vue depuis les chambres, sur le golfe et l'ile d'Ormuz. C'est avec un grand etonnement, que nous decouvrirons qu'il est rempli de travailleurs du sous continent, venus renouveller leur visa pour Dubai.
De Qeshm a Bandar e Abbas
Pour regagner la metropole, nous achetons un ticket un peu au hasard, vu que le vendeur ne pipe mot d'anglais. Sur la jetee, un hommes arrive et nous demande : "Gros ou petit bateau." Nous n'en savons rien. Il s'avere que nous possedons un billet pour les fameuses coques de noix. Pas tres rassures, nous chargeons quand meme le tout. Nous lui demandons combien de temps prend la traversee. Il nous repond : "30 a 40 minutes inch Allah". Comment ca ? Et si Allah inch pas, qu'est ce qu'on fait ? On coule ? Parce que nous savons nager certes, mais le velo lui, pas si sur ! La barquasse saute sur les vaguellettes et l'emaillage du cadre et de la remorque souffrent...
Nous accostons a Bandar e Abbas la sulfureuse. Lieu des trafics en tout genre (voiture, hi-fi, drogue...), ou il ne fait pas bon trainer la nuit. En outre, la ville possede une gigantesque mosquee (dans le style de l'Amir Chakhmaq a Yazd) dont la construction est stoppee, depuis plusieurs annees, pour cause de non respect des normes sismiques. Apres une visite de quelques heures, nous achetons des tickets de bus pour Zahedan. Depart a 16h et arrivee prevue a 8h le lendemain matin.
Nous arrivons a 4h30 du matin, au lieu des 8h00 annoncees par le vendeur, ce qui nous agace quelque peu, vu que nous aurions pu quitter Bandar e Abbas 2 heures plus tard, et nous eviter d'attendre dans le froid de Zahedan. Nous sommes deja loin du golfe, et les temperatures ont degringole. De plus, la gare routiere n'est pas le lieu ideal, vu la reputation de la ville. Nous apprenons assez vite qu'il n'y a plus de bus pour la frontiere, ce qui va nous obliger a prendre un taxi qui accepte notre monture... Un vieux monsieur, parlant anglais, parmi une foule d'autres presonnes, nous accostent, et nous propose son pick-up, pour un prix raisonnable. Hop, le velo charge, nous partons en diretion du Pakistan.
Space Caravane
Il ne s'agit absolument pas de caravanes de l'espace, mais bien de dromadaires qui transportent de la drogue dans le desert entre Zahedan et Kerman ... Pour ne pas se faire attraper, les trafficants habituent ces betes a bosse a un trajet donne, en ne les nourrissant qu'en certains points. Charge de d'heroine ou autre en provenance d'Afghanistan, ils traversent le desert jusqu'a Kerman ou autres villes d'ou leurs chargements sont expedies ailleurs. La lutte est alors tres complique pour les autorites iraniennes, qui ne peuvent arreter tous les chameaux qui dambulent dans ces immensites de sable et de cailloux.
Zahedan
Plaque tournante du trafic de drogue depuis l'Afghanistan vers l'Europe, Zahedan n'est pas un lieu plaisant pour le voyageur. Une drole d'atmosphere y regne et on sent les gens tendus. Citez le nom de cette ville n'importe ou en Iran et tout le monde vous repondra qu'il ne faut pa y aller, ou du moins qu'il faut y faire tres attention. C'est dans cette zone qu'en 99 et en 2003 deux couples de cyclistes ont ete pris en otage. Les ravisseurs demandaient une rancon equivalente aux 2 saisies que les policiers Iraniens avaient faites quelques jours auparavant. Cependant, les conditions de detention des otages ont toujours ete, selon eux, excellentes et agreables !
Nous arrivons a 4h30 du matin, au lieu des 8h00 annoncees par le vendeur, ce qui nous agace quelque peu, vu que nous aurions pu quitter Bandar e Abbas 2 heures plus tard, et nous eviter d'attendre dans le froid de Zahedan. Nous sommes deja loin du golfe, et les temperatures ont degringole. De plus, la gare routiere n'est pas le lieu ideal, vu la reputation de la ville. Nous apprenons assez vite qu'il n'y a plus de bus pour la frontiere, ce qui va nous obliger a prendre un taxi qui accepte notre monture... Un vieux monsieur, parlant anglais, parmi une foule d'autres chauffeurs, nous accostent, et nous propose son pick-up, pour un prix raisonnable. Hop, le velo charge, nous partons en diretion du Pakistan ! Adieu l'Iran et ses habitants si hospitaliers, ses incroyables mosquees et mausolees, sa bonne cuisine et les belles routes asphaltees, et bonjour le Pakistan, dont nous ne connaissons pas grand chose a vrai dire...
Vendredi 5 Janvier

Petits oublis
par
biketripalicefr
le ven 05 jan 2007 15:49 CET
L'article precedent a ete suffisamment long pour ne pas en rajouter. Cependant, nous avons omis quelques details, que nous livrons dans celui-ci !
Tout d'abord, en arrivant a Asaluyeh, deux voitures avec 7 ou 8 personnes dedans (dont de nombreux enfants), completement hysteriques, nous ont obliges a nous arreter sur le bord de la chaussee.
"C'est vous ! C'est vous !
- Euh... C'est nous quoi ??
- On vous a vu a la tele de Bushehr !! On peut prendre des photos ??"
Nous revoila partis pour une seance, avant d'etre invites chez eux. Malheureusement, leur village se trouvait a 50 km, dans les montagnes, et nous en avions deja faits 98... Ce n'etait donc pas possible.
Un peu plus loin, en arrivant dans la ville, nous cherchions un endroit pour nous poser, ou meme un hotel, car nous en avions entendu parler. Apres quelques tours infructueux dans le centre, malgre les demandes aux passants, un monsieur, nous dit que l'hotel est trop cher, mais que lui est la pour nous aider. Il travaille pour une grosse entreprise de petrochimie, et parmi ses nombreuses casquettes, il a celle de loger les travailleurs qui viennent sur les sites off-shores et on-shores du coin. Il gere donc 2 guest house. Il nous dit :
"Poser votre velo dans ce local (ferme a clef), et vous pouvez loger dans cette guest house. Et puis non. Celle-ci est pour les Iraniens, j'en ai une autre mieux pour les occidentaux !"
Nous lui affirmons que la moins bien des deux nous suffit amplement, et que nous ne voulons pas le deranger davantage. Il insiste, et nous conduit dans une maison luxueuse et d'une proprete remarquable. C'est un homme qui l'entretient ! et attention aux boites de mouchoirs si elles ne sont pas replacees pile au milieu de la table...
Dans cette maison, nous avons fait la connaissance de quelques ingenieurs Iraniens (pendant les fetes, pas d'occidentaux), et nous avons eu de tres interessantes discussions techniques. Sur ce, ils nous ont invite au fast food, mais quel fast food ! Pizzas, frites, salades, tout ce dont nous n'aurions pas pu nous payer, sous peine de sortir du budget... En fin de repas, un inge me dit :
"Tu manges vite pour un Francais !" (j'ai fini le dernier, mais pas de beaucoup).
Mais ce qu'il ne savait pas, c'est que j'avais mis le turbo a m'en rendre malade !! Ensuite, il nous ont fait faire un tour de la ville by night.
Asaluyeh est tres etrange, car la majorite des gens n'y sont que pour quelques semaines, pour des missions bien precises et souvent stressantes. Drole d'atmosphere...
Sinon, si quelqu'un a sa pierre de rosette, nous aimerions avoir votre avis sur ce cours texte, vu a Shiraz (http://fr.pg.photos.yahoo.com/ph/fond374/detail?.dir=37e0re2&.dnm=81a9re2.jpg)
"Le drapeau, designe pour les jeux olympiques internationaus pour l'annee 2008, dans un metaphore urbain, a la presence du representant autorise du programme de faire asssoiement des hommes des nations unies.
(UN-HABAITAT) et a la presence des fonctionnaires renommes de la republique islamique d'Iran et des peuples aimables et emprisent de la culture de la ville de Shiraz, la capitale culturelle de l'Iran antique, a ete remis en flotter. En souhaitant aue cette premiere olympia soit etre l'indicateur pour la vie mieux les peuples du monde."
Mercredi 3 Janvier

De Bushehr a Bandar e Langeh
par
biketripalicefr
le mer 03 jan 2007 15:00 CET
Partis en debut d'apres-midi de Busher, nous filons vent dans le dos, le long du golfe persique vers le sud-est. Apres 2 heures et demi de route, nous nous faisons arreter par une voiture (a Delvar) dont le chauffeur veut nous inviter chez lui, dans le village suivant. "L'offre" nous tente bien, mais il y a un probleme ; a la question : "Etes-vous maries et avez-vous des enfants ?", il nous repond non. Et, a vrai dire, nous sommes un peu refroidis avec les hommes iraniens non maries... Ils ont, comment dire, quelques problemes avec leur zigounette, ce qui les rend un peu trop collants et entreprenants, surout dans la region de Bushehr (voir article sur Bushehr : http://biketrip.aliceblogs.fr/blog/Iran/_archives/2007/1/1/2611460.html#post_comment). Nous declinons. A peine en selle, une seconde voiture s'arrete, et on nous invite a nouveau. Ce coup-ci, le monsieur, Hassan, a bien une famille, mais habite a 30 ou 40 km de la, derriere une petite montagne de surcroit. Mais comme nous l'entendons souvent ici : "No problem". J'ai mon beau-frere qui habite Delvar, vous pouvez y laisser le velo et la remorque, et je vous enmene en voiture a Tangestan". Ah bon... ben d'accord alors... Nous passons chez le beauf, y prenons un the avec un beau plateau de fruits (bananes, oranges, et carottes !), puis il nous conduit chez lui. Avant cela, il nous fait un detour "touristique" pour nous montrer des sources chaudes, souffrees, dans lesquelles se baignent quelques locaux. Sympa ! Ensuite, nous allons dans la famille de sa femme, ou nous prendrons le repas, avant d'aller chez lui passer la nuit.
Comme il se fait ici, la maison est remplie de cousins, de freres, de soeurs, de bebes, de tantes, enfin tout ce qu'il faut pour mettre une bonne ambiance et une bonne animation. Hassan, qui parle un peu anglais, fait l'interprete. On plaisante, on discute, le courant passe tres bien, et tres vite. On nous demande ce que nous voulons pour diner. Ne nous faisons pas les difficiles, et retournons la question. Au final, nous aurons des crevettes, du poulet et riz, accompagne d'un jus de grenade, le tout dans des quantites gargantuesques. Heureusement, le velo nous permet d'ingurgiter des portions demeusurees, ce qui ravit les cuisinieres, et notamment la grand-mere. C'est affolant ce que l'on peut faire rentrer dans nos estomacs, nous n'en revenons pas nous memes. Les dattes de la region sont succulentes. Tellement sucrees qu'on dirait qu'elles sont confites, mais je dois avouer, que notre preference va a celles de Bam (fondantes), mais chut ! il ne faut pas le dire ici...
Tout le monde est a l'aise, et la famille insiste pour que Stef enleve son hidjab, non pas par voyeurisme, mais justement parce que tout le monde est detendu, et ils savent bien que ce n'est pas dans nos habitudes de vivre avec un foulard sur la tete. Ledit foulard demande une vigilence de tous les instants a "l'occidentale" pendant le repas, afin qu'il ne se transforme pas en bavette, au riz et a la sauce a la grenade. Nous tombons de fatigue, et Hassan nous propose de partir. A ce moment, une des jeunes filles qui avait beaucoup blague avec Stef va dans se chambre et revient avec un manteau dans les bras (le terme de manteau, ici, designe une sorte de tunique qui descend jusqu'aux genoux, et qui est cense masque les formes du corps ; celui-ci est bien cintre, hehe). C'est un cadeau ! Nous refusons 3 fois, et finissons par accepter.
Chez Hassan, on nous prepare un couchage, au sol, sur un tapis. Nous trouvons le sommeil en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Le lendemain, Hassan nous presente ses parents, notamment son pere, 103 ans. Il a tout connu, les Shahs, la revolution, les guerres... Nous prenons le petit-dejuener ensemble, avec au menu, de la delicieuse confiture a la carotte (en concurrence directe avec celle aux petales de rose d'Espahan, tout aussi succulente). La famille insiste pour nous garder une journee de plus, ou au moins pour le repas du midi, mais nous devons partir, les kilometres ne se font pas tous seuls, et c'est bien 2 ans qu'il nous faudrait pour faire notre voyage si nous nous arretons dans tous les endroits sympas. C'est avec un petit pincement au coeur que nous prenons l'auto, direction Delvar, pour recuperer le velo. En chemin, l'horreur s'est produite quelques minutes avant notre passage. Un (ou 2, nous n'avons pas bien compris) enfant de 6 ou 7 ans s'est fait renverse (le terme est bien trop faible) par un camion roulant probablement a vive allure. Les femmes de sa famille et du village sont la, pleurant, hurlant et poussant des cris dechirants. Certaines ne tiennent plus debout et s'affalent au sol. Des hommes se prosternent, d'autres sont allonges par terre, comme paralyses par le chagrin, la rage... La scene est insoutenable, et les 2 ou 3 secouristes ne savent plus ou donner de la tete. Pour le petit, il est deja trop tard, reste a gerer la detresse des plus grands.
Tout ca nous rappelle que la vie ne tient qu'a un fil... Raison de plus pour en profiter pleinement, et d'arreter de se faire la guerre pour un oui, pour un non...
Le soleil est bien present, et la temperature nous ramene quelques mois auparavant. Il fait entre 20 et 25 degres a l'ombre, et notre peau reprend tres vite des couleurs. La journee se passe bien, meme si, forcement, nous gambergeons et pensons a cette fichue couverture sur ce corps d'enfant. Nous restons cependant mefiants lorsque nous croisons des jeunes sur des motos. Justement, a contre sens, 5 motos avec 2 ou 3 personnes sur chaque arrivent en contre-sens. Elles font demi-tour et foncent pour nous rejoindre. Pas vraiment inquiets, mais pas vraiment non plus dispos a repondre aux questions idiotes d'ados excites, nous pensons : "pfff..." Une voiture derriere nous a vu la scene, et avant que les motos arrivent a notre niveau, elle s'arrete. 1, 2, 3, 4, 5, 6 puis 7 jeunes adultes en sortent, et se postent au milieu de la chaussee. Il ne manquait plus que ca ! A notre plus grande surprise, ils nous font de grands sourires, et nous font signe de continuer, sans meme mettre pied a terre. En revanche, ils arrentent les motards, et leur demandent de ne pas nous suivre !! Ils attendront un bon quart d'heure, pour etre sur qu'ils ne reviennent pas. Pendant ce temps, nous poursuivons notre route, et il nous rejoingnent quelques km plus loin. Ils nous escortent par la suite pendant encore une bonne dizaine de kilometres ! Nous ne saurons jamais ce que nous voulaient les motards, surement pas grand chose, mais c'est certainement mieux ainsi. Arrives a leur village, ils nous donnent un papier avec leur numero de portable et celui de police, "au cas ou" comme ils nous disent.
Une demi-heure plus tard, nous nous arretons dans un micro village, a l'ecart de la route, pour passer la nuit. Nous sommes regardes comme des betes curieuses, mais avec bienveillance. Nous demandons a la mosquee si nous pouvons planter notre tente sur son terrain, mais deja un attroupement s'est forme. Un voisin nous propose alors de dormir chez lui, juste en face, a l'abri des regards.
Le lendemain, une fois encore, on nous propose de rester pour le midi, mais nous comptons bien avancer, et c'est avec un grand soleil, de plus en plus chaud, que nous gagnons Dayier, une grosse centaine de kilometres plus loin. Le fait marquant du jour ? Alors que nous n'etions plus qu'a un quinzaine de kilometres de ladite ville, une voiture nous demande de nous arreter, ce que nous faisons, c'est (presque) toujours sympa de papotter quelques minutes, et ca nous fait une pause. Coincidence, il s'agit de journalistes, les collegues de ceux qui voulaient nous filmer a Bushehr ! Je leur montre le mot de leurs homologues. Ils font leur sujet, nous prennent en train de rouler, nous interviewent, et le responsable, Hassan... nous invite chez lui ! Le hic, c'est qu'il y a un fort vent de face, et que nous sommes plutot lent. "No problem", le leightmotiv iranien, pendant 20 minutes il roulera devant nous a 18 km/h pour nous enmener dans sa maison, en face de la mer !
Superbe maison, quoique en travaux, avec TV par satellite (donc chaines francaises !), machine a laver (genial !) et douche spacieuse (un regal). A peine arrive, il nous prepare un gros repas, avant de nous laisser nous reposer quelques heures. Ensuite, pour la soiree (sa femme etait a Bushehr, voir son papa), un de ses amis, Hossein (prof d'anglais) et 3 cousines et amies sont arrives, pour, encore une fois un repas digne de ce nom... Mais surtout, ce qui est a noter, c'est l'ambiance extraordinaire qui regne, et qu'il ne m'est pas vraiment possible de retranscrire avec de simples mots. On a rigole (beaucoup beaucoup), on a echange, on a compare, on a refait leur monde, puis le notre, et ce n'est que le sommeil qui a eu raison de cette veillee qui restera gravee dans nos memoires. Une fois de plus, ils nous ont demande de rester pour le jour suivant. Nous avons fini par refuser, mais on ne sait pas vraiment pourquoi finalement (on n'est pas a un jour pres !), et on le regrette... mais c'est ainsi, et peut-etre qu'on se recroisera (l'espoir fait vivre !).
C'est d'autant plus bete que le jour suivant, un vent a decorner les chameaux (ah non, ca va pas), a decorner les chevres (hautes sur pattes ici), qui nous vient de cote, nous oblige a arreter de pedaler apres un peu plus d'une heure de route, pour ... 15 km ! Nous nous disons que nous aurions vraiment mieux fait de rester chez Hassan, quand une voiture se met a notre niveau. C'est un prof, qui nous invite chez lui, a son tour. Dans sa maison, sa femme et son fils nous accueillent autour de fort-bons morceaux de poissons du golfe. Apres un debut d'apres-midi de repos, Abbas sort son jeu d'echec et appelle son voisin. 2 parties acharnees seront disputees, avec, au final : Iran 1 France 1, mais ils s'y sont mis a 2 pour la revanche !
Pour rattraper les kilometres non parcourus de la veille, nous en faisons 120 pour atteindre un village sans nom, meme pas sur les cartes. Nous avons passe la journee dans un paysage grandiose de rochers, de montagnes, avec vue sur le golfe. Cette route est vraiment magnifique, et peu circulee de surcroit, c'est un vrai bonheur pour les cyclistes. Lorsqu'un camion nous double, le souffle cree transforme Stef en lezard a colerette avec son hidjab qui se releve... ou alors il se colle sur son visage, hihi...Il est rigolo de constater que, malgre la chaleur, les motards roulent quasiment tous la tete embobinnee dans des foulards, notamment les fameux motifs rose et blanc que les journaux televises nous montrent portes sur des Irakiens. Du coup, au debut nous n'etions pas rassures. Ne voir que les yeux noir-profond depasser de ce morceau de tissu diabolise par nos medias, brrr, ca fait froid dans le dos. En fait, nous nous rendrons vite compte que c'est juste pour se proteger des courants d'air ! Il est certain qu'un casque ne serait pas plus mal, mais ceci "ne nous regarde pas" dixit les Inconnus. En chemin egalement, une bande d'ados en moto (6 motos en tout), fait demi-tour pour venir a notre rencontre. Assez vite, ils se mettent a nous tourner autour, nous empoisonnant l'existence, tant par leur comportement, que par le bruit et l'odeur de leurs 2 temps. Et puis l'un d'eux cherche a attraper le drapeau de la remorque, un autre une de nos bouteilles d'eau. Bon, ben il faut reagir. Je gare le velo en catastrophe le long de la chaussee, pendant que Stef me sort la matraque telescopique que le plus vieux de mes beaufs (un policier, hehe) m'a confiee avant notre depart. D'un coup de poignet sec (comme il me l'a montre), l'engin se deplie dans un cliquetit caracteristique. Effet boeuf, les gamins disparaissent, et nous les reverrons jamais. Il faut dire que de loin, on ne sait pas vraiment si cette matraque est tranchante, piquante, et elle ne donne pas vraiment envie d'en savoir plus d'ailleurs... Un peu plus loin, un autre ado en moto nous casse les pieds. La matraque etait malheureusement rangee, et il a profite d'un moment d'inattention pour effleurer la poitrine de Stef. Decidement, ils ont vraiment un probleme avec tout ca. Evidemment, il a prit la poudre d'escampette, et il nous etait impossible de le suivre avec le velo. J'ai cru qu'il faisait demi-tour, et je l'ai attendu de l'autre cote de la route matraque deployee pour lui tirer les oreilles, mais le pleutre n'en avait pas eu le courage. Nous avons bien croise une roulotte de police un peu plus loin, mais le temps que le bonhomme emerge de sa sieste, nous avions decider de decamper.
Nous nous hissons au niveau d'une cahutte dans les champs, pour demander si nous pouvons planter la tente (ces temps-ci, on n'arrive plus a la sortir !). Les jours se suivent et se ressemblent : une voiture s'arrete, et un homme nous propose : "j'ai une petite cahutte a 7 ou 8 km, je vais chercher les clefs, et je vous retrouve sur le bord de la route un peu plus loin". Ok, ca a l'air d'etre un bon plan. Sauf que jamais nous n'avons reussi a nous retrouver. Sommes-nous alles trop loin ? Trop lentement ? Trop vite ? Toujours est-il que la nuit va tomber et qu'il nous faut trouver un endroit. De l'autre cote de la route, un homme enturbanne dans son foulard noir et blanc nous regarde. Je vais a sa rencontre, et en 2 minutes... nous sommes invites a dormir dans ce que nous croyions etre sa maison. En fait, c'etait celle du beau-frere de sa femme, mais ca n'a pas vraiment d'importance ici. Le beauf en question (un prof encore !) sera juste un peu surpris a son arrivee, mais tres content de voir nos tetes de francais. Si nous avions eu l'habitude d'ingurgiter des quantites astronomiques de nourritures jusque la, dans cette famille nous avons battu tous les records. Fruits pour commencer (c'est l'habitude en Iran), poulet en veux-tu en voila, et une platree de riz de dingue ! Heureusement que nous mangeons par terre, ainsi, nous n'avons plus qu'a rouler pour atteindre les edredons qui nous servent de lit. La soiree se deroule pour le mieux, avec une bonne trentaine de gens qui passent voir les etrangers. Il nous est plus difficile de nous faire comprendre (personne d'anglophone), mais notre phrase book en Farsi nous sauve la mise. Et puis ils sont tres contents de nous voir barragouiner dans leur langue, et nous felicitent de nos (pourtant pas enromes) efforts.
Au petit-dej, dans la continuite de la veille, nous serons servis comme des ogres, avec ash (soupe aux lentilles vertes du Puy, euh non, pas du Puy...) et une autre assiette, sorte de soupe avec du ble et des morceaux de viande (voir les photos sur http://fr.pg.photos.yahoo.com/ph/fond374/album?.dir=ad07re2&.src=ph&store=&prodid=&.done=http%3a//fr.pg.photos.yahoo.com/ph/fond374/my_photos). Plus de la confiotte a la carotte, tout cela est tres bon pour ce que l'on a, mais definitivement, je deconseille a quiconque de visiter l'Iran autrement qu'a velo, sous peine de repartir avec une bonne dizaine de kg supllementaires (remarquez que ces kg la ne sont pas taxes par les compagnies aeriennes, alors finalement...).
Vent favorable, nous roulons pendant 5 heures pour 125 km, et rejoignons un nouveau village sans nom, dans lequel nous passerons la nuit dans une petite salle attenante a la mosquee, que les gens du village nous ont proposee. Ca tombe tres bien, nous souhaitons nous coucher tot, ce qui n'est pas possible dans les familles. Aussi, il nous faut preparer la suite, et c'est avec un grand plaisir que nous pouvons le faire, au calme. Dans le village, une petite echoppe confectionne de savoureux gateaux, type corne de gazelle. On s'en empiffre un bon kilo, et nous avons bien fait, car le lendemain matin, les fourmis auront pris possession des 5 derniers qui restaient. Par contre, depuis Espahan, nous ne retrouvons plus de Halva aussi bon, j'espere qu'on en aura a Bandar a Abbas !
Ca y est, nous arrivons a la fin de cet article qui me lessive, avec l'arrivee justement a Bandar e Langeh. Encore des paysages magnifiques, dignes de l'Islande, et un soleil toujours plus chaud. Ma montre indique 38 degres, en plein cagnard... Ce qui change ici, c'est qu'il n'y a plus que des Persans, mais aussi des Arabes, des Baloutches, des Africains... Du coup, suivant les communautes, les femmes s'habillent tres differement. Les tchadors tout noirs sont concurrences par des couches superposees de voiles multi-colores, et les hidjabs par des burqas vraiment speciales. Il s'agit de masques, en je-ne-sais-trop-quoi (acier, carton ?) qui recouvre le nez, les levres et une partie du front. Ca fait comme un masque quand on s'est casse le nez. Les femmes Arabes ont aussi parfois des voiles qui ne laissent visibles que leurs yeux. Meme si Langeh n'est pas reputee pour sa cuisine, nous y mangeons de bons poissons et crevettes, ainsi que des glaces a l'eau de rose. On a l'impression de manger une glace au loucoum, c'est rigolo... Langeh possede egalement des plages, qui pourraient etre belles, si elles n'etaient polluees par toutes sortes d'emballages en plastique. De toute maniere la baignade etant interdite, nous n'aurions pas pu en profiter, et nous preferons pique-niquer sur les plages desertes plutot que sur celles des villes...
Nous reprenons bientot la route pour Bandar e Abbas, l'animee...
|